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Au-delà des beaux discours de palais PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Talassa   
Dimanche, 15 Novembre 2009 06:57

Le plan d’action du gouvernement parviendra-t-il à réduire les effets dévastateurs de la corruption ?

 Après le signal fort du président de la République à travers son discours d’investiture dans lequel il dénonçait les antivaleurs qui minent notre société et qui freinent le développement du pays, le gouvernement est passé du verbe à l’action.

Un plan d’action de lutte contre la corruption, la concussion et la fraude et pour l’amélioration de la gouvernance, a été lancé le 05 novembre 2009 au Palais du Parlement, par le ministre d’Etat, coordonnateur du pôle de la Souveraineté, Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits humains M. Aimé Emmanuel Yoka

             Le ministre d’Etat Aimé Emmanuel Yoka, devant la communauté nationale et nationale, a procédé au lancement du plan  qui s’inscrit dans la logique du processus de prise de conscience d’un des défis qui entament profondément la dignité de l’homme et compromettent dangereusement la marche de notre nation vers la prospérité, d’entrée de jeu,  il a dit : « Comme vous pouvez l’imaginer, la corruption et avec elle le terrorisme, le blanchissement des capitaux, la cybercriminalité et tous les autres types de trafics illicites, qu’il s’agisse du trafic de la drogue, du trafic des armes, du trafic d’êtres humains etc.  se présentent comme des antivaleurs qui s’opposent au progrès général de l’Humanité. Il a souligné qu’aujourd’hui, pour ce qui nous concerne, il s’agit de créer les conditions juridiques et psychologiques a minima pour lutter contre la corruption, la concussion et la fraude.

          Le Coordonnateur du pôle de la Souveraineté, Garde des Sceaux,  a circonscrit les sphères où sévit la corruption et dégager les objectifs visés, il a précisé à ce fait : « qu’au Congo, l’Administration apparaît comme le cercle privilégié où en général la corruption parce que semble-t-il, favorisée par le caractère d’anonymat qui y fleurit, dopé par la nature même du délit qui est vécu comme une infraction obscure, appartenant à la catégorie de ces choses qui sont connues mais qui ne sont pas identifiables. Il s’agit de tenter de comprendre ce phénomène pour le circonscrire, pour mieux le combattre et espérer ainsi réduire dans une proportion la plus marginale possible, à défaut de l’éradiquer complètement, ses effets dévastateurs sur l’économie nationale ». Cependant, il serait réducteur de considérer que ce discours ne s’adresse qu’à l’Administration publique qui constituerait ainsi la seule sphère où se commettent des infractions contre l’ordre économique national. Le secteur privé formel et informel peut aussi par des comportements peu orthodoxes, compromettre l’œuvre d’édification d’une économie dynamique a-t-il renchéri.

         Poursuivant son propos, Aimé Emmanuel Yoka a souligné : « que ce n’est pas le citoyen quelconque qui est corrompu ou qui se rend coupable des faits de concussion ou de fraude. C’est l’agent ou le fonctionnaire investi d’une mission de service public par l’Etat. C’est pourquoi on parle de délinquance en col blanc …

         De ce fait, le citoyen ou l’usager du service public subit une violence dans l’indifférence de l’Etat, alors que le corrupteur, le corrompu, le concussionnaire ou le fraudeur transgressent impunément les normes établies et violent les droits de l’homme.            Dès lors, on ne parle plus d’injustice, parce que lorsque l’on a dépassé les bornes, il n’y a plus de limite ».

         Pour atteindre les résultats escomptés, le gouvernement a mis en place des organes chargés de son pilotage qui sont : la Commission nationale de lutte contre la corruption, la concussion et le fraude qui est l’organe chargé de la mise en œuvre du plan et l’observatoire anti-corruption, chargé du suivi-évaluation du plan. 

         L’orateur, n’a pas laissé au bord de la chaussée les dispositions prises par l’Etat pour la réussite de l’application du plan et a relevé entre autres : « L’Etat est donc interpellé face à ce fléau national que représentent la corruption et ses multiples variantes et qui est imputé à ses agents. L’Etat doit assurer l’ordre dans la société et d’abord et essentiellement l’ordre public dans toutes ses composantes au moyen d’un dispositif législatif et réglementaire ciblé, sous-tendu par un mécanisme sanctionnateur clair et efficace. Il faut une thérapeutique vigoureuse, au triple plan économique, juridique et clinique.

         L’Etat doit, en toutes circonstances, calé sur l’ensemble de ses souverainetés et fort du privilège de coercition légale qui légale qui légitime son action, garantir le maintien de l’ordre et la sécurité selon les règles dûment établies par l’autorité compétente. Le ministre d’Etat, coordonnateur du pôle de la Souveraineté, Garde des Sceaux a aussi souligné la volonté politique des dirigeants et a dit en ces termes : l’adoption par le Parlement de la loi anti-corruption confirme au plus niveau, la volonté politique de l’ensemble des dirigeantes de lutter contre ce fléau afin de sortir du cycle des contre-performances dans la gestion de la chose publique ».

         Pour la rédaction de Talassa, disons que tout ceci est appréciable, mais au vrai, ce fléau est là depuis le Président Marien Ngouabi, au moment où le Congo recevait la première manne pétrolière alors les velléités du détournement des deniers  publics, de la corruption commençaient à s’exprimer au grand jour.

         Il faut vraiment que ce plan s’applique avec rigueur et à tout le monde sans exception, sinon ce serait un coup d’épée dans l’eau. Pourquoi le

président de la République n’a-t-il pas déclaré ses biens au début de son nouveau septennat pour barrer la route à tous les détourneurs des deniers publics ?

         Pour la petite histoire, disons qu’au sortir de la Conférence nationale souveraine, une commission des biens mal acquis avait vu le jour et son action avait été étouffée dans l’œuf par les mêmes dirigeants, qui bâtissent aujourd’hui des stratégies pour essayer tant soit peu de réduire les effets dévastateurs de ce fléau. Où est passé le ministère en charge de la corruption du septennat dernier ? C’est encore une distraction que l’on sert aux Congolais.                Les hauts dignitaires du pouvoir (civils comme militaires) et autres malfrats sont toujours partants pour une antivaleur avec les étrangers par népotisme ou favoritisme et trafic d’influence. N’a-t-on pas vu dans ce pays, un homme du pouvoir réceptionner une villa ou une voiture pour service rendu à un étranger ?

         Les antivaleurs viennent de ceux même qui gèrent la cité, ils sont à la fois corrompus et corrupteurs. Cet exemple est donc parti d’en haut pour atteindre les gens de peu et de rien. Les gens du pouvoir sont dans l’enrichissement illicite depuis toujours, ils doivent se faire hara-kiri pour permettre au Chemin d’Avenir d’atteindre les résultats escomptés, sinon, ça sera rebelote, le plan de lutte contre la corruption, la concussion et la fraude, glissera comme les autres que le Congo a connu. 

 

Francis Bula Tari        

Mise à jour le Dimanche, 15 Novembre 2009 07:00