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1e mai de misère et de honte PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Talassa   
Dimanche, 09 Mai 2010 13:15

Pour la petite histoire, tout commença le 1er mai 1886, lorsque suite à une pression syndicale, 200.000 travailleurs américains obtinrent la journée de huit heures.

Le 1er mai 1886, beaucoup de travailleurs obtinrent immédiatement satisfaction de leurs employeurs. Mais d’autres, moins chanceux, au nombre d’environ 340.000, durent faire grève pour forcer leurs employeurs à céder. Comme on ne peut faire des omelettes sans casser les œufs. Le 3 mai de la même année, une manifestation fit trois morts parmi les grévistes de la société McCormick Harvester à Chicago (Etats-Unis).

Une marche de protestation eut lieu le lendemain et dans la soirée, tandis que la manifestation se dispersa à Haymarket Square, il ne resta plus que 200 manifestants face à autant de policiers. C’est alors qu’une bombe explosa devant les forces de l’ordre. Elle fit une quinzaine de morts dans les rangs de la police.

 

Trois syndicalistes anarchistes furent jugés et condamnés à la prison à perpétuité. Cinq autres furent pendus le 11 novembre 1886 malgré des preuves incertaines.

En mémoire de cette journée, les Européens, quelques années plus tard, instituèrent une «journée internationale des travailleurs» ou «Fête des travailleurs».

Cette journée est aujourd’hui plus volontiers appelée «Fête du Travail».

Depuis lors, les travailleurs du monde entier, célèbrent chaque année cette journée mémorable, les uns dans la joie d’avoir un travail, d’être bien rémunérés, les autres dans la misère et dans l’amertume à l’image des Congolais qui ont passé un 1er mai de misère et de honte.

Depuis le retour de M. Sassou au pouvoir, avec les avancements, les titularisations, les révisions des situations sans effets financiers, la journée du 1er mai a perdu son éclat d’antan, en plus les défilés des travailleurs ont disparu, ce qui constituaient, vous vous en doutez, la vitrine du génie congolais, les entreprises et les unités de production du pays, un vrai moment d’évaluation des capacités et valeurs du pays. Comme toutes ces structures n’existent presque plus, plus rien n’est à exposer à cette foire qu’est le défilé du 1er mai.

M.Sassou, grand maître en touriste d’Etat, a esquivé le vide qui se produit à chaque journée du 1er mai chez nous, le défilé des travailleurs du secteur tant public que privé, il  a pris une fuite en avant et a préféré passer cette journée en Chine, pendant que les travailleurs congolais l’ont passé dans la grisaille comme un jour consommé par une pluie diluvienne où tout le monde est resté à la maison. Les Congolais par leur génie de savoir faire, se sont organisés en se prenant en charge pour leur autosatisfaction à défaut du défilé.

La Constitution congolaise en son article 24 stipule : Â« L’Etat reconnaît, à tous les citoyens, le droit au travail et doit créer les conditions qui rendent effective la jouissance de ce droit Â». A l’orée du cinquantenaire de l’indépendance, il y a lieu de se poser la question, où sont passées les entreprises et les usines laissées par les colons et celles léguées par les présidents Fulbert Youlou, Alphonse Massamba-Débat et Marien Ngouabi ? Ces outils de travail sont tombés en désuétude, soit par abandon, soit par bradage. Les rares qui ont survécus en dépit de quelques secousses sont la SIAT, la Saris Congo, la Sonocc.

M. Sassou, comme nous le disons dans notre dernière publication, veut gérer le pays même au mépris de sa parole, où sont les 40.000 emplois promis en 2002 ? Jusqu’à ce jour, cela reste chimérique. Si nous sommes sérieux avec nous-mêmes, rien ne s’est fait, et on peut dire sans ambages que le pays va mal. Le mensonge qui consiste à faire croire aux gens que ça va, alors que rien ne va, relève de la pire des propagandes. Dans le Meinf Kampf (Mon combat), Adolphe Hitler dit : «avec des mensonges savamment perpétrés, on peut faire croire aux gens que l’enfer, c’est le paradis et que le paradis, c’est l’enfer». Croyez-vous que le salaire du travailleur congolais du secteur public améliore son niveau de vie, lui permet de vivre décemment et en toute dignité ?

N’en déplaise aux zélanti du pouvoir qui diront : Â« les gens ne voient-ils pas ce qui se fait ? Â» Oui les constructions des bâtiments et des routes, Pro Brazza …à dire vrai ces emplois ne sont que temporaires. De notre corbeau perché du côté de la Mairie centrale, Pro Brazza serait dans l’oeil du cyclone, et si d’aventure cette société venait à disparaître ces nombreux jeunes repartiront à la case départ et se remettront à battre la pavé.

Les dignitaires du pouvoir qui se sont enrichis illicitement en faisant mains basses sur le Trésor public, ne peuvent-iils pas investir au pays en créant des petites et grandes unités de production et embaucher ces diplômés sans emplois qui courent les rues au lieu d’aller investir sous d’autres cieux. Ces derniers sont nombreux aux portillons des services de gardiennage pour des éventuels recrutements, d’autres par contre s’occupent en tenant des cabines téléphoniques, ou en faisant le Sap-Sap ou encore le Me2U.

Denis Sassou Nguesso, le chantre de la paix, a toujours oublié qu’il existe aussi une paix sociale, celle qui préoccupe les travailleurs congolais.

L’article 25 de la Constitution dit : «A l’exception des agents de la force publique, les citoyens congolais jouissent des libertés syndicales et du droit de grève dans les conditions fixées par la loi Â».

La fête du 1er mai au Congo n’a pas eu de visibilité, les syndicalistes, les vrais, ont disparu avec les guerres que lle pays a connues. Les syndicats n’existent plus,  une génération spontanée de syndicalistes alimentaires a vu le jour, des retraités se sont retrouvés à la tête des confédérations syndicales. Pensez-vous qu’ils peuvent plaider la cause des travailleurs actifs ?             Face au gangstérisme de l’Etat congolais, l’achat des consciences des syndicalistes , le musèlement des syndicats en violation flagrante de la Constitution, ces syndicalistes alimentaires, égoïstes sont à la dévotion du pouvoir et sont de véritables caisses de résonnance.                    Pendant que sous d’autres cieux, les syndicats contribuent à l’émergence de la vraie démocratie, les nôtres se laissent instrumentalisés et font  le jeu du pouvoir. De façon irresponsable, ils acceptent les reconductions récurrentes des trêves sociales au mépris de la vie des travailleurs, trahissant ainsi la cause de leurs syndiqués, alors que le pays connaît des embellies tous azimuts, ils préfèrent se faire les poches et oublier les intérêts des travailleurs.

Les syndicats optent désormais pour le silence ou le mensonge pour endormir les travailleurs car ils ne doivent pas ramer à contre courant aux objectifs du pouvoir même si ceux-ci sont au détriment des travailleurs.

Le 1er mai 2010 a été un jour célébré sous le signe de la méditation, par le simple fait que les travailleurs sont devenus des laissés-pour-compte, des parias qui n’ont plus que leurs larmes pour exprimer leur misère et leur précarité. Honte pour  notre pays !

Nous y reviendrons !

 

Francis BULA TARI