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La lassitue des Congolais face au pouvoir actuel PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Talassa   
Samedi, 28 Mars 2009 13:53

Les Congolais sont excédés et ne croient plus au pouvoir actuel

Nombreux sont les Congolais qui sont aujourd’hui choqués, frustrés ou révoltés à cause de l’esprit « Je m’en foutiste » ouvertement affiché journellement par « les donneurs de leçons » d’hier sur la démocratie et vainqueurs de la guerre de 1997, qui claquent l’argent de l’Etat dans l’apparence et l’ostentation, avec leurs nombreuses  et somptueuses VX et villas dont les coûts sont sans rapport avec les revenus normaux.

A n’en point douter, la majorité des Congolais en a marre du régime de Brazzaville qui est un régime maudit, moribond et dictatorial et qui est en train d’octroyer tous les privilèges à ses courtisans et fanatiques pendant que le peuple croupit dans la misère et la pauvreté.

Il existe aujourd’hui deux Congo : l’un, constitué par la masse, la nation profonde ; l’autre, regroupant la minorité des nantis, bref les dignitaires du régime. Le peuple congolais qui n’a plus besoin de fiction, est las d’écouter les dinosaures du pouvoir de Mpila qui attribuent la responsabilité du marasme actuel à la conjoncture économique mondiale, au Fonds monétaire international (FMI), à la Banque mondiale ou à l’égoïsme des pays industrialisés.

Outre la crise économique, il y a dans notre pays une crise de confiance, une crise de conscience et une crise morale qu’il faut guérir très vite, n’en déplaisent aux lampistes, aux courtisans et fanatiques ou aux cercles mystico fétichistes soutenant le régime de Brazzaville.

Les Congolais ne comprennent plus où va le pays. La corruption ; l’impunité ; le vol, le pillage, le détournement des deniers publics ont été institutionnalisés. Qui ne le sait pas ?

 Cela frustre plus d’un observateur averti de la vie politique congolaise. La plupart de ceux qui nous gouvernent, appartiennent à des sociétés secrètes et à des sectes et vont prier tous les jours dans les églises. Mais ce sont aussi les premiers à se rendre coupables de toutes sortes de malversations.

Le pays est malade. Il est très malade et il ne faut pas avoir honte et peur de le dire. La majorité des Congolais le sait sauf la minorité des nantis proche du pouvoir de Brazzaville qui est en train d’affirmer, à qui voudrait l’entendre, que le Congo est en pleine renaissance.

Le Congo n’a jamais eu autant d’argent que maintenant pour preuve le budget de l’Etat révisé est passé à 2.756 milliards de FCFA selon le gouvernement. L’opposition politique congolaise qui conteste ce chiffre, pense qu’il faut revoir ces prévisions budgétaires à la hausse.

Mais où va donc tout cet argent ? L’enquête sur la consommation des ménages (ECOM 2006), conduite par le ministère du plan, révèle que le taux de chômage est très élevé au Congo avec 19% pour la moyenne nationale.

 Les jeunes constituent la catégorie sociale la plus touchée par le chômage avec 40% de chômeurs dans la tranche d’âge de 15 à 19 ans ; 36,7% dans la tranche d’âge de 20 à 24 ans et 27,7% dans la tranche de 25 à 30 ans.

Cette enquête fait ressortir aussi que près de 130 00 jeunes diplômés sont sans emploi et 300 000 autres sont désoeuvrés. Ces statistiques officielles sont révélatrices de la forte demande sociale actuelle en matière d’emploi et des efforts colossaux à faire pour répondre aux fortes attentes du peuple en la matière.

Au niveau de l’accès des populations aux services sociaux de base dans les villes, par exemple, les populations sont impitoyablement soumises quotidiennement aux coupures d’eau potable et aux délestages fréquents d’électricité.

Personne n’ignore qu’en matière de pouvoir d’achat, la situation est chaotique et insupportable. On assiste aujourd’hui à l’érosion du pouvoir d’achat des ménages du fait de la montée vertigineuse des prix des denrées de première nécessité.

Ce n’est pas, par exemple, le relèvement du SMIG à 50 000 FCFA qui permettra aux Congolais de subvenir à leurs besoins essentiels. La situation du fonctionnaire congolais est préoccupante.

En matière de santé, toutes les formations sanitaires du pays manquent cruellement de tout. Au plan de la scolarisation, la situation n’est pas aussi viable. Les nombreux rebus de l’école sont jetées chaque année à la rue sans perspective d’avenir.

Cette situation sociale d’ensemble faite de précarité, de misère et de pauvreté, prédispose les Congolais démunis à des comportements déviants : prostitution, vols, pillages, braquages, corruption, fraude de tout genre.

« La guerre est cruelle aux peuples et la paix est terrible aux vaincus », disait, déjà, Napoléon Bonaparte. Après la guerre, il y a un vainqueur qui ne sait que trop qu’il a entre les mains presque toutes les cartes, et un vaincu qui sait bien, quoi qu’il en dise, qu’il n’en détient aucune ou presque.

Là aussi, on fait semblant de négocier. Mais, en réalité, le vainqueur fait et prend ce qu’il veut, ne laissant au vaincu que ce qu’il ne peut lui prendre.

Les vainqueurs de la guerre de 1997 et les dinosaures du régime actuel sont donc interpellés, car le peuple a vraiment faim. Comment allons-nous aller aux élections avec un peuple affamé,  appauvri et mal soigné.

Ghys Fortuné DOMBE BEMBA

Mise à jour le Samedi, 28 Mars 2009 13:57