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Les grandes décisions issues du grand sommet de la CEMAC PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Talassa   
Jeudi, 21 Janvier 2010 21:38

Dologuele (BDEAC), Andjambe et Andely (BEAC) limogés, Air CEMAC à Brazzaville, tandis que...

Reporté  plusieurs fois à cause des élections en République gabonaise et équato-guinéenne mais aussi à cause du sommet de Copenhague, le sommet des chefs d’Etats de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) s’est finalement tenu du 16 au 17 janvier  2010 au siège de la Cemac à Bangui

.Siède de la CEMAC

D’emblée, le président de la commission de la Cemac a donné le ton de la dixième Conférence des chefs  d’Etats de la Cemac en demandant à ces derniers de se rappeler des audits exhaustifs des institutions et organes spécialisés qu’ils avaient initié et de prendre  les sanctions qui s’imposaient.


 

Le président de la commission Cemac se substituant indirectement en procureur avec ses chefs d’accusation, les chefs d’Etats n’ont fait qu’à leur tour suivre le réquisitoire de ce dernier surtout que les chefs d’Etats eux même avaient déjà approuvés les recommandations contenues dans les cinq grand axe des reformes de la Cemac à savoir :

1- L’amélioration de la cogestion et de la gouvernance des institutions de la Cemac ;

2- Le renforcement du poids et de la cohérence des institutions communautaires ;

3- L’accélération du processus de l’intégration sur la base d’une vision partagée, d’un programme économique régional structurant d’une libre circulation effective et des institutions spécialisés en phase avec la vision et les priorités.

4- La sécurisation du financement de la communauté ;

5- Le renforcement de l’appropriation du projet d’intégration par les Etats membres.

Le président de la commission Cemac a terminé son propos en esquissant les mérites du Programme Economique Régional (PER) qui est un exercice de planification stratégique au sein de la Communauté et qui a permis d’aboutir à l’élaboration d’une vision ambitieuse mais réaliste de la Cemac, susceptible d’apporter une réponse adéquate à ces défis actuels.

L’ambition est de faire Â«de la Cemac en 2025 un espace économique intégré et émergent, où règnent la sécurité, la solidarité et la bonne gouvernance au service du développement humain».

Les questions abordées à ce sommet étant si importantes avec les positions des chefs d’Etats dont certains comme Paul Biya et Denis Sassou  Nguesso qui se disputent le leadership depuis la mort de Omar Bongo Ondimba et l’équato-guinéen Théodore Obiang Nguema, la grande puissance économique montante qui a imposé la gouvernance tournante des institutions précédées des audits, la clôture du sommet prévue dans la nuit du 16 janvier n’est intervenue que le lendemain à 16h30 avec plusieurs actes.

Acte 1 : limogeage du staff dirigeant de la BEAC

Pour redorer son blason, la CEMAC ne pouvait plus confier la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) aux responsables mouillés jusqu’au coup dans les détournements de fonds communautaires. Le faire, c’est humilier Ali Ben Bongo Ondimba qui avait déjà rappeler et placer sous mandat de dépôt le gouverneur de la BEAC à Libreville : ainsi, le gouverneur Andzambé, le vice gouverneur Roger Rigobert Andely et leurs collaborateurs mafieux ont été limogés avant de répondre devant le juge, des détournement ou complicité avérée.

Acte 2 : limogeage du président de la BDEAC

Il était prévisible qu’Anicet George Dologuélé partirait de la BDEAC avec la littérature abondante des medias et de la coalition  Paul Gilles Nanda, Me Serge Nzepa, Bruno Nsatou, Gaétan Guerezebanga qui se sont plaint auprès des Chefs d’Etats de la CEMAC et du président de la Commission CEMAC de la gestion qui serait peu orthodoxe de ce dernier.                  L’affaire Maddof, qui a engloutie près de onze milliard de francs Cfa, les licenciements qualifiés d’abusifs par les plaignants, l’emprisonnement du diplomate Paul Gilles Nanda à la maison d’arrêt de Brazzaville, les différents placements des fonds de la BDEAC et des nombreuses missions bref, les présomptions fortes de détournement des fonds communautaires ont constituées les chefs d’accusation qui ont abouti au limogeage de l’orphelin Dologuélé Anicet Georges qui reconnaissant a pu financer plusieurs projets et études.

A cela il faut ajouter le bruit sur la candidature d’Anicet Georges Dologuélé à la présidentielle centrafricaine de 2010 qui continue à courir jusqu’à ce jour dans les artères de Bangui nonobstant que le concerné ait démenti cette affaire à Brazzaville.

Acte 3 : Air CEMAC à Brazzaville

Brazzaville devenue fréquentable et de part sa position géographique mais aussi, le Congo avec la société nouvelle Air Congo est l’unique pays au Sud du Sahara qui dispose de la flotte la plus importante après la disparition du Cameroun Air Lines.

En dehors ces atouts, il sied de rappeler en passant que Brazzaville était la deuxième base d’Air Afrique contrairement à Ndjamena qui convoitait le siège de Air CEMAC.

A partir du moment ou les fonds étaient libérés par tout les actionnaires, Air CEMAC devrait voler depuis belle lurette. On se souvient il y a quelque mois, Sassou Nguesso avait commis son ministre des Transports et de l’Aviation civil sortant, Emile Ouosso, la mission de persuader les Chefs d’Etats de la zone CEMAC pour que Brazzaville abrite le siège de la nouvelle multi nationale sous régionale. Chose qui fut fait mais il a fallu attendre le prochain sommet ordinaire de la CEMAC et céder une institution à N’Djamena pour qu’il se console certainement.

Acte 4 : La Cour des comptes à Ndjamena

Le Tchad en donnant son accord pour que le siège de la compagnie aérienne Air CEMAC soit à Brazzaville s’est vue attribuer le siège de la Cour des  comptes. Ce qui rimerait bien avec la Cour de Justice de la CEMAC qui a son siège à Ndjamena.

 Acte 5 : Des poursuites judiciaires dans la zone CEMAC

Si le Programme Economique Régionale veut être pris au sérieux par les pays du Nord et des grandes institutions occidentales, toutes les personnes prétendues coupables dans les malversations financières à la BEAC et la BDEAC doivent être sanctionnées voilà pourquoi celles-ci devraient répondre à leur chefs d’accusation dans les plus brefs délais. Au prochain sommet les résultats de cette poursuite devraient être connues.

 Actes : 6 De nomination à la BDEAC et de la BEAC

La Guinée Equatoriale, nouvelle puissance émergente du sub-Sahara avec son pétrole s’est vue attribuée le poste de gouverneur de la BEAC. Faut il le rappeler que, n’est-ce pas Obiang Nguema qui avait exiger la gouvernance tournante des institutions face à la gestion peu orthodoxe des  institutions financières pour les ressortissants du Gabon et de la RCA ?

 Acte 7 : L’adoption du programme économique

A la fin du premier trimestre 2010, l’entrée en vigueur du passeport CEMAC et l’adoption du programme économique régional seront effectifs.

Acte 8 : Coup de chapeau à Bozize

A l’unanimité, tous les chefs d’Etat et délégués au sommet de Bangui ont reconnu les efforts fournis par le président François Bozize et les Banguissois pour sécuriser leurs hôtes.

 Acte 9 : Le flou dans le communiqué final

Jusqu’au moment où nous bouclons cette édition, notre envoyé spécial posté à Bangui, nous signale que le communiqué final qui devrait être retouché n’est toujours pas prêt. Ce qui fait penser à plus d’une personne qu’il y a anguille sous roche.

Nous y reviendrons dans notre prochaine édition.

Les trois hauts responsables limogés de leurs fonctions seront jugés très bientôt par la Cour de la justice de la CEMAC à Djamena.

Nous y reviendrons dans notre prochaine édition.

Mise à jour le Jeudi, 21 Janvier 2010 21:58