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Thésaurisation des fonds, séquestration… PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Talassa   
Lundi, 22 Juin 2009 08:24

 Le ministre E. Mabonzo serait-il sur les traces de  Nicolas Okandzi ?       

            On ne le dira jamais assez, que le refus du pouvoir de Brazzaville de mettre en application la disposition constitutionnelle (article 48) relative à la déclaration du patrimoine lors de la prise des fonctions et à la cessation de celles-ci par tout citoyen élu ou nommé à une haute fonction publique, a fait naître une nouvelle caste de nouveaux riches qui s’enrichit sur le dos de l’Etat et du peuple. Seulement, ces nouveaux riches, au lieu de jouir de leur richesse acquise malhonnêtement et qui aurait pu bien profiter à leur famille, se donnent le toupet de nuire à autrui. En ce sens, la richesse accumulée par des voies obscures et enfouie dans les résidences privées, est depuis quelque temps source de malheur pour nombre de compatriotes qui exercent en ces lieux.

          La pratique, inaugurée au domicile du D.G.B Okandzi avec la mort de son employé Jean Bambela  accusé de dilapidation des fonds, est en  voie de se répéter chez le ministre E. Mabonzo, où le blanchisseur « Blancho » est à ce jour introuvable des suites de son enlèvement et de sa séquestration commandités par son employeur.

         Un rappel des faits assorti de commentaires, permettrait à chacun et à tous de se faire une religion sur cette ténébreuse affaire.

         Au commencement, il y a le ministre E. Mabonzo, qui, profitant des rapports qu’il a tissés lors de son séjour dans un grand hôtel de la capitale avec M. J. qui y évolue, confiait mission à celui-ci de lui trouver un blanchisseur. Pour soutenir ses prétentions, il relevait, que depuis son départ de l’hôtel, sa déception était totale sur la question de lavage des vêtements.

         C’est ainsi qu’après un temps écoulé et après des appels réitérés du demandeur du service, que le commissionnaire, M. J., lui fit la présentation d’un jeune blanchisseur, qui venait de se séparer d’un pressing de la place. A peine le jeune Francis  prenait ses fonctions que le ministre E. Mabonzo s’en plaignait, mais sans pour autant exprimer la cause de sa désapprobation. Cinq à six mois a suffi pour que la séparation à l’amiable intervienne.

         Une fois de plus, le ministre a eu recours à son commissionnaire, à qui il dressé le portrait robot du blanchisseur qu’il attendait : un jeune garçon, qui serait au mieux de son ethnie « bembé ». Les longues recherches menées en ce sens, ont révélé Blancho, qui était lié à une maison de pressing. Le lien ethnocentrique, a seul suffi pour la validation de la candidature de Blancho à ce poste.

         Depuis lors, c’est-à-dire 2006, Blancho a exercé en qualité de blanchisseur au domicile du ministre E. Mabondzo, lequel ne cessait de lui couvrir d’éloges, tant ses prestations étaient jugées satisfaisantes. D’ailleurs, le ministre n’hésitait pas de mettre la main dans la poche, chaque fois que son employé était malade. Mais cette lune de miel n’a pas duré aussi longtemps, puisque, du satisfecit autrefois exprimé auprès de son commissionnaire, le ministre sommait celui-ci, au risque de se faire extrader devant la justice, de tout faire pour rattraper son nominé qui venait de disparaître dans la nature, après dilapidation d’une importante somme d’argent. Pareilles menaces étaient proférées à l’encontre des parents du fugitif qui devraient tout faire pour retrouver leur rejeton, sans quoi, la parcelle familiale serait expropriée.

         C’est donc la peur au ventre, que le commissionnaire, autant que les parents, se sont engagé à retrouver Blancho, pour être édifié sur les tenants et les aboutissants de l’affaire, à l’effet de dégager leur responsabilité. Il s’en est suivi une rencontre avec l’épouse de Blancho, laquelle a avoué qu’elle connaissait bien le lieu de refuge de son mari, qui craignait de sa vie, car, disait-elle, le coup de main qu’il a porté à l’épouse du ministre relative à la soustraction d’une somme importante d’argent avait d’autres répercussions.

         Pour tout dire, l’épouse du fugitif, montre à la main, jurait tous les dieux qu’elle était prête à indiquer le repère, à la seule condition qu’on lui garantisse que rien de fâcheux n’arriverait. L’assurance du ministre, qu’il ne toucherait pas à un seul cheveu de son ex employé, a donc suffi pour que le protégé sorte de sa tanière et dise sa part de vérité sur cette affaire.

         Pour mener à bon port cette opération, les parties se sont engagées de se retrouver sur un terrain neutre, où le fugitif devrait faire le récit de la mésaventure portant sur la dilapidation des fonds.

         Et comme dans un film de western, les deux parties se sont retrouvées sur un terrain neutre (d’une part, les parents et le commissionnaire ; et d’autre part, le ministre et compagnie). Le 10 juin 2009, dans un grand hôtel de la place, la rencontre a eu lieu. Le fugitif, rassuré que rien ne lui arrivera, fait le récit de leur aventure : en fait, selon ses  aveux, lui n’a fait qu’apporter un coup de main à l’épouse du ministre, qui lui a versé une quotte part. L’huissier de justice, qui accompagne le ministre dans cette opération, suit religieusement le message qu’il enregistre aussi. Seulement, le ministre, qui doit effectuer le déplacement de Libreville (au Gabon) où ont lieu les funérailles du défunt  président O. Bongo, suspend la séance.

         Il décide, unilatéralement, de mettre le fugitif à la disposition d’une équipe d’enquêteurs, pour toutes fins utiles. Comme pour témoigner de sa bonne foi, il sollicite des parents de Blancho de désigner un des leurs, pour constater le lieu de dépôt et de rétention de leur rejeton. Le sous officier Mpicka, a accompli pour le compte de la famille cette diligence, tant il s’est rendu compte de ce que son cadet était bien déposé au commissariat de police de la Tsieme.

         Comme on le voit, jusque là, c’est à la demande du ministre, pour des raisons d’enquête dirigée par des personnes commises par lui qui avaient participé à la rencontre du 10 juin, que Blancho est détenu au commissariat de la Tsieme. Mais voilà que, le 12 juin, le ministre reprend auprès du commissionnaire et des parents, les menaces de jeter ceux-ci en prison, au cas où ils ne retrouvaient pas le blanchisseur qui venait de prendre la clef des champs.

         Il est rapporté au commissionnaire et aux parents, que dans la nuit du 11 juin, l’équipe d’enquête aurait déplacé le présumé voleur du lieu de détention à la résidence familiale où se trouverait enfouie une partie de l’argent volé au domicile du ministre. Mais, qu’en cours de route, le criminel aurait sauté du véhicule. Jusqu’aujourd’hui, il demeure introuvable.

         Les faits ainsi rapportés méritent quelques commentaires, et éventuellement des éclaircissements.

1) Il est établi que la détention de Blancho a été décidée par le ministre E. Mabonzo : d’où vient-il que celui ci menace les parents de retrouver leur fils, alors que lui et ses enquêteurs feraient l’effort de présenter le délinquant devant les autorités compétentes ? Ce faisant, le ministre ne joue-t-il pas au voleur chinois ?

2) Comme à l’occasion du contentieux électoral où leur témoignage a fait basculer la balance, le ministre Mabonzo se faisait accompagner à la rencontre du 10 juin, entre autres témoins, de messieurs Kaya Kaya (ancien mécanicien de la Saris, qui a été depuis lors propulsé en qualité de Secrétaire général du conseil départemental de la Bouenza) et Loua Mabika (attaché des S.A.F à la retraite, qui avait été propulsé en son temps directeur départemental des douanes de la Bouenza). Les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’on comprendra que la présence de ceux-ci sur les lieux n’est pas fortuite.

3) Les autorités compétentes se devaient d’intervenir pour rétablir la vérité dans ce dossier, pour éviter qu’une situation similaire à celle de Jean Bambela ne se reproduise.

Mise à jour le Lundi, 22 Juin 2009 08:32