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Danger, ça bouge à Warid-Congo PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Talassa   
Mercredi, 14 Octobre 2009 07:40

Le ministre Moungalla suspecté de bafouer «Le Chemin d’Avenir»

         Depuis quelques semaines la société de téléphonie mobile Warid-Congo, occupe la chronique dans les débuts de la restructuration des entreprises sous tutelle du ministère des postes, des télécommunications et des nouvelles technologies de la communication, avec la suppression imminente des postes de travail aux agents locaux, au profit des expatriés pakistanais, camerounais et congolais de la RDC, et les ressortissants du Bengladesh au Congo.

         Cette restructuration au sein de la Warid-Congo est imputée au ministre de tutelle, M. Thierry Lezin Moungalla dont les intérêts visibles, seraient manifestes dans cette société privée dont le personnel d’appui, est constitué des parents du ministre pour ne citer que ceux-là.

Accord de principe avec le ministre de tutelle 

         Selon nos informations, les travailleurs locaux de Warid Congo, récusent cette suppression des emplois au sein de cette société commerciale, une décision contraire aux directives et orientations du chef de l’Etat dans le « Chemin d’Avenir », avec la création d’emplois des jeunes congolais dans les secteurs productifs et économiques.

         A ce titre, le syndicat a apporté des éclairages dans cet accord tacite  qui ressemble plus à la duperie, contracté entre la direction générale de Warid-Congo et le ministère des télécommunications, qui prévoit dans sa stratégie de redressement  de l’entreprise la suppression de 147 postes occupés par les Congolais.

         Les prévisions de Warid-Congo propose une réduction des personnels actuellement de 308 agents dont 237 Congolais et 71 expatriés. La restructuration retient un effectif total  avec 90 Congolais et 29 expatriés.

         Les raisons de récession économique à l’entreprise, sont à rechercher auprès de la direction générale, dans des postes stratégiques de management et auprès des chefs de services tous  expatriés, qui ont brillé par une gabegie financière et la mégestion des avoirs de la société. Cette gestion peu orthodoxe s’est traduit par des mauvais choix stratégiques dans les différentes opérations menées tant au niveau commercial qu’au niveau technique et administratif. 

         La location des appartements des expatriés communément appelées guest-house et les autres frais supplémentaires liés à la prise en charge des familles des agents expatriés au Congo, le  paiement des salaires excessifs aux expatriés de la société (salaires variant entre deux millions huit cent  et dix millions de FCFA) et la surfacturation des marchés de Warid-Congo avec des tierces dans l’achat des équipements informatiques et bureautiques et autres matériels roulants et logistiques, ont été identifiés comme les indices d’une mauvaise gestion de cette société de téléphonie mobile au Congo.

L’arbitraire dans le traitement des agents

         Lancée au Congo depuis le 14 mars 2008, Warid-Congo a atteint plus de 100.000 abonnés au bout de trois mois, avant de régresser dans les provisions et les chiffres d’affaires mensuels. Cette situation de mauvaise gestion de la société et de la perte de clientèle a été occasionnée par l’ancien directeur général, M. Massoud Zaïdi, rappelé en avril 2009, après la visite de  travail de la deuxième personnalité  du Groupe international Warid, M. Bashir Tahir, venu des Emirats Arabes Unis, qui au cours d’une assemblée générale avec les travailleurs, a constaté que la plupart des services de Warid-Congo ne disposait pas de budget opérationnel.

Quelles sont les raisons de la suppression des postes à Warid-Congo

         Les observateurs de l’environnement économique des sociétés de téléphonie mobile au Congo, déplorent cette restructuration  fantaisiste, qui ne vise que la suppression excessive des postes d’emplois occupés par les jeunes congolais à Warid-Congo.

         L’expérience des autres sociétés du mobile au Congo, notamment MTN pendant le rachat des actifs de Libertis Télécom nonobstant la situation plus ou moins bonne de l’époque qui devrait nécessiter la suppression des postes devrait servir d’école. Au niveau de Zain le passage de Celtel à Zain n’a créé aucun remoud. 

         Nombre des sociétés de téléphonie mobile, démontre le contraire des débouchés commerciaux dans le secteur, avec l’élargissement du réseau national et la création d’emplois dans les filières connexes, de la vente des supports électroniques, appareils et autres cartes de recharge pour l’amélioration de la qualité des services à offrir à leurs clientèles respectifs, tout en diversifiant les produits commerciaux auprès des usagers.

         Contrairement à Warid-Congo dont le lancement du produit a été réalisé avec des grandes manifestations culturelles, ponctuées par des feux d’artifice au stade Alphonse Massamba-Débat en présence du chef de l’Etat congolais, qui aujourd’hui doit se douter de ce partenariat moins productif sur le marché national.

         Sinon, comment comprendre que Warid-Congo, décide de révoquer 147 Congolais, alors que les émoluments des Congolais varient seulement entre cent mille et un million de FCFA comparativement à ceux des expatriés qui varient entre deux millions et dix millions de FCFA.

         A ce sujet, le salaire d’un expatrié peut couvrir les salaires mensuels de 20 agents congolais à l’ouvrage dans cette société.

         Pour ce faire, les raisons de la baisse de production et de la rentabilité de Warid-Congo, ont coûté le départ du Dg Massoud, alors que  les 71 expatriés qui seraient impliqués dans cette mégestion de cette entreprise commerciale continuent à se la couler douce. A titre d’exemple, 29 parmi les 71 décriés resteront dans l’entreprise au terme de la restructuration. 

         Certains analystes économiques dans le secteur de la téléphonie mobile, que nous avons abordé, relèvent que la survie de Warid-Congo, demeure dans la diminution des charges générées par l’entretien du personnel expatrié avec leurs dépenses connexes, ainsi que la réduction du train de vie de la direction générale de la société.

         Du constat, Warid-Congo devient aussi une opportunité d’enrichissement illicite pour certaines personnalités du pouvoir de M’pila, qui  miseraient sur des contrats de travail non-conformes et des arrêts de contrats à certains postes. Ajouté à cela des marchés parallèles.

         A ce jour, 14 employés du service client ont été remerciés sans préavis, ni droits de licenciement. En outre, Warid-Congo foule aux pieds la législation du travail, en voulant proposer la rupture du contrat avec 2 mois de salaires payés, auxquels s’ajoute le mois en cours avant l’arrêt définitif du travail. Ces agents qui courent le risque de licenciement abusif et arbitraire, pourraient subir une surenchère dans les transactions financières avec Warid-Congo dans le recouvrement de leurs droits de licenciement telles que les choses se présentent.  

         A la lueur de la restructuration  de Warid-Congo, le syndicat des travailleurs, a dénoncé une gestion comptable non certifiée de la société, qui produit des bilans fictifs.

         En guise d’exemple, Warid-Congo présente une évolution de la masse salariale annuelle, avant la compression avec un effectif de 237 agents pour un montant de 2 milliards 150 millions 571.288 FCFA, contre un total après compression de 102 agents, pour un montant global de 1 milliard19 millions 721.855 FCFA, soit une réduction des charges de 53% pour le personnel local constitué de Congolais. Cette disposition a été également prise pour le personnel expatrié, avant la compression avec un effectif de 71 étrangers pour un montant salarial de 2 milliards 966 millions 570.120 FCFA, contre un effectif de 29 expatriés, après compression, pour un montant de 1 milliard 432  millions 590.000 FCFA, soit une réduction de 52%.

         Qu’est-ce qu’on fait réellement des expatriés? 

         Le ministre Thierry Moungalla peut nous expliquer comment une société qui a une masse salariale mensuelle de près de deux cent millions de FCFA avec des récettes mensuelles variant entre huit cent millions et un milliard cent millions de FCFA peut telle se permettre de limoger autant d’agents? Où vont donc les frais générés par la société et particulièrement fruit des agents locaux qui exécutent la plupart des tâches dans l’entreprise?

Thierry Moungalla qui pris maintenant du poids sera-t-il content de voir ses compatriotes maigrir ? Thierry Moungalla pourra-t-il contenir la grogne de deux mille deux cent cinq (2205) Congolais quand on sait qu’un Congolais au salaire moyen nourrit quatorze personnes ?

         Le ministre d’Etat, Florent Tsiba, coordonnateur du pôle socio-culturel devrait interpeller  Thierry Moungalla qui semble ne vouloir pas appliquer le «Chemin d’Avenir» du président de la République qui fait la promotion des emplois et qui souhaite vivement la paix au Congo gage du développement et de l’industrialisation.

Dans les prévisions salariales annuelles de Warid-Congo, sur un total de 308 agents congolais et expatriés, la masse salariale est chiffrée à 5 milliards 117 millions 111.408 FCFA. Après la compression des personnels, dont les effectifs seront réduits à 131 agents au total, la masse salariale annuelle atteindra 2 milliards 452 millions 311.855 FCFA, soit une réduction de 52% des charges cumulées à l’entreprise.

         Prélude d’y revenir dans nos prochaines éditions, le ministre Thierry Moungalla peut-il nous expliquer comment parler de la réduction des charges et augmenter la sous-traitance? Tel est le cas du service-client  que l’on veut délocaliser et soustraiter. Pour ne reprendre les paroles du président, cela s’appelle vouloir d’une chose et de son contraire. En définitive, les services spéciaux (DGST, DD, DRG,CNS,...) y compris le Contrôle général d’Etat devraient se pencher sur ce dossier alarmant et fouiner dans la vie de nos ministres. 

(Affaire à suivre)

Ghys Fortune Dombe Bemba

Mise à jour le Mercredi, 14 Octobre 2009 07:43