| Affaire Socapalm |
|
|
|
| Écrit par Talassa |
| Dimanche, 15 Novembre 2009 06:45 |
|
Vincent Bolloré a-t-il corrompu la Bourse de Douala et la CMF ? L’introduction de la Socapalm à la Bourse de Douala commence à éveiller des soupçons. Parmi les nouveaux actionnaires qui disent n’avoir été informés que tardivement. L’escroquerie dont ils ont été victimes est passée sous le nez et la barbe de la DSX et des responsables de la Commission des marchés financiers.          Le 5 juin dernier (2009), certains journaux camerounais (notamment Mutations) ont publié un rectificatif des services de la Socopalm dans lequel ils tenaient à préciser qu’il y avait eu une erreur dans une communication précédente annonçant un résultat net de l’ordre de 9 milliards pour l’exercice 2008. Les actionnaires étaient distribués des dividendes pour 2 milliards.         Ce rectificatif empressé avait été provoqué par un article de presse paru dan autre journal de Douala et qui tirait en quatre colonnes à la une « Bolloré & Cie frappe 2 milliards aux actionnaires ».         Pour une frappe, c’en était une. Le rectificatif pondu dans la précipitation par les gladiateurs de Vincent Bolloré ne change rien à la question. Lorsqu’un service financier sérieux d’une entreprise côtée en Bourse se permet de se tromper sur les années d’affectation d’un résultat,                il y a de quoi être profondément inquiet. L’outil informatique de gestion comptable est tellement performant aujourd’hui qu’il signale l’utilisateur à chaque point d’erreur. Si l’ordinateur des zozos de Bolloré n’a rien signalé, c’est bien un indice qu’ils se jouent de tout. Et d’abord de ces malheureux actionnaires qui ont englouti leur argent dans l’emprunt Socapalm. Il y ont laissé 12 milliards en tout, de l’argent qu’ils ne reverront jamais de si tôt.          Un résultat net fictif de 9 milliards.         Pour couper court aux bruits d’escroquerie, Socapalm Bolloré –Ltd a eu la maladresse d’un autre tour d’escroquerie avait réalisé un résultat net de 9 milliards. Pour 2008 ou pour 2009 ? On ne sait plus. On n’en sait pas plus à la Socopalm. On sait juste qu’on va distribuer des dividendes, alors qu’on n’a pas distribué un centime depuis belle lurette. Et même dans le cas où on en aurait distribué pour le compte de l’exercice précédent, 2007 ou 2006, il n’y avait pas des milliards à distribuer. Pour la bonne raison que le résultat net de la Socopalm sur les trois derniers exercices avant son introduction en Bourse n’excédait guère les 40 millions sur l’année.         Mais par un coup de baguette magique, la même société dont la production est en régression de près de 20%, et alors que les cours de son produit principal (l’huile de palme) n’a pas flambé annonce un résultat net en progression de 4000%. Le tableau est inqualifiable. Même dans les économies souterraines de la mafia en Sicile, on sait être un peu élégant. On ne fait pas de pets trop gros, on risque de se prêter le derrière. La constipation du silence         Seulement, avec Bolloré, on a le derrière aussi gros qu’on paquebot de Delmas Vieljeux, il vaut mieux ne pas se retrouver dans le sillage des vagues poum-poum. Les fonctionnaires camerounais chargés de surveiller le marché boursier n’ont pas moufté.         Ni Pierre Ekoulé Mouangue, le directeur général de la Bourse de Douala, ni Chief Edjangue, le fringuant émoulu de Wharton, le patron de la commission des marchés financiers. Ce silence des autorités du marché financier est plutôt suspect. Les textes de la DSX sont explicites.         Pour être admise en Bourse, une entreprise doit avoir distribué des dividendes pendant les trois derniers exercices avant son introduction en Bourse. Or, dans la note d’information qu’ils ont eu l’imprudence et la maladresse de publier sur le site de la CMF, la Socapalm avait mal à ses finances avant son admission à la place boursière de Douala.                   Si l’on s’en tient à cette note d’information et aux textes de la DSX, la Socopalm n’aurait jamais dû être admise en Bourse. Pour une bonne raison. Sur les trois derniers exercices avant l’appel public à l’épargne publique, la Socapalm a enregistré un déficit de 23 millions en 2006.                    Dans ces conditions, Ekoulé Mouangue, le directeur de la DSX, doit une petite explication officielle. Il devra la chercher ailleurs que dans les boîtes à conneries de ses amis de chez Vincent Bolloré.         Il y a un autre grand futé qui a choisi de se taire. Chief Edjangue, qui est le gendarme en chef des marchés financiers au Cameroun, n’a pas daigné lever le plus petit doigt. On l’a pourtant vu bien émoustillé lorsqu’il fallait barrer la route à l’emprunt obligataire d’Etonde Ekoto à la Communauté urbaine. Il a le bon nez à flairer l’entourloupe financière ou boursière, mais ses nasaux ne marchent plus quand c’est Vincent Bolloré qui passe à table.         Les obligations et les responsabilités de la CMF sont elles aussi claires…         Pourquoi Chief Edjangué aura-t-il laissé spolier les Camerounais de 12 milliards pour la santé de Vincent Bolloré ? L’actualité récente de la finance internationale fait sa une du cas de Ben Madoff, l’argent américain qui a barboté l’argent de tout le monde, y compris celui des vieillards et de ses cousins juifs. Il faisait exactement comme Bolloré, prendre l’argent de nouveaux actionnaires pour payer les intérêts (dividendes) aux anciens. Cela s’appelle l’effet pyramide. Cela lui a valu une peine majuscule de 150 ans.         Il n’y a pas de quoi déplacer le Mont Cameroun. Edjangue, Ekoullé et Bolloré ne prendront pas 150 ans. La législation camerounaise n’a rien prévu pour les jongleries en Bourse. Mais en attendant, les Camerounais ont déjà été saignés de 12 milliards. Et pas un centime de moins, parce qu’ils n’étaient pas invités au partage des 2 milliards que Bolloré s’est servi à lui-même comme actionnaire majoritaire avant que quelques tintins s’invitent au capital de « sa » Socapalm.  Bounya Lottin - Echos des Marchés    |
| Mise à jour le Dimanche, 15 Novembre 2009 06:47 |


