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Cinquième édition du Festival international des arts et des musiques « U’Sangu Ndji-Ndji » PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Talassa   
Samedi, 27 Juin 2009 14:36

Le « dribble » ignominieux de la préfecture de Pointe-Noire

         Afin de bien mener les activités relatives au cinquième festival international  des arts et des musiques « U’Sangu Ndji-Ndji », l’Espace « Yaro » a sollicité l’appui logistique de la Préfecture de Pointe-Noire. Et un accord favorable a été donné. Mais, un jour avant le démarrage…patatras !

          Selon Pierre Claver Mabiala, responsable de Yaro et directeur de U’Sangu Ndji-Ndji, tout commence l’année dernière lors de la quatrième édition. Certains cadres de la Préfecture de Pointe-Noire venaient de proposer qu’aux prochaines éditions que leur structure soit mise à contribution. Comme la Préfecture du Kouilou l’a été au cours de cette cinquième édition.

         Le jeu valant la chandelle, Yaro a donc rédigé un état de besoins. Hébergement des artistes étrangers, leur nutrition et leur déplacement à travers la ville durant les six jours du festival. Ce sont les rubriques que la préfecture de Pointe-Noire aurait accepté de prendre en charge. Et les membres du cabinet d’Alexandre Honoré Paka, notamment son conseiller culturel, se sont mis à travailler avec l’équipe de Mabiala. En tout cas, à en croire Pierre Claver Mabiala, Honoré Paka et son cabinet ne faisait que certifier sur l’honneur que ces doléances pouvaient être déjà considérées comme des acquis.  

         Mais à l’ouverture du Festival le 19 juin au Centre Culturel Français (Ccf) de Pointe-Noire, tous les festivaliers s’indignent. « La préfecture de Pointe-Noire vient de rejeter notre état de besoins », annonce Pierre Claver, visiblement abattu. La raison ? « La préfecture aurait eu l’information selon laquelle nous aurions eu de gros moyens. Pourtant, on leur a expliqué que les partenaires dans l’ensemble ne nous font bénéficier que des appuis matériels et non financiers. Comment alors par exemple loger nos amis venus de divers pays d’Afrique ? En tout cas, la Préfecture de Pointe-Noire nous a trompés pour nous avoir rassurés».

         Un mouvement de corps… à l’instar de Ronaldino. La Préfecture de Pointe-Noire a bien pris à contre-pied l’espace Yaro. Un dribble réussi par

« Maradona » (surnom de Paka dans les coulisses d’Otino) et ses collaborateurs. Mais dribble qui ne saurait honorer Honoré Paka. Il semble dénoter une antipathie culturelle sans précédent. Pourtant, la meilleure manière de refuser serait de dire clairement : « Je soussigné Préfet de Pointe-Noire,… culture pas dans mon bureau. Moi, c’est autre chose comme mes chers Pct, Rmp ou même réélection dès 5 heures du matin du caha président ».

         Or, malgré cette ignominie digne des politicards des pays du Pacte de Varsovie, U’Sangu Ndji-Ndji a vécu. Bien vécu.     

         Du 19 au 24 juin, les Ponténégrins ont eu droit à de beaux spectacles des artistes congolais et étrangers. Jupiter de la Rdc , Papé Nziengui du Gabon, Alfred Bernard du Burundi, Pascal Contet de la France ont communié avec leurs homologues congolais. C’est le cas des Ponténégrins comme Alain Ngono, Germaine Ololo, Gisèle Tchicaya, Brice Mizingou, Marc de Hardy. Sans oublier ceux venus de l’intérieur du Congo profond tels que Nkini de Dolisie. Au Ccf, au bar « Tapas », au stade Kokolo Kopa et à bien d’autres espaces, ces artistes africains ont laissé s’épandre leurs talents. Le cas d’Annie Flore Batchellylis la célèbre cantatrice gabonaise qui a encore fait pleurer de nombreux Ponténégrins à travers son titre « Mwana vole » (enfant, cesse de pleurer en punu). D’autres activités ont été organisées, notamment les conférences-débats ou les séminaires ateliers animés par des grands noms congolais de la culture tels que Gervais Hugues Ondaye. 

         Et du côté des spectateurs, la satisfaction a été totale. « Pour la première fois, explique Nathalie Brehéret, une Française coordonnatrice de l’Ong ‘’Renatura’’, les spectacles se sont déroulés dans les quartiers de la cité. Et la forte mobilisation des populations est un signe que le festival vient de marquer des points de plus en matière de visibilité. A l’avenir, il faudra que Yaro fasse davantage ce qu’il vient de faire, de sorte que les Congolais entrent en contact avec les richesses de leurs cultures et de celles d’autres pays africains ».

Pour sa part, Yaro a promis d’exaucer ce vœu ardent.  

 John Ndinga-Ngoma   

Mise à jour le Samedi, 27 Juin 2009 14:37