| Le «Chemin d’Avenir» débute sur l’arbitraire |
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| Écrit par Talassa |
| Samedi, 29 Août 2009 23:21 |
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Intimidation, arrestations arbitraires, interdiction de sortie du territoire national et assignation à résidence : est-ce le retour de l’âge d’airain ?          A la conférence nationale souveraine, les participants, procédant du constat apocalyptique du monopartisme, relevaient, qu’entre les maux qui ont gangrené cette période, se trouvaient en pôle position les injustices, les arrestations arbitraires, les violations fondamentales des libertés. Ces maux, répétait-on à l’envie, avaient engendré, dans nombre des cas, des deuils dans les familles avec disparition des personnes innocentes.          Si bien que ce constituant congolais, pour veiller à que ces épiphénomènes soient bannis à jamais, prenait la peine d’inscrire au préambule de la constitution adoptée par le peuple congolais au référendum, le 15 mars 1992, ce que suit :     « …L’intolérance et la violence politiques ont fortement endeuillé le pays, entretenu et accru la haine et des divisions entre les différentes communautés qui constituent la nation congolaise… »          La pertinence de ce constat, qui demeure d’actualité , justifie la consécration et la prise en compte, dans la constitution adoptée le 20 janvier 2002, des droits et libertés fondamentaux.          Cela signifie que, en théorie du moins, le Congo est un Etat démocratique où l’exercice tyrannique du pouvoir et la violence politique, sous toutes ses formes comme moyen de conservation du pouvoir, sont proscrits (le préambule de la constitution actuelle est éloquent !).                            D’ailleurs, le Président de la république lui-même, dans son discours d’investiture du nouveau septennat a exprimé ses attentes sur la place importante qui devrait être réservée à la démocratie, l’Etat de droit, les libertés, mais vraiment de toutes les libertés qui doivent consolider les acquis de l’indépendance nationale.          Seulement, sur le terrain pratique, en dépit du constat amer dressé dans le passé sur les conséquences de la violation des droits fondamentaux, tout autant les engagements pris pour assurer l’égalité des citoyens devant la loi et la justice, la loi de la jungle demeure le principe de base. En ce sens, intimidation, arrestations arbitraires, interdiction de sortie du territoire national, assignation à résidence…bref, violation des droits et libertés fondamentaux individuels consacrés par la constitution, sont ces derniers temps, le lot quotidien.          S’avisant de ce que l’enfer est pavé de bonnes intentions, des congolais voient en ces engagements du Président de la république réélu, engagements portant sur une justice équitable et le respect des droits fondamentaux, une simple manœuvre de séduction, un baiser de Juda, qui s’écarte réellement de son engagement, selon lequel :       « 2009, année de l’effort solidaire, parce qu’il est de notre devoir et de notre intérêt de continuer à porter ensemble, sans désemparer, la grande ambition collective et le grand projet national de construction, de rénovation et de modernisation du Congo. »          En effet, depuis quelque temps, le pouvoir de Brazzaville a opté pour une manière forte d’agir à l’effet de museler complètement l’opposition, qui, à terme, serait réduite à la portion congrue. Sa tactique, déjà en marche, se résume, pour l’essentiel, en l’intimidation, aux arrestations arbitraires, à l’interdiction de sortie du territoire national de certains leaders de l’opposition, à l’assignation à résidence.          S’agissant de l’intimidation, le pouvoir en a fait (et en fait encore) sa stratégie pour annihiler toute marge de manœuvre de l’opposition, notamment en période ante et post électorale. A Pointe-noire, à Owando, à Impfondo comme à Brazzaville, l’intimidation a bien fonctionné, puisque les partis politiques de l’opposition « radicale » n’ont pas disposé du temps nécessaire pour se mouvoir et expliquer leur vision sur les élections qui pointaient à l’horizon, mais aussi à tirer les leçons d’une élection dont l’organisation catastrophique a montré la mauvaise foi des tenants du pouvoir. Dans ces localités, les préfets A.H.Packa et Bomondjo Djombo, sont passés maîtres dans l’art d’interdiction de la tenue des réunions publiques et des meetings.          C’est tout dire, que les privilèges, voire les droits reconnus aux partis politiques et autres associations sur la tenue des réunions publiques et meetings, n’ont pas suffi pour exercer ce droit légal et légitime. A maints réitérés, les autorités publiques se sont opposées avec véhémence à l’exercice de ce droit.          Mêmement, l’organisation de quelque manifestation que ce soit, par l’opposition, était liée au bon vouloir des autorités qui devraient apprécier si celle-ci ne visait pas à dénoncer l’organisation et le déroulement abracadabrantesques de l’élection présidentielle. Le déploiement d’un corps spécial de la police nationale le 15 août 2009, pour arrêter net la marche pacifique de l’opposition qui aurait débouché par un rassemblement au rond point Moungali, en est l’illustration patente des méthodes dissuasives (intimidation) et coercitives (arrestations arbitraires) auxquelles recourent les autorités publiques.          A la vérité, tant qu’elles avaient limité leur action à l’intimidation, c’est-à -dire, opposer une fin de non recevoir à l‘organisation par l’opposition des manifestations, la dénonciation ne serait pas aussi virulente.   En optant pour les arrestations arbitraires, le pouvoir a franchi le rubicond.          Pour ce qui est des arrestations arbitraires, l’opinion publique est choquée de savoir que cette pratique, qui symbolise le passé funeste de l’ex Sécurité d’Etat, soit revenue aux premières loges.                        Aujourd’hui -comme cela se passait autrefois, il suffit simplement qu’une fiche soit montée par les services de renseignements généraux (la D.G.S.T) autant que par ceux de la police nationale, pour réaliser la mise aux arrêts de l’individu dont les activités sont jugées suspectes.          D’ailleurs, dans l’opinion publique, l’on reste dubitatif sur le véritable sens à donner au discours du chef de l’Etat qui tend sa main au peuple congolais, de quelque bord politique qu’il appartienne, pour conduire à bon port le « Chemin d’avenir », puisque, dans le même temps, des compatriotes sont « jetés en prison », sans véritable raison.          La boîte de Pandore, ouverte avec la mise aux arrêts de l’aide du camp du ministre Mathias Dzon , qui est gardé en détention depuis la marche pacifique, révèle le malaise profond qui gangrène notre démocratie, où la préoccupation de conservation du pouvoir  devient  une nécessité pour justifier la raison d’Etat. L’arrestation du colonel Mbahou, fraîchement rentré de l’exil, justifie les craintes sur le double langage du Président réélu, qui dit, à la fois, une chose et son contraire. Sinon comment expliquer, au moment où l’on s’attele à amnistier l’ancien Président de la république, le professeur Pascal Lissouba, que celui qui avait en charge sa sécurité croupisse en geôle? Dans ce contexte, il est tentant de s’interroger que l’ancien Président, même amnistié, s’il rentrerait au bercail. A moins que cette amnistie soit conditionnée, et que lui comme ses anciens premiers ministres- ne fassent allégeance au pouvoir.          Tout autant, l’interdiction de sortie du territoire national de l’ancien premier ministre, Ange Edouard Poungui, qui était présentée au départ comme l’exécution d’une simple mesure réglementaire destinée à maintenir sur le territoire national, à l’occasion de la fête d’indépendance tous les acteurs politiques, traduit la cacophonie et le disfonctionnement des différents services.          Aujourd’hui, il ne fait pas de doute, que les pratiques décriées à la conférence nationale souveraine sont revenues au galop, puisque les violations des droits fondamentaux se font au gré des gouvernants, sans crainte de sanction.          Pour tout dire, le septennat qu’on vient de démarrer constitue un retour à l’âge d’airain, c’est à dire, la période où, historiquement, l’injustice, la rapine, les guerres envahirent le monde. Il faut craindre, en cela, la radicalisation des positions, notamment pour les partis politiques de l’opposition radicale, qui bon gré mal gré, trouveront toujours des moyens de se défendre devant ses injustices. Ghys Fortune Dombe Bemba |
| Mise à jour le Samedi, 29 Août 2009 23:25 |


