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Où est passé la loi de règlement et le collectif budgétaire ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Talassa   
Mercredi, 30 Novembre 2011 18:48

Gilbert Ondongo doit comprendre que le peuple est mûr

La série des questionnements suscités au sein des populations congolaises par le budget de l’Etat exercice 2012, fait toujours  couler l’encre et la salive. Les gros chiffres, rendus publics par le gouvernement dans le cadre de ce budget très bien garni de 3. 645 milliards 575 millions de francs CFA, donnent des vestiges à la majorité des Congolais qui se pose pour une énième fois la question de savoir à quoi va encore servir tout cet argent,  alors que tout manque dans le pays ?

A qui peut profiter un budget qui ne prend pas en compte certaines aspirations des populations. Ces populations qui attendent depuis belle lurette l’amélioration de leurs conditions de vie. Ces derniers temps, on dit que les budgets de l’Etat dégagent des excédents prévisionnels évalués à des milliards de francs CFA qui sont, soi-disant, affectés à l’approvisionnement des comptes à termes du Trésor public.

Mais les Congolais qui ne sont pas naïfs, ne croient pas à cet argument du gouvernement qualifié par eux de bluff.                              Pour preuve, jusqu’à présent, aucune réponse exacte n’est donnée à tous les parlementaires qui s’évertuent à connaître la somme d’argent déjà versée au niveau de ces comptes à termes du Trésor  public. Ne dit-on pas qu’un mensonge quel qu’il soit, finit toujours par être rattrapé par la vérité ?

En effet, le ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public, M. Gilbert Ondongo a dû constater le 28 octobre 2011 que des murmures ont fusé de tous les côtés de la salle quand il a parlé, lors de la présentation du budget 2012 à l’Assemblée nationale congolaise, de la ferme volonté du régime de Sassou Nguesso de focaliser pour l’année 2012, une attention particulière aux questions concernant l’accès à tous les Congolais aux soins de santé de qualité à bon prix, à l’eau potable, à l’électricité. Le ministre Gilbert Ondongo a-t-il oublié que beaucoup de vaines promesses ont été déjà, depuis longtemps, faites dans ce sens ? Qui veut donc tromper qui dans ce pays ?

M. Ondongo qui a embrouillé l’assistance lors de cette cérémonie, en se vantant que le Congo va respecter en 2012, comme il a été le cas pour  2011 et  2010,  les quatre critères  de convergence sous-régionale édictés par la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC)  à savoir le solde budgétaire de base supérieur à 0% du Produit Intérieur Brut (PIB) ; le taux d’inflation annuel inférieur à 3% ; l’encours de la dette publique inférieur à 70% du PIB et la non accumulation des arriérés extérieurs et intérieurs, fait-il express d’ignorer que derrière ces performances trompeuses qui ne sont que de la poudre blanche aux yeux, les Congolais vivent toujours dans la pauvreté avec moins d’un dollar par jour, soit  moins de 550 francs CFA.

N’est-ce pas là où le bât blesse ? Le pouvoir de Sassou Nguesso avec ses ministres qui sont incapables d’apporter les vrais changements au profit du pays, ne devrait-il pas cesser d’être hypocrite parce que les populations en ont marre des fausses promesses bizarres ? Que peut-on nous dire du pouvoir d’achat des Congolais qui est à son plus bas niveau depuis plusieurs années malgré les milliards de francs CFA engrangés par le Congo. Si le régime se tape le luxe d’offrir des mallettes d’argent à des autorités politico-administratives françaises, comme l’a dénoncé dernièrement M. Bourgi, c’est qu’il ya beaucoup d’argent chez nous. Mais pourquoi, on se complait donc  de ne pas le mettre à la disposition des populations qui végètent et pataugent dans la pauvreté et la misère.

Comme le disent vulgairement nos compatriotes, si cette croissance économique nationale qui va osciller autour de 10% en 2012, n’apporte rien de spécial dans les ménages pourquoi devrait-on s’en vanter ? Ce qui est prioritaire pour les Congolais en ce moment, c’est l’accès pour tous au bien être, dans le strict minimum.

Où est passé la loi de règlement et le collectif budgétaire ?

En matière des finances, on devrait cesser d’enfreindre les normes déontologiques.

Nombreux sont nos compatriotes qui, vraiment fatigués de constater les mêmes irrégularités, ne comprennent pas pourquoi les choses dans notre pays ne se font pas selon les règles de l’art ? En témoigne le manque depuis longtemps pendant l’examen et l’adoption des lois des budgets de l’Etat, des lois de règlement, alors que leur présence est très importante dans ce cadre. Les députés de l’opposition qui l’ont toujours fustigé, sont restés sur leur soif. Le chien aboie et la caravane passe. Comme on le constate, le pouvoir de Sassou s’est toujours entêté de  violer les lois et  règlements en vigueur dans le pays.

Là où la pierre achoppe également, c’est le fait que malgré les changements positifs qui interviennent pendant l’exécution du budget, aucun collectif budgétaire n’est envisagé. N’a-t-on pas le droit de croire qu’il a anguille sous roche ? Le gouvernement aurait-il des intentions de cacher certaines vérités face à ce manquement gravissime.

Le gouvernement parle de la baisse de la production pétrolière estimée en 2012 à 105 millions de barils contre à peu près 126 millions de barils en 2011, mais ce qui est plus intéressant pour les Congolais, c’est le fait que  les recettes pétrolières  ne vont pas diminuer puisqu’elles seront de 2.407 milliards 575 millions de francs CFA contre 2.223 milliards 141 millions de francs CFA en 2011.

Avec la conjoncture, les choses peuvent évoluer à la hausse. Comme pour dire qu’avec la flambée des prix du baril qui pourrait être observée,   les prévisions des recettes pétrolières contenues dans le budget 2012, devraient de facto être en augmentation. Mais comme toujours, rien ne sera entrepris pour réviser le budget. Qui tire profit dans toutes ces jongleries ?  Et pourquoi, les élus du peuple ferment-ils les yeux devant ces manquements anticonstitutionnels, qui ne contribuent qu’à protéger les détournements des deniers publics qui sont perpétrés par une poignée de dignitaires du pouvoir de Brazzaville ?

Le ministre Ondongo peut-il avouer que ces fautes,  considérées comme très graves en matière de gestion des finances de l’Etat, par les experts en finances, favoriseraient-elles la bonne gouvernance et l’orthodoxie financière tant recommandées, au profit de notre pays, par les institutions financières internationales à l’instar de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) ? Même quand des voix s’élèvent pour condamner toutes ces fautes blâmables, le ministre  Ondongo et ses prédécesseurs, ont toujours trouvé des prétextes pour s’en défendre.

Il n’est pas également moins important de signaler que la comptabilité de l’exécution du budget de l’Etat doit être enregistrée dans deux documents à savoir le compte administratif pour l’ordonnateur et le compte de gestion pour le comptable. Ces documents devraient être conformes en écriture dans la loi de règlement, d’où l’importance de la mise à jour de cette loi de règlement qui pourrait favoriser des cas de tricherie éventuelle. Comme on le sait, au Congo, la gestion des finances publiques porte sur deux textes fondamentaux que sont la loi n° 1-2000 du 1er février 2000 portant régime financier de l’Etat et le décret n°2000-187 du 10 août 2000 portant règlement général sur la comptabilité publique. D’après, de nombreux observateurs de la vie économique du pays, on constate sur une longue période, une mauvaise exécution du budget général de l’Etat, notamment dans son volet investissement.

Dans le cadre du contrôle de l’action gouvernementale, les recommandations de la Cour des comptes, les interpellations du gouvernement et les enquêtes parlementaires rendues possibles par ces deux textes précités, se situent dans la logique du médecin après la mort, se réduisant donc le plus souvent à des dénonciations spectaculaires du reste sans suite positive.

Ghys Fortune DOMBE BEMBA

Mise à jour le Mercredi, 30 Novembre 2011 18:49