| Que devient Youlou Mabiala ? |
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| Société |
| Écrit par Talassa |
| Lundi, 01 Février 2010 17:50 |
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On sait que la plus grande vedette de la chanson congolaise avait été évacuée en France suite à un accident cérébro-vasculaire dont il avait été victime en août dernier. Invité à se produire lors des festivités de célébration de l’anniversaire de l’indépendance du Congo à Pointe-Noire, l’artiste s’était écroulé devant l’assistance composée notamment du chef de l’Etat et des délégations étrangères, alors qu’il entonnait sa deuxième chanson. Eh bien ! « Mwinda «, après enquête, l’a retrouvé en région parisienne, abandonné sans soins alors qu’il est loin d’être guéri. Voir le « prince » marcher en s’aidant d’une canne, le bras droit, celui-là même avec lequel il aimait à jouer de la guitare, paralysé et en écharpe, a été pour nous un choc.
 Encore plus traumatisant : en guise de paroles ne s’échappent plus des lèvres du chanteur que des balbutiements inaudibles. Toutefois, aux dires de son médecin, tout espoir n’est pas perdu qu’il chante de nouveau un jour. Dieu merci. Encore convient-il de lui administrer les soins appropriés et notamment qu’il recourt aux services d’un orthophoniste. Mais, faute d’argent et de la nécessaire prise en charge, Youlou Mabiala en est réduit aujourd’hui à espérer un miracle de Heureusement, malgré l’épreuve, l’homme demeure souriant, digne, armé d’une farouche volonté de s’en sortir, bien aidé, il est vrai, par l’abnégation de son admirable épouse, une fille de Luambo Makiadi, Franco, dont la ressemblance avec son père est d’ailleurs assez saisissante. La nation a le devoir de rendre à Youlou Mabiala son instrument de travail Sans vouloir ni susciter une vaine polémique ni jeter la pierre sur qui que ce soit, l’exigence de vérité nous oblige néanmoins à dire que la situation que vit Youlou Mabiala - qu’une âme charitable et solidaire de la société civile, un « petit du quartier », a aidé à loger dans un hôtel social dans la banlieue sud de Paris - est inadmissible et révoltante au regard de la dimension du chanteur, le plus célèbre des congolais (avec Zao, dans un autre genre) sur le plan international, un artiste qui aura fait pour le rayonnement culturel du pays, en près de 40 ans de carrière, plus que tous les discours des hommes politiques réunis. Certes, d’après les informations recueillies par « Mwinda », l’Etat congolais, cédant à la réprobation générale - et après qu’un des collaborateurs de l’artiste, Don Joli Kiala, eut interpellé « la conscience des autorités de Depuis un mois, l’artiste qui a un besoin urgent de soins pour conserver quelque chance de revenir à la chanson ou même simplement de recouvrer l’usage de la parole, est privé de tout traitement. Il s’en remet, pour vivre, à la générosité de quelques amis ou au secours apporté, à titre individuel, par certains hommes et femmes politiques congolais de passage dans la capitale française, puisque le fonctionnaire en charge de son dossier à l’ambassade du Congo à Paris a pour sa part jugé que Youlou devrait « rentrer au pays ». Or l’important est de rendre à Youlou Mabiala son instrument de travail : cette voix claire et plaisante, qui a tant charmé les mélomanes africains (et qui faisait de lui « le chéri de ces dames «) mais aussi son bras droit et sa jambe droite toujours paralysés. Bref rendre à notre frère une intégrité physique perdue dans l’exercice du métier et de surcroît pour une cause nationale. Que l’on nous comprenne bien : loin de nous l’idée de minimiser ou de décourager des aides ponctuelles apportées à l’artiste, toujours bienvenues. Mais le besoin le plus urgent pour le chanteur demeure une prise en charge complète, une couverture totale de sa rééducation, faute de quoi notre Youlou national sera perdu pour la chanson. Et, à en croire son médecin, pour un homme plongé depuis 9 mois dans le mutisme, le temps presse. Une fois n’est pas coutume, face à ce qui s’apparente à la démission sournoise d’un Etat qui, en l’occurrence, voudrait peut-être se contenter du service minimum, «Mwinda» lance un appel à la solidarité, à la responsabilité nationale, à ce kimuntu qui devrait cimenter la nation congolaise et récompenser, reconnaître, sans réserve, les plus méritants d’entre nous. Histoire d’éviter que ce monument qu’est Youlou Mabiala, le chouchou du regretté Franco, l’inoubliable auteur et interprète des titres comme Numéro ya Kinshasa, Kamikaze, Barika, Loufoulakari, Mamou… ne dépérisse. Mwinda |
| Mise à jour le Lundi, 01 Février 2010 18:24 |



