Home Economie Laisser la gestion de «l’IPPTE» aux seuls dignitaires mafieux de Mpila, c’est hypothéquer l’avenir du Congo.
Laisser la gestion de «l’IPPTE» aux seuls dignitaires mafieux de Mpila, c’est hypothéquer l’avenir du Congo. PDF Imprimer Envoyer
Economie
Écrit par Talassa   
Lundi, 01 Février 2010 19:44

Nombre d’analystes économiques et d’observateurs avertis de la politique congolaise émettent déjà des réserves sur l’avenir de l’économie nationale, suite à l’accès du Congo à l’Initiative Pays Pauvres Très Endettés (PPTE). Car, l’accès à l’Initiative PPTE nécessite la poursuite, sans relâche, des  engagements devant permettre des réformes structurelles plus approfondies pour accéder à un développement plus durable.

 Comment seront gérés les services de la dette du Congo ?

Le peuple congolais et tous les observateurs ont gardé des mauvais souvenirs des divers programmes économiques inachevés et qui ont fini par glisser un à un en pleine période du boom pétrolier des années 80, avec à l’actif , le fameux Plan quinquennal, chiffré à de milliards de francs CFA, une dette extérieure contractée pendant la même période des vaches graisses qui a atteint 9.200 milliards de dollars américains en 2004.

La mémoire collective  retiendra également que M. Sassou Nguesso bénéficie des largesses des institutions financières internationales car, depuis 1979, sous Denis Sassou Nguesso 1, la manne pétrolière cumulée jusqu’à Sassou 5, porte les germes de la dette colossale contractée auprès des bailleurs de fonds internationaux de Bretton Woods, du Club de Paris et de Londres qui, asphyxie les Congolais bientôt près de trois décennies

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Attention !  Evitons ce que la Bolivie et le Nicaragua ont connu il y a quelques années

Avec l’admission très inattendue du Congo à l’initiative PPTE, les responsables du FMI, M. Oscar Mélhado et de la Banque Mondiale au Congo, M. Midou Ibrahima,  n’ont pas manqué, au cours d’une conférence de presse tenue le 29 janvier 2010 à Brazzaville, d’interpeller le gouvernement congolais sur le respect des engagements pris dans la poursuite des réformes structurelles qui, selon eux, sont des grands défis à relever par notre pays.

Ces mesures comportent entre autres, l’assainissement du climat des affaires, la promotion du secteur privé, l’amélioration du taux de croissance économique nationale, la contribution des différents secteurs au produit intérieur brut (PIB), l’émergence d’un secteur hors pétrolier très dynamique et prospère, etc.

En 2004, l’enveloppe de la dette extérieure du Congo se chiffrait à 9.200 milliards de dollars US.

L’allègement de la dette est de 3.000 milliards de dollars US d’annulation, soit 3.000 milliards assurés et 1.000 milliards conditionnés par les modalités du Club de Paris.  Le niveau de nullité de la dette en 2010 est estimé à 2.700 milliards de dollars US, ont déclaré les représentants de ces deux institutions financières internationales.

«Depuis 2004, nous avons pris ce dossier du Congo avec des réformes au niveau des investissements publics, de la transparence des ressources  pétrolières, la lutte contre la corruption.  L’initiative PPTE est un bon signe et un bon démarrage qui nous permet, aujourd’hui, d’accompagner le Congo dans le processus de développement durable», ont-ils indiqué.

Toutefois, certains experts financiers ont précisé que les services de la dette du Congo reçoivent avec cette admission, un ballon d’oxygène pour réaliser les grandes réformes dans le cadre du système macro économique mettant en œuvre le DSRP final adopté en 2008 et le Cadre de Dépenses à Moyen Terme (CDMT).

«La remise de la dette au point d’achèvement est inconditionnelle. La communauté internationale doit accompagner le Congo dans les réformes pour la poursuite de l’Initiative PPTE. Nous n’envisageons pas de dérapages à ce niveau du processus.

Il nous faut aider le Congo à observer une bonne discipline budgétaire dans la gestion socio économique des ressources financières, ont affirmé le FMI et la Banque mondiale à Brazzaville.

Que cet allègement soit bénéfique et profitable pour l’ensemble du pays.

L’expertise de Bretton Woods a démontré que le point d’achèvement à l’initiative PPTE n’est pas une fin en soi, ni un cadeau aux Etats endettés mais plutôt une étape transitoire pour le Congo à cause de son PIB.

Pour tirer sur la sonnette d’alarme, les représentants du FMI et de la Banque mondiale présents à Brazzaville, ont cité deux exemples précis de pays qui, en 2003, ont échoué après leur admission à l’initiative PPTE. Il s’agit du Nicaragua et de la Bolivie qui, après l’euphorie donc le bout du tunnel, se sont retrouvés plus endettés  qu’avant !

Le gouvernement congolais qui vient de voir le bout du tunnel se doit d’observer une rigueur permanente et une discipline budgétaire assez spéciale pour assurer une base de développement économique à travers la satisfaction des besoins vitaux des populations.

Réagissant sur l’admission du Congo à l’IPPTE, le Président du Comité technique de suivi des négociations avec les deux institutions, M. Denis Gokana a réaffirmé que le Congo doit fournir des efforts nécessaires pour asseoir une discipline nouvelle dans le but de contrôler et respecter et faire respecter toutes les réformes engagées et à engager dans la gestion des finances publiques.

Dans l’appréciation de l’atteinte du point d’achèvement de  cette initiative, le vice-président du Comité de suivi, M. Jean Jacques Bouya a avoué que c’est une grande avancée pour le pays.

Car, cette étape est le résultat de trois décennies d’efforts économiques avec tous les programmes économiques inachevés à cause des mouvements socio politiques.

«Le Congo doit profiter de cet allègement de la dette pour relancer son économie dans les secteurs productifs et générateurs d’une main d’œuvre abondante, en diversifiant les sources de revenus avec des meilleurs choix pour le Congo.

Que cet allègement soit bénéfique et profitable pour l’ensemble du pays.

Qu’il ne soit pas l’occasion privilégiée pour certains ministres, délégués, barons, DG, conseillers occultes ou officiels, députés, sénateurs et autres proches du pouvoir, de vouloir s’enrichir de plus belle, de s’engraisser et de se faire des poches, comme d’habitude.

En effet, nous avons trop échoué par le passé, essayons, donc, de nous rattraper et surtout de prendre conscience du retard accumulé par notre pays.

Ensemble, à la faveur de cette nouvelle année, pensons un peu à l’avenir et au développement du Congo qui, le 15 août 2010, totalisera ses 50 ans d’indépendance.

Signalons que le Congo est le 28ème pays à atteindre le point d’achèvement de l’IPPTE renforcée en faveur des pays pauvres très endettés.            

Le Congo devient donc ainsi éligible à l’Initiative d’Allègement de la Dette Multinationale (ADML).

A cet effet, les deux Conseils d’administration de la Banque mondiale et du FMI, tenus les 26 et 27 janvier 2010 à Washington aux USA ont encouragé tous les créanciers du Congo y compris les non membres du Club de Paris et ceux qui font l’objet de litiges, à participer pleinement à l’allègement de la dette du Congo dans le cadre de l’initiative PPTE.

Ils ont également souligné que pour préserver la viabilité de la dette du Congo à long terme, les pouvoirs publics  se doivent de maintenir, ici et maintenant, leur engagement à la discipline budgétaire, à la transparence par le biais de la mobilisation accrue des recettes non pétrolières et l’amélioration de la gouvernance.

A quoi servira notre admission si la corruption, la gabegie financière et les surfacturations sont encouragées, ici et là.

 A quoi servira alors cette admission du Congo ?

Que le gouvernement congolais prenne conscience des grands défis socio politiques et économiques à relever pour éviter que nous sombrions et nous coulions comme nous avons été habitués jusqu’ici.

Les dirigeants congolais devront tirer les leçons des échecs du Nicaragua et de la Bolivie. Congo pays très riche, se retrouve dans le giron PPTE et comment donc ?

Remontant le temps, le Congo sollicitait le statut PPTE, suite de la situation désastreuse dans laquelle il se trouvait après le règne de Sassou d’avant la Conférence nationale.

Ce pouvoir avait laissé le pays dans une situation de cessation de paiement et donc il fallait recourir aux services des gendarmes financiers du monde (FMI et Banque mondiale).

La donne ayant changé, le Congo, pays très riche, arrive à épargner des milliers de milliards mais n’est pas encore sorti de l’auberge parce qu’il est incapable de payer les dettes auprès de ses créanciers internationaux, n’est-ce pas là un paradoxe. Ne pouvait-on pas rembourser la dette extérieure avec ces milliers de milliards que vouloir encore enfoncer le pays dans les dettes ? Le pouvoir arrivera-t-il à réduire le train de vie de l’Etat avec les émoluments colossaux des parlementaires et des ministres (4 à 8 milliards) ? Arrivera-t-il à combler les besoins vitaux des populations ? Aujourd’hui les dirigeants congolais devaient avoir honte de sabler le champagne suite à l’accès au  PPTE.           Cette situation de banque route du pays était générée par les mêmes qui sont au pouvoir et donc il ne faut pas se leurrer, et si on n’y prend garde, le Congo rejoindra le Nicaragua et la Bolivie dans le camp des échoués.

Les «pauvres travailleurs», les étudiants, les retraités, les syndicats, les diplômés sans emploi et toutes les couches sociales de notre pays étaient très patients et prudents depuis la fin de la guerre du 5 Juin 1997. Il est temps qu’ils récoltent, bientôt, ce qu’ils méritent notamment les bénéfices des sacrifices énormes qu’ils ont consentis.

Le gouvernement par la preuve est attendu au tournant.

Un adage français nous apprend, quelque soit le temps, un arbre trompé dans l’eau ne se transformera jamais en caïman. Cet adage trouve toute sa signification auprès du pouvoir de Mpila avec des dignitaires qui ont plus d’un quart de siècles aux affaires mais n’ont jamais fait bouger les choses. Au contraire, ces dignitaires ont détruit  tout le tissu industriel cousu avec peine par les présidents, Fulbert Youlou et Alphonse Massamba Debat.

Nonobstant les booms pétroliers qui se sont succédés depuis Marien Ngouabi jusqu’à ce jour, curieusement, le Congo a été transformé en pays le plus endetté du monde par tête d’habitant par la faute des mauvais choix des politiques actuels qui s’enfoncent au quotidien dans une gestion peu orthodoxe.

La suite dans notre prochaine édition.

Ghys Fortune DOMBE BEMBA

Mise à jour le Mardi, 02 Février 2010 19:31