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L'argent des épargnes budgetaires ? PDF Imprimer Envoyer
Economie
Écrit par Talassa   
Mardi, 05 Janvier 2010 18:50

Au cours de son message de fin d’année, le Président Sassou Nguesso a dit : « Nous croyons, en effet, sans triomphalisme et sans optimisme béat, que le jour n’est plus loin, que bientôt, très bientôt devrions atteindre le point d’achèvement de l’initiative en faveur des Pays pauvres très endettés. Nous serons ainsi récompensés de nos sacrifices, de nos privations et de nos efforts. Â»

Nous voulons que cela soit ainsi, mais là où le bât blesse, c’est que ces sacrifices ne sont demandés qu’aux travailleurs depuis toujours et quand le fruit mûrit, on oublie ceux qui ont consenti un effort permanent et ils sont remerciés en monnaie de singe. Le cas le plus flagrant selon plus d’un opposant congolais c’est la tangente pris par le bonus pétrolier que le pays a connu entre temps.

Si M. Sassou veut pérenniser la trêve sociale pour cette raison non fondée de l’admission du Congo dans le groupe des Pays Pauvres et Très Endettés (PPTE), il y a lieu de se poser les questions suivantes :

- Le FMI acceptera-t-il laisser le Congo atteindre le point d’achèvement de l’initiative en faveur des PPTE en janvier 2010 dans un pays où les ministres et les parlementaires, perçoivent des émoluments faramineux non imposables (4000000 F.CFA/mois) et qui bénéficient de plusieurs avantages ? ;

- Le FMI continuera-t-il de tolérer des salaires à deux vitesses dans un pays où les officiers supérieurs et les magistrats reçoivent des salaires exorbitants alors que le reste des travailleurs ont des salaires de misère depuis plus de deux décennies ?.

M. Sassou, lors de son investiture, avait promis faire la part belle aux travailleurs et de relever le panier de la ménagère. Mais que constatons-nous ? C’est comme si le président Sassou voulait d’une chose et de son contraire, en voulant reconduire une trêve sociale qui ne dit pas son nom. Le peuple congolais l’avait longtemps compris que cela n’était qu’à des fins électoralistes que M. Sassou utilisait des sifflets de sirènes pour se maintenir au pouvoir. Les Congolais ne sont pas dupes. Si le président de la République pense que l’admission du Congo aux PPTE, nécessite qu’une frange de la population vive dans l’opulence et que le reste soit martyrisé et continue à souffrir de l’arrogance de ce pouvoir qui étale au grand jour les richesses volées au peuple, à travers la construction des villas, châteaux, l’acquisition des voitures de super luxe (Jaguar, Hummer, Rover…) alors que la population a de la peine à se déplacer, les travailleurs ont du mal à arriver à temps à leur lieu de travail.

Le FMI vit ces inégalités débordements avec nous et sait quelques efforts le Congo consens pour accéder aux PPTE. Il faut l’avouer que le FMI peut être corruptible mais il saura voir les choses de près pour ne pas valider la demande de notre pays, si la condition serait que les travailleurs continuent à broyer du noir.

Le Congo est-il réellement un pays pauvre et très endetté ? La réponse est non !

Et comment donc ? Le Congo est un pays riche au regard de l’immensité des ressources naturelles (bois, pétrole, les minerais de polymétaux …) et d’énormes potentialités. D’où comme les sols fertiles… d’où vient que le Congo soit présenté comme un pays pauvre ? La pauvreté du Congo est avant tout spirituelle, elle est caractériséemarquée par le manque d’amour, le mépris des autres, et ceci se traduit dans les comportements de: nos dirigeants qui n’aiment pas leur peuple, parce qu’ils l’affament et, qu’ils le tuent à petit feu …

Il ne faut pas se voiler la face, le Congo est un pays certes endetté mais ceci par la volonté des dirigeants qui contractent des dettes au nom de ce pays pour assouvir leurs appétits titanesques.

Il y a quelques années M. Sassou remettait le pays à un être invisible, est-ce le Dieu Tout Puissant, le Créateur des cieux et de la terre, celui qui a donné au Congo toutes ces richesses, le Dieu de justice et d’équité ou alors le dieu de la contrefaçon et du mensonge qui est Satan ?

Le budget d’exercice 2010 a doublé, soit par rapport à celui de l’an dernier (2814 milliards 900 millions F.CFA), les travailleurs, les retraités et les étudiants auraient bien trouvé leur compte dans ce budget très alléchant. Et voilà, M. Sassou trouve les mots de dire qu’il faudrait faire un cash-flow pour les générations futures et que les générations doivent continuer à broyer du caillou et attendre que mort s’en suive et s’ajoute à cela le point d’achèvement de l’initiative en faveur des PPTE et les travailleurs devront en faire les frais en serrant encore plus fortement la ceinture. .

Les députés et les opposants au cours des interpellations et questions d’actualité ne cessent de demander au gouvernement donc indirectement à son chef Denis Sassou Nguesso de leur communiquer le numéro de compte où cet argent est censé avoir été placé si non cela serait l’infantilisation du peuple, qui vit au quotidien en dessous du seuil de pauvreté.

Ce que M. Sassou aurait pu faire pour améliorer les conditions de l’admission du Congo aux PPTE, serait : réduire le train de vie de l’Etat en évitant les dépenses folles dont les Congolais n’ont pas besoin ; rabattre les émoluments des ministres, des parlementaires (les soi-disant élus du peuple) et de tous ceux qui se servent à la mangeoire du Congo ; réduire les salaires des officiers supérieurs et alors il peut parler de trêve sociale pour les autres travailleurs.

De tout ce qui précède, M. Sassou sans peut être en mesurer la portée, met là en place les conditions permissives d’un conflit entre les riches et les pauvres dans ce pays, parce que bien voulu par lui.

Il ne faudrait pas la reconduction indéfinie de la trêve sociale ne devienne une manière habile de remettre en cause le droit constitutionnel de grève reconnu aux travailleurs et la liberté syndicale;

Attendons de voir !

Peter Okombi Salissa

Mise à jour le Dimanche, 17 Janvier 2010 08:06