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In memoriam: Il y a un an, le spectre des obsèques de Thystère Tchicaya ramenait l’inhumation de Mgr Kombo à Brazzaville ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Talassa   
Lundi, 16 Novembre 2009 11:38

Un an, jour pour jour, dès l’annonce du décès de Mgr Ernest Kombo le 22 octobre 2008, le Groupe de presse Talassa avait suivi le dossier relatif à l’organisation des funérailles de l’ancien président du Conseil supérieur de la République. A l’époque, jusqu’à la date du 10 novembre 2008, le lieu de l’inhumation de l’Evêque d’Owando Ernest Kombo n’était pas encore connu, malgré la déclaration des Evêques du Congo qui ne voulaient pas ramer à contre courant de la loi canon, en ses articles 17 et 18, qui veut que tout évêque en fonction soit inhumé  dans son diocèse.

 

          Curieusement, à la surprise de tous, la nouvelle était tombée comme un cheveu dans une soupe. Ernest Kombo devait être inhumé à Brazzaville en violation flagrante de la loi canon. Aussitôt, l’équipe de Talassa s’était rendue au Centre Interdiocésin des Oeuvres (CIO) catholique rencontrer les évêques. Malheureusement, ces derniers n’avaient pas été précis dans leurs réponses.

         Par la suite, voulant avoir plus d’informations, l’équipe de Talassa allait à la présidence de la République, là aussi de façon officielle, il y eut aucune donnée fiable. C’est plutôt dans les coulisses de la Présidence qu’on apprendra que, ces obsèques étaient ramenés à Brazzaville, pour éviter que  les évènements de Pointe-Noire lors des obsèques de l’ancien Président de l’Assemblée nationale, Jean Pierre Thystère Tchicaya se reproduisent à Owando où on avait pas mobilisé assez d’éléments des Forces Armées Congolaises (FAC) en urgence : Les instructions seraient certainement venues d’un très haut lieu, au point de marcher sur la loi canon.

         Ce malheureux compromis, avait semble t-il fait l’affaire des évêques qui voyaient d’un mauvais œil, que les écrits testamentaires de l’évêque d’Owando, en faveur de sa sépulture au mausolée Marien Ngouabi soient exécutés. La famille aussi en a été heureuse, car elle n’avait manifestement pas souhaitée ramener la dépouille de son fils à d’Owando.   

 

La famille

 

         Beaucoup de choses ont été dit sur la famille, seulement, il sied de signaler qu’en feuilletant intelligemment les pages de l’histoire de la famille Kombo, il y a lieu de dire que ce qui vient de se produire a été déjà vécu par cette même famille en 1980, lors du décès de l’ancien Ministre Augustin Kombo qui, en sa double qualité de Pasteur et Secrétaire général des Assemblées de Dieu de Pentecôte, du Pasteur Prophète Demba Esaïe, avait été tout simplement enterré selon les rites de  son  Eglise bien connue de tous.

         A l’exemple de son frère le regretté Augustin Kombo, Mgr Ernest Kombo en homme de Dieu devait lui aussi à son tour être enterré auprès des «siens» du diocèse d’Owando. Pourquoi la famille qui s’était pliée aux rites des Assemblées de Dieu de  Pentecôte jadis, n’aurait-elle pas respecté le canon catholique ?  Y a-t-il eu un précédent entre l’Eglise catholique et cette famille profondément croyante ?

         Aussi, son héritage et tous ses biens matériels devraient nécessairement revenir à sa congrégation en tenant compte de son testament et non à tous ceux qui, maladroitement et sans discernement, font prévaloir les appétits de la chair et du corps. Quant à l’héritage moral, constitués de ses enseignements, ses conseils et ses orientations en faveur de l’Eglise et de la Nation, ils doivent faire l’objet d’une expertise afin que la pensée de Mgr Kombo soit transmise aux générations futures.

 

Conséquences

 

         Il est à noter que Mgr Ernest Kombo a été enterré en violation flagrante de sa demande testamentaire et de la loi canon à la Cathédrale de Brazzaville, après la messe dite en sa mémoire en présence du chef de l’Etat congolais, du gouvernement et de l’ensemble des corps constitués congolais.                      Il avait été déploré qu’une journée de deuil n’ait pas été décrété au  regard des services rendus à la Nation par le prélat souvent mal compris, qui fut pourtant un acteur important avec le Président Denis Sassou Nguesso et le Premier ministre André Milongo dans l’instauration de la démocratie dans notre pays. Aussi ces trois personnages, Kombo-Sassou-Milongo, ne mériteraient-ils pas que des monuments soient érigés pour eux dans le pays ? 

         Tout compte fait, le pire c’est de craindre que, demain les hommes du pouvoir de Brazzaville imitent l’Eglise qui n’a pu respecter sa propre loi, ni voulu faire respecter la volonté d’une personne, pourtant inscrite dans des écrits testamentaires.

         Par ailleurs, le Président de la République et autres décideurs,    politiciens, réligieux... devraient prendre le courage de présenter souvent leur bilan de santé auprès de leur peuple, afin d’éviter des boucs émissaires sur la mort de certaines éminentes personnes, même quand on sait que ces dernières souffraient depuis belle lurette.

         Qu’à cela ne tienne, le journal Talassa rend un grand hommage à Mgr Ernest Kombo pour son franc-parler, lui  qui a  milité pour l’avenir et le bien-être de tous les Congolais.

 

22 octobre 2008 - 22 octobre 2009

 

Un an après sa mort, le souvenir  des messages de Mgr Kombo qui lui ont valu des menaces de la part de Lissouba et Sassou

 

Loin de nous de raviver des plaies, mais devoir de mémoire oblige de faire un feed-back sur l’histoire des hommes qui ont marqué la vie congolaise : le cas de Monseigneur Ernest Kombo, ancien président du Conseil supérieur de la République et évêque d’Owando, qui a été plus d’une fois victime des menaces directes ou indirectes du pouvoir Lissouba et Sassou.

 

         En effet, s’insurgeant à l’époque contre le Prélat Ernest Kombo, qui le reprochait de s’éloigner de la ligne tracée par la Conférence nationale souveraine (CNS), le président Lissouba le qualifia de «félin» en dénonçant son immixtion dans la gestion des affaires publiques du pays, avant de prononcer cette célèbre phrase qui restera dans les annales du Congo.

         Il faut que Mgr Kombo sache que «les cimetière du Congo sont pavés d’Hommes Illustre», avait-il dit alors. Allégation aujoud’hui vérifiable, car  tant d’illustres nous ont quittés pour paver nos cimétières.

         Depuis, des menaces des pouvoirs successifs de Tchinguidi et de Tchombicho (qui ne vit pas en lui un allié d’infortune de la période 1992-1997), ont toujours pesés sur l’Homme d’Eglise, pour la justesse de ses propos dénonciateurs.

         Incompris, parfois vilipendé, l’évêque d’Owando qui était devenue la cible des menaces méprisantes des partisans du régime de M’pila, surtout après son allocution lors des funérailles de Mgr Barthélemy Bantatu, a tiré sa révérence il y a un an, le 22 octobre 2008 en France, à l’âge de 67 ans. 

 

Mgr Kombo : Homme de tous les combats

 

         Ce jésuite engagé a été mêlé à la vie politique du Congo, au point

où sa forte personnalité est apparue captivante pour la classe politique congolaise et très controversée par les

dirigeants du pays souvent confondus dans leurs mauvaises pratiques de la démocratie naissante  au  pays,   jadis marqué par un système monopartisme.

         Pour  sa mémoire, un an après son décès à l’hôpital Val de Grâce à Paris en France, en guise de reconnaissance, des hommes et des femmes de bonne volonté ont organisé une semaine d’action de grâce pour le repos éternel de cet illustre Homme de l’Eglise et de l’Etat du Congo qui a assumé ses missions pastorale et politique avec courage et abnégation, au risque du sacrifice suprême pour l’intérêt supérieur de la Nation congolaise, une et indivisible.

        

         A  Brazzaville, une messe a été célébrée à l’initiative du Renouveau charismatique et des Sœurs servantes de Cana en la Basilique Sainte Anne du Congo, le 22 octobre 2009 à 15 heures. A Owando, le clergé diocésain s’est aussi souvenu. A Paris, un office religieux a été dit à la mémoire Mgr Kombo en la Basilique Sainte Jeanne d’Arc dans le 18è arrondissement, le 24 octobre 2009.           

         Tous les nationalistes congolais se souviendront de cette forte personnalité aux vertus de paix et de justice, Mgr Ernest Kombo, avec des idées novatrices pour l’Eglise catholique et la Nation. En octobre 2004, cet évêque catholique de renom et très controversé,  du Congo-Brazzaville avait plaidé au synode des évêques catholiques au vatican à Rome (Italie), pour que le cardinalat soit également accordé aux femmes au sein de l’église catholique romaine.

         Cette proposition révolutionnaire dans le clergé catholique avait suscité une réaction perplexe de sa Sainteté le Pape Jean Paul II sur l’avenir ecclésiastique du catholicisme à travers le monde.

 

Appel a la rupture avec la mauvaise gestion publique

 

         Cet evêque congolais a marqué son époque et l’histoire politique du pays, en assurant avec courage la période transitoire pour déboucher aux élections pluralistes de 1992, dont les leçons n’ont jamais été tirées par le peuple souverain.

         Un enseignement mémorable et inoubliable aux dirigeants congolais, pour rompre avec le passé du parti unique teinté, de complots et  d’intolérance politique. «Tu ne voleras point ! Tu ne mentiras point ! Tu ne tueras point !» (Cf. Bible: Exode 20: 1-17), avait conseillé Mgr Kombo à la classe politique congolaise, en référence aux Saintes Ecritures et aux commandements de Dieu, pour une meilleure gestion de la cité et des affaires publiques.

         Au nombre de faits reprochés à Mgr Ernest Kombo, on peut citer entre autres l’homelie  qu’il avait prononcée à la place mariale à la cathédrale Sacré Coeur de Brazzaville, qui a suscité des réactions auprès des dignitaires de Mpila

         A cause de ce discours le pouvoir avait outrageusement exposé aux médias manipulés, qui le présentèrent, comme un

opposant au régime.

         Avec le recul du temps, et depuis le fameux discours d’investiture du Président Denis Sassou Nguesso du 14 août 2009, l’on peut se demander si Mgr Ernest Kombo avait réellement manifesté des intentions belliqueuses contre le pouvoir de M’pila ? Pour quelle raison avait-on diabolisé celui qui avait pourtant aidé le Congo à retrouver la route et que les politiciens n’ont pas  voulu écouter ? Cultiver la culture du pardon (Cf. Bible: Matthieu  6 : 14-15) au Congo , ne serait-il pas le meilleurs moyen d’honorer la mémoire de Mgr Kombo?

         Ci-contre le discours - prononcé lors des funérailles de Mgr Barthélemy Batantu, ancien archevêque Emérite de Brazzaville - ncriminé sans dissernement, par le régime de Mpila.

 

Homélie de Mgr Ernest Kombo

 

A  l’avance, je sollicite votre indulgence pour les lapsus éventuels qu’il pourrait y avoir. C’est loin d’une quelconque malveillance.

Excellences, Chers confrères dans l’Episcopat Eminence,

         Pour camper, brièvement, la personnalité et l’œuvre du doyen Barthélemy Batantu, c’est au discours du premier président de la République du Congo - Brazza, Fulbert Youlou, à l’occasion du sacre du premier Archevêque de Brazzaville, Théophile Mbemba, que je me suis référé. A cette occasion, le président Fulbert Youlou disait: «… l’Eglise, en devenant indigène, nous donne à espérer des lendemains meilleurs. Elle peut, sans peine, inculquer ses impératifs de l’au – delà … la religion apporte beaucoup aux civilisations dont elle s’efforce d’élever le regard au – dessus des contingences accidentelles. Aussi, doit – elle, davantage, s’adapter aux situations profanes pour mieux jouer son rôle de civilisateur et faire  entendre son message.

         C’est dans ce sens que le Cardinal Suhard affirmait qu’il ne peut se faire de sérieux travail dans un milieu que par les hommes de ce milieu. (Similibus curantur)

         La religion n’est pas une chose faite, une chose en soi, comme une cathédrale ou une pyramide d’Egypte ; c’est un rapport. Il y a la fixité  dans ce rapport, mais il  y a aussi de la variabilité. Dieu ne change pas plus que lui – même. Mais sa vérité en nous a bien des manières d’être variable. Dans la mesure ou nous progressons, elle progresse … nous ne pouvons continuer à aimer le christ sans le découvrir toujours davantage…»

Chers frères et sœurs en Christ,

         A cette  ordination du premier Archevêque du Congo-Brazzaville, Théophile Mbemba, l’Abbé Barthélemy Batantu dirigeait les chants. L’inculturation était déjà la préoccupation de l’heure et  la collaboration entre l’Eglise et l’Etat, un souci réel.

         En ce doyen, s’achève une ère des pionniers, des fondateurs, des constructeurs, des créateurs. Aussi, pouvons – nous lui confier  nos soucis, ne serait – ce que celui d’avoir sur ces différents fronts des héritiers.

         Son excellence Mgr Barthélemy Batantu notre Doyen, en 42 ans d’épiscopat au Congo Brazzaville, vous êtes le sixième à partir et le premier des six à avoir joui d’une retraite, signe de bénédiction, comme il arrive à tous les bons travailleurs.

         Oui, c’est une bénédiction dans votre profession, mais, vous êtes témoin qu’aujourd’hui les retraités sont maltraités et vous – même en avez fait l’expérience : au Congo, il n’y a pas de maison pour accueillir les prêtres retraités : il n’y a pas de maison de résidence pour les Evêques retraités. Ce qui vous en étiez et vous en êtés le témoin.

         Témoin de quatre décennies durant, nous sommes en droit, nous vos cadets, de vous considérer, maintenant, comme notre Messager.

1. vous direz à Mgr Théophile Mbemba que la vie religieuse au Congo demeure languissante du coté masculin et dans un brouillard étouffant, du coté féminin.

Les communautés nouvelles, comme le pullulement des vierges consacrées,  ne sont pas encore une réponse satisfaisante aux besoins de l’Eglise et de la Nation. Lui-même nous a laissé dans cette situation et vous la connaissez, en tant que fondateur, mieux que nous vos cadets.

2. Dites à son Eminence le Cardinal Emile  Biayenda que le pays  sombre    toujours sous une nébuleuse de malédictions : après le sang du Christ Jésus, après son sacrifice, beaucoup d’autres victimes innocentes ont suivi, sans assouvir la soif du pouvoir, sans entamer une réconciliation profonde et conséquente.

3. Vous direz à Mgr Benoît Ngassongo que, nous ses cadets, sommes incapables d’enseigner et de construire des écoles comme lui. Nous venons de parler des Enfants et des Jeunes, mais avec des baratins.

4. Dites à Mgr Godefroy Emyle Mpwaty ; - sur le front de l’inculturation, vous avez œuvré ensemble – qu’il n’y a pas d’héritiers, malgré la technologie et les ordinateurs qui nous encombrent dans nos bureaux. Sur le front des vocations sacerdotal qui étaient son souci primordial, nous avons oublié que la sainteté du Prête passe par l’obéissance à son Ordinaire.

5. A Mgr Georges Firmin Singha, dites, pour ses cadets que nous sommes, que l’Episcopat n’est pas encore considéré comme un service, mais comme un honneur pour lequel, malheureusement, nous ne nous efforçons pas de nous qualifier.

6. Si au ciel, il y a un quartier des Prélats, n’oubliez pas de saluer de notre part Nosseigneurs, les Aînés Roch Auguste Nkounkou, Denis Moussavou, Louis Badila, Noël Ognié … votre âge, votre expérience nous autorisent aussi de vous recommander le souci de la nation Congolaise. Ici, on aurait du parler de trilogie déterminante, entendons par là : la coutume, l’Etat et la foi chrétienne.                  Et vous en êtes vraiment le témoin. Un pont s’écroule, mais soyez ce pont, Excellence Mgr Barthélemy Batantu.

7. Transmettez nos excuses et nos repentirs au Président Fulbert Youlou. La jeunesse aux abois ne sait plus respecter les parents, grands – parents, oncles et tantes. Certains ont même des mains salies par le sang. Aidez – nous à obtenir le pardon de DIEU et des Ancêtres. Mgr et cher yaya, faites tout pour exorciser le pays.

8. Aux Présidents défunts Marien Ngouabi, Alphonse Massamba Débat, dites que la violence demeure latente dans notre Nation. Est-ce  que la concertation à notre niveau est possible, pour nous suggérer les voies et moyens de suivre la devise de cette Nation qui  est de surcroît parfaitement évangélique : Unité-Travail-Progrès ? Nous comptons sur vous yaya. L’Eglise et la Nation Congolaises ont soif d’amour, de paix, d’unité, comme Sainte  Thérèse de l’Enfant Jésus, avec le Président Alfred Raoul, nous n’allons pas vous dire : ‘’allez et reposez en paix !’’(yenda kia mboté wa wuma !). Nous allons vous demander d’intercéder et d’obtenir pour nous, auprès de jésus le bon Pasteur, l’estime les uns des autres, l’ardeur à travailler comme vous nous avez laissé l’exemple.

9. Si les morts ne sont pas morts, comme l’attestent vos nombreuses créations, avec tous les Ancêtres ici mentionnés, pour nos enfants et nos jeunes.

Introduisez-nous dans le train de la Réconciliation totale et profonde. Bon et courageux  - on l’a dit – vous l’avez été et démontré un jour, en quittant votre lit de malade pour m’accompagner au tribunal : un piège que l’on me tendait, car le devoir de réserve qui me lie jusqu’à la mort m’aurait exposé à l’outrage aux magistrats.

10. Votre bonté, votre  générosité, maintenant, n’auront plus de limite pour bénéficier, avec tous les Anciens et les victimes innocentes, pour plaider la santé de l’Eglise et de la Nation congolaises. C’est seulement en  ce moment - là que nous dirons : ‘’allez en paix, mais ne nous oubliez pas’’.  Le travail demeure sur tous les fronts.

(*) Afin que la Nouvelle Espérance puisse s’enraciner dans nos esprits et nos cœurs, avec la force du tout - Puissant, accompagner, protéger les animateurs sociaux, politique et religieux. Amen !

 

N.B : (*) (Partie de l’allocution non lue) : (*) Projet de société de l’époque du chef de l’Etat, président de la République Denis Sassou Nguesso.

 

Mise à jour le Lundi, 16 Novembre 2009 11:40