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Rebondissement sur la mascarade électorale et choc entre le Congo et le Cameroun PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Talassa   
Mercredi, 14 Octobre 2009 07:54

Le cerveau Messanga séquestré à la DGST puis à la MAB pendant des mois malgré l’intervention de l’ambassadeur... 

Un informaticien camerounais, M. Germain Messanga détenu pendant quatre mois à la DGST qui n’est ni une prison ni un commissariat, a été transféré par la suite  à la maison d’Arrêt de Brazzaville.  Accusé pour vol de supports magnétiques contenant des données électorales sur l’élection présidentielle au Congo, l’Etat camerounais par l’entremise de son ambassade au Congo a adressé plusieurs correspondances auprès de la DGST, du ministère des Affaires étrangères et bien d’autres, pour protester contre cette interpellation arbitraire, mais en vain.

         M. Messanga est privé de liberté, depuis son interpellation le 11 avril 2009 à l’aéroport de Maya-Maya et sa garde à vue de plus de 100 jours à la Direction Générale de la Sécurité du Territoire (DGST) à Brazzaville. Il a été inculpé le 21 juillet 2009 pour abus de confiance et de vol de supports magnétiques contenant des données électorales, avec un mandat de dépôt d’incarcération à la Maison d’arrêt dans la capitale congolaise.

Un élément gênant dans la mascarade électorale

         En effet, l’ingénieur informaticien camerounais était régulièrement consulté depuis 2001  par le gouvernement congolais pour apporter son expertise dans l’assainissement du fichier électoral du pays, avant de devenir à ce titre un solide pilier dans la préparation des élections du Congo. Pour ses qualités de manipulateur du fichier électoral congolais, pour ses capacités à maîtriser  et à tripatouiller les listes  et les résultats électoraux, en vue d’un fichier électoral maîtrisé par le ministère de l’administration du territoire dans le but d’organiser des fraudes lors du scrutin présidentiel du 12 juillet 2009, M. Messanga a été un partenaire incontournable dans ce cadre.

Qui veut noyer son chien l’accuse de rage

         Pour tous les loyaux services rendus au pouvoir de M’pila depuis 2002 lors des différents scrutins électoraux au Congo, le camerounais Messanga devient assurément un élément gênant et à la rigueur un danger public capable de dénoncer toutes les manœuvres dilatoires organisées par le gouvernement pour truquer les résultats des élections présidentielles de 2002 et 2009 au Congo.

         La preuve, l’informaticien camerounais est accusé par le partenaire associé dans la manipulation électronique des résultats des échéances électorales au Congo, d’avoir saboté tous les 15 sites informatiques du pays et emporté toutes les données de base.

         Selon ses accusateurs, cette situation a failli déboucher sur la non tenue de la dernière élection présidentielle qui a permis la  réélection de M. Denis Sassou Nguesso.

         Les autorités congolaises le soupçonnent également d’avoir voulu prendre le Congo en otage en modifiant les codes d’accès au logiciel des sites électoraux. Toutefois, sur cette affaire traduite devant la juridiction congolaise, les avocats de Germain Messanga rejettent cette accusation.

M. Madzou commandité par le régime de Mpila?

         L’arrestation du camerounais a interpellé les diplomates camerounais en poste au Congo, qui, après des investigations propres, ont conclu sur une machination montée de toute pièce par un de ses collaborateurs congolais, M. Richard Madzou qui s’est aussi approprié des biens de M. Messanga, notamment les avoirs du compte bancaire à la BGFI-BANK, clôturé à son insu et vidé de la somme de 445 millions 680.479 FCFA.

         Les relevés de clôture du compte confirment que M. Madzou  a retiré le solde en produisant des lettres avec la signature scannée de M. Messanga, le seul ordonnateur du compte approvisionné par les honoraires et frais perçus au titre de son activité en ingénierie et conseil informatiques auprès de l’Etat congolais.

         Cette clôture abusive du compte bancaire de la BGFI-BANK  à Brazzaville, a causé à l’informaticien camerounais un préjudice financier et moral chiffré à 1 milliard 041 millions 360.958 FCFA.

Malaise dans les relations bilatérales

         Dans cette vague de protestations, l’ambassadeur du Cameroun au Congo a rencontré le 7 juillet 2009 pour cette affaire le ministre congolais d e la sécurité et de l’ordre public, tout en lui adressant une correspondance qui démontre la machination orchestrée contre son compatriote et demande la libération de M. Messanga, mais aussi la restitution de son argent, ainsi que l’ouverture d’une enquête judiciaire. Malheureusement, toutes ces démarches sont restées vaines auprès de l’Etat congolais.

         Diverses sources concordantes confirment les protestations sur cette arrestation arbitraire de l’ingénieur informaticien camerounais, manifestées par la commission indépendante contre la corruption et la discrimination (COMICODI), la communauté camerounaise à Brazzaville et le ministère camerounais des relations extérieures se seraient engagés à protester officiellement auprès des autorités congolaises voire descendre dans la rue.

         Par ailleurs, M. Germain Messanga est responsable des établissements Albatress S.A, structure informatique. Il est établi au Congo où il vit avec sa famille, dont la femme vient d’accoucher.

Pourquoi cet acharnement sur des cadres camerounais

         Cette interrogation est exprimée par de nombreux observateurs qui redoutent des incidents diplomatiques entre le Congo et le Cameroun. Car, la récente arrestation du cadre camerounais de la BDEAC, M. Jean Paul Nanda, détenteur d’un passeport diplomatique, a également suscité une vague de réaction à Brazzaville où les autorités carcérales ont installé les deux camerounais dans la même cellule à la maison d’arrêt.

Nous y reviendrons dans nos prochaines éditions avec plus de détails

Ghys Fortune Dombe Bemba

Mise à jour le Mercredi, 14 Octobre 2009 07:59