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La FECOFOOT à l’heure du bilan. PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Talassa   
Samedi, 27 Juin 2009 14:38

         A mesure que l’heure du bilan de la fécofoot approche, l’entourage du président en exercice Antoine Ibovi se rétrécit comme une peau de chagrin, du moins dans sa composition originelle. Chaque jour qui passe, il n’est pas étonnant que les pères spirituels, les parrains quittent le bateau, abandonnant leur protégé à son triste sort, si ce n’est son accaparement ou sa récupération par des prosélytes, spécialistes d’intrigues.

         En effet, depuis quelque temps, le président Ibovi, qui  a coupé les ponts d’avec ses parrains en général, et les pères fondateurs de la défunte et très éphémère association des présidents des clubs de football du congo (apcf) en particulier qui avait fait de lui son candidat unique, se serait constitué un nouveau groupe, composé essentiellement d’hommes liges de l’ancien président, Sylvestre Mbongo.

         A l’heure du bilan, il devient plus impérieux de rechercher, voire d’orienter la conduite des dirigeants des clubs sportifs, en ce qu’ils constituent le collège  électoral, devant le choix cornélien auquel ils seront confrontés sur le renouvellement des instances,  entre jeter les fleurs aux démissionnaires et vouer aux gémonies les prosélytes, ou vice versa.

         Il est un secret de polichinelle, qu’en 2005, à l’orée du renouvellement des instances du bureau exécutif (B.E) de la fécofoot, l’apcf, née dans la foulée et qui avait fait du départ du président d’alors une exigence, se trouvait un cheval, en la personne de A. Ibovi. D’ailleurs, la virulence des propos était telle que, S.Mbongo se vit obligé de retirer sa candidature.

         Nombre des dirigeants de clubs avaient adhéré que menait l’apcf, tant le changement un leitmotiv. Ce se qui justifie que du combat noble de cette association, son candidat unique avait obtenu à l’occasion du renouvellement des instances, si ce n’est un plébiscite, du moins une forte adhésion, alors que ses adversaires, Jacques Ngambou, et  pire J.Michel Mbono, ne recueillaient que la portion congrue des suffrages exprimés.

         L’occasion était donc belle, avec l’élection du nouveau président de la fécofoot qui bénéficiait du soutien de la quasi-totalité des dirigeants sportifs, mais aussi de la tutelle (ministère des sports et du redéploiement de la jeunesse), pour que le football congolais moribond depuis temps non prescrit sorte de sa torpeur.

         Il s’est suivi de l’élection de A.Ibovi, l’arrivée remarquée d’une nouvelle équipe dirigeante, constituée pour l’essentiel de tous ceux des animateurs de l’apcf qui s’étaient investis à bouter dehors l’ancienne équipe, tout comme à barrer la route à ceux qui n’avaient pas intégré leur dynamique.

         Le partage du gâteau, comme au mbongui, s’était fait au vu et au su de tout le monde, faisant fi des critères objectifs, à savoir : la moralité, la disponibilité, l’engagement pour la promotion du football, la compétence. Des nominations à l’emporte pièces voient le jour, si bien que très vite, le football retombait dans les travers à peine décriés :gabegie, gaspillage des fonds, clientélisme, copinage, clanisme.

         Si tant bien que, l’enthousiasme suscité par l’avènement de la nouvelle équipe n’aura duré que le temps des roses. Plusieurs dirigeants, devant le désespoir grandissant, faisaient dorénavant leur l’adage « les changements mêmes les plus souhaités ont toujours leur mélancolie. »

Leur fatalisme se justifiait en ce que, l’amateurisme, le combat de positionnement, l’intrigue, la tricherie…s’étaient érigés en mode de gestion.

         Et comme pour corrobores l’inquiétude des dirigeants sportifs puisque, in situ la maison davantage, A. Ibovi optait pour le jeu de la chaise musicale,tant les remaniements sempiternels du B.E jalonneront son mandat .Le bal ouvert avec les départs progressifs de Th. Bakala Mayinda, Ndenguet fils, Tsika, A. Kaya, V. Moigny…, se poursuit encore et devrait se  poursuivre demain, tant la lutte perceptible enclenchée pourrait être résumée en ceci : « ôte toi que je m’y mette ! »

         Sur toute la ligne, les parrains, les pères spirituels disent leur regret d’avoir jeté leur dévolu en 2006 sur A.Ibovi, dont l’impéritie, l’incurie en sont les seules caractéristiques.

         A cet égard, le président V.Moigny, comme pour justifier sa démission, ne manquait pas de relever au passif de A.Ibovi, que : « l’absence de lisibilité de notre action au quotidien et dans la perspective ; un manque total d’organisation ; une incapacité avérée à fonctionner sur un programme d’action et à tenir des engagements majeurs face aux attentes générales ;un manque de rigueur, de méthode, de volontariste ; une impression permanente d’un travail fait au brouillon et jamais mis au propre, qui autorise, par surcroît, de perpétuels tâtonnements et recommencements… »

         Evidemment, le travail amorcé sous la présidence de A.Ibovi reste toujours au brouillon et jamais mis au propre, comme en témoigne le projet d’élaboration et d’adoption des statuts de la fécofoot qui n’a jamais abouti, puisque ces statuts sont trop touffus et trop confus, comme le faisait remarquer un expert de la CAF à un membre du BE.

         Pire, les tâtonnements et les perpétuels recommencements en sont une autre marque de fabrique de ce mandat, ainsi qu’il en résulte de la cacophonie générée par l’organisation à vue du championnat national direct sans réelle planification et par la décision alambiquée qui frappe F.C Bilombé de pointe noire, dans la rencontre de ¼ finale contre l’Etoile du congo. Le président Ibovi, bien que reconnaissant le caractère erroné des cette décision, se dit obligé de l’appliquer.

         De son coté, Maurice Nguesso, qui fit son véritable mentor, ne s’est pas empêché, à travers « Le fanion », de dire son regret d’avoir nourri un serpent dans son sein, puisque, depuis quelque temps, A.Ibovi, en se libérant du joug des parrains, est accaparé, voire récupéré par tous ceux là qui ont enfoncé S.Mbongo dans le trou.

         En somme, tout le monde s’accorde à reconnaître, que les changements intervenus à la fécofoot en 2006, loin d’être une panacée, sinon une révolution, constituent au contraire une régression. Le football congolais est dans les creux de la vague, il faut le dire sans ambages !

         Depuis ces changements, nulle victoire, nulle réussite ne sont perceptibles : sur le plan international, les clubs ne franchissent guère le tour préliminaire, alors que les équipes nationales (toutes catégories confondues) font du surplace. La victoire des juniors à la CAN 2007 dont il pourrait se donner des gants, devrait lui être déniée, pour la simple raison que d’autres structures sen sont entièrement

 

impliquées. C’est le cas du cabinet du chef de l’Etat au travers du conseiller Pascal Akouala. 

         Sur le plan interne, la navigation à vue pour l’organisation des compétitions est souvent décriée, notamment pour l’organisation des compétitions sans lendemains rassurants.                    Le championnat national direct, ressuscité pour des causes inavouées, marque le pas après une 1ére phase laborieuse par défaut des moyens. Tout comme l’issue de la coupe du congo, édition 2009, est incertaine, puisque le revirement de l’organe habilité à prendre les décisions laisse perplexe et circonspect.

         De tout ce qui précède, les dirigeants de clubs, à l’heure du bilan de la fécofoot, auront l’intelligence de décerner un carton rouge à A.Ibovi et toutes ses coteries qu’ils renverront à leurs tendres études. En ce sens, il s’agira de mettre dans le même panier, Ibovi et ses compères, de la 1ére heure comme les prosélytes.

         Cela signifie que, tous ceux qui ont démissionné ou ont été démissionnés, devraient être regardés comme le loup blanc, tant leur choix risqué sur la personne du président actuel qui ne rassurait guère depuis le départ a causé beaucoup de torts.

         Quant aux prosélytes, on a cité, entre autres : Ch. Ottendet, M. Ngpno, M. Moussodia, S.Bakandila, M.Kaboul Mahouta…nul n’est besoin d’ergoter encore, le tort causé par eux à la fécofoot et au football congolais par leur présence dans ces instances, est indicible. Leur capacité de nuisance ne fait pas de doute, ainsi qu’il est tentant de lire la confusion dans laquelle ils ont plongé la fécofoot, dont toutes les décisions sont sujettes à contestation : le tirage au sort de la coupe du congo en est une illustration.

         Il est une vérité absolue que ces prosélytes privilégient leurs intérêts personnels, ce au détriment de l’activité commune :le football.

         Il en reste que la crise que vit notre football devrait amener les uns et les autres à réfléchir sur les voies de sortie, qui passent par le choix des personnes, capables de conduire, pendant les 4ans à venir, les troupes :d’où la question fondamentale de l’homme providentiel. Plusieurs pistes devraient être effleurées.

         Seulement, l’urgence de la question imposerait, devant l’échec avéré des hommes liges, que le choix se limite cette fois ci aux anciennes gloires de notre football encore en vie, en espérant qu’elles profiteraient leur expérience à la nouvelle génération, mais surtout à la nation. Ailleurs, dans les confédérations continentales comme dans certains Etats, cette expérience produit déjà des effets. C’est le cas, à l’uefa avec Michel Platini, au mali avec Salif Keita…

         Pour le congo, ce ne serait pas aussi mauvais, dans cette perspective, de tenter cette expérience, avec, entre autre icones du football natiponal en vie, le professeur F. Mayanda, F.Mpélé, Fundux Mulélé, Mbono le sorcier, M.Ondjolet, G.Itsa, Ndomba géomètre…

         Les autorités politiques en général, et le ministre en charge des sports en particulier, se devraient, à l’occasion du renouvellement, d’être plus lucides, pour éviter, comme dans le passé, que leur choix tronqué guidé par le clanisme, le copinage, l’on ne retombe dans les mêmes travers. Le football congolais a besoin d’un homme dont le nom, lié au passé glorieux, suffira pour requinquer les troupes.

Mise à jour le Samedi, 27 Juin 2009 14:40