Home Economie A peine accédé à l’IPPTE, M. Sassou continue dans sa mauvaise gestion habituelle
A peine accédé à l’IPPTE, M. Sassou continue dans sa mauvaise gestion habituelle PDF Imprimer Envoyer
Economie
Écrit par Talassa   
Mardi, 16 Février 2010 18:17

L’histoire est maîtresse de tout car, elle permet à tout homme d’Etat, conscient et surtout respectueux de son peuple, de pouvoir se  mirer, se juger et surtout de se refaire.

La gestion rationnelle et programmatique d’un pays comme le Congo, ne devrait pas limiter à l’organisation des fêtes monstres, des méga meetings, des concerts de musique et à l’achat et la distribution désordonnée des pagnes et des tee-shirts à l’effigie de tel ou tel leader politique bref, des dépenses de prestige.

On croyait que, les Congolais et leur chef au premier rang qui viennent d’accéder difficilement à l’Initiative Pays Pauvres Très Endettés (IPPTE) devraient discipliner la gestion de leur économie afin de booster le développement. car, l’IPPTE ne signifie nullement la fin du calvaire ou encore le début d’une ère de dépenses ostentatoires, de gaspillage inutile des recettes publiques. Grosse erreur.

President Sassou aux Nations Unies

Pour le Président Denis Sassou Nguesso et son gouvernement, fini l’euphorie et tout le verbiage ambiant qui accompagnent jusqu’ici l’accession du Congo à l’IPPTE. L’heure est plus qu’à la rigueur et à la discipline dans la gestion des fonds publics.

Pour se faire certainement les poches, les membres des commissions et sous-commissions nommés par Denis Sassou Nguesso, demandent 27 milliards  F. CFA pour le cinquantenaire de l’indépendance du Congo.

Pour un pays comme le nôtre où la pauvreté et la misère se conjuguent au quotidien, il serait désolant et irresponsable de débloquer près de 27 milliards de FCFA pour «fêter avec éclat ! ». Et, après?

Ou bien à une race de citoyens véreux, cupides et experts dans la surfacturation ?

En effet, ceux qui composent toutes les commissions et sous commissions mises en place de préparer et organiser ces festivités du 50ème anniversaire n’inspirent aucune confiance aux yeux de l’opinion.

Nombre de Congolais se demandent si notre pays n’avait pas d’autres priorités au lieu d’engloutir près de 27 milliards de FCFA pour «fêter avec éclat et tapage» ?

Aussi, débloquer près 27 milliards de FCFA - dont 4 milliards pour la Sous-commission Communication et Médias, alors que les organes de presse ne veront que du noir. Bref, pour une fête soit-elle, celle des 50 ans d’indépendance ressemble bien à un gaspillage qui ne dit pas son nom!

En réalité avec près de 27 milliards de FCFA, des milliers d’emplois sûrs et durables peuvent bien être créés, des petits projets et des unités de production peuvent bien voir le jour ! Combien de jeunes diplômés sans emploi avons-nous, pensons-y!

La logique voudrait que nous soyons moins dépensiers que d’habitude. Que nous puissions interroger notre propre histoire. Que nous puissions nous établir notre propre bilan dans tous les domaines essentiels de la vie d’un peuple ?

Pourquoi avions-nous connu des guerres inutiles?

Après 50 ans, quelles sont les responsabilités des uns et des autres?

Malgré nos richesses naturelles, pourquoi avions-nous échoué là où certains pays africains comme la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Burkina Faso, le Sénégal par exemple, ont réussi brillamment ?

Lesquels ont été les grands  bourreaux du peuple congolais pour l’avoir conduit idiotement vers l’abattoir et dans les méandres de la misère chronique ?

Qu’est ce qui n’a pas marché depuis 1960 ? Et, pourquoi ?

Après 50 ans, quelles sont les responsabilités des uns et des autres?

Le constat s’impose

Au soir du 15 Août 2010, qu’allons nous faire pour que les choses redémarrent effectivement et que le pays se développe ? Voilà, à vrai dire, le vrai sens à donner à cette célébration du 50ème anniversaire de l’indépendance du Congo.

Le reste n’est que ruse indigène et logomachie politicienne de la part de certains dirigeants politiques qui, depuis plusieurs années, ont suffisamment montré leur limite et leur inefficacité. Ont-ils réellement changé?

La Bible à ce sujet est claire : «On ne peut pas mettre du vin nouveau dans de vieilles outres»!

Le Président Denis Sassou Nguesso lors de son message historique du 14 Août 2009 devant le Parlement réuni en Congrès à Brazzaville, avait fustigé ouvertement tous les cadres maffieux, incompétents et défaillants qui l’ont entouré et qui l’entourent encore.

Ici et maintenant, le Président Sassou Nguesso, pour avoir réussi l’épreuve de l’IPPTE, devrait plus que jamais punir les moins méritants afin de faire émerger une nouvelle race de cadres rompus et intègres.

Or, après les fameux 100 jours, les Congolais qui s’attendaient voir certains ministres moins méritants être punis, sont surpris de constater que rien n’a bougé du côté du Mpila où «tout le monde est sain et irréprochable».

Cela se résume essentiellement par le fait qu’au Congo, depuis la fin de la guerre du 5 juin 1997, nombre de cadres politiques, administratifs et militaires sont toujours en poste, sont toujours maintenus en fonction depuis plus de dix ans. Un record inégalé sous d’autres cieux.

Or, il est bien connu de tous que le maintien au même poste de toute «cette race d’hommes de main» bien connue de tous, ouvre directement la voie à la routine, au laxisme, au désordre, à la gabegie, au favoritisme et aux abus de tout genre.

Car, après avoir occupé un poste de responsabilités pendant une période de 5 ans, un cadre soit-il performant ou hyper qualifié, se doit d’être remplacé. Nul n’est indispensable ou irremplaçable !

Interrogeons notre propre conscience citoyenne

Après les échecs cuisants du Plan triennal, du Plan quinquennal,  du Programme d’Ajustement Structurel (PAS), du Programme d’Ajustement Structurel Renforcé (PASR) sans oublier les mille et une promesses de la défunte «Nouvelle Espérance», le président Denis Sassou Nguesso et tous les Congolais  devraient nécessairement tirer les leçons de tous ces échecs répétés à la faveur des festivités du 15 Août 2010.

Pour se convaincre de nos propos, il semble impérieux de faire un feed-back sur la gestion de plusieurs dignitaires actuels dont ceux qui composent les différentes commissions la manière avec laquelle ils avaient géré précédemment les différents programmes qui ont conduit le pays dans l’abime : 

Le programme triennal 

Aussitôt arrivé aux affaires en 1979, M. Sassou Nguesso lance un programme triennal (1979-1982) dans le but de développer le Congo. A cet effet, nous lisons dans le compte rendu des travaux du 3ème congrès du travail (PCT), au niveau des pages 148 et 150, dans un extrait de la déclaration de M. Sassou Nguesso : « nous avons proclamé à la face du monde notre volonté de bâtir une économie nouvelle, une économie nationale, indépendante et prospère, base de l’édification d’une société socialiste.

La concrétisation de notre volonté, de notre option implique le développement d’une industrie et d’une agriculture modernes, d’une  culture et d’une science permettant d’assurer à notre peuple une riche vie matérielle.

La création d’entreprises publiques dans tous les secteurs de vie économique et sociale de notre pays traduit notre volonté de libération nationale et constitue un acquis de la lutte de notre peuple Â».

Sur le terrain, selon de nombreux observateurs aguerris de la vie politique, économique, sociale et culturelle du pays et des témoignages concordants, la réalité a été très chaotique et très décevante.

Dans le cadre de l’agriculture, l’élevage et de la pêche, et notamment dans le domaine agroalimentaire, aucune politique digne de ce nom visant à améliorer, surtout des conditions de vie des populations rurales, les moyens de production, mais aussi la forces de production n’a été entreprise.

La transformation, dans ce cadre, des mentalités et des comportements des Congolais tant dans les compagnes qu’en milieux urbaines, n’a préoccupé aucun dinosaure de cette époque, y compris le soi-disant digne successeur de l’œuvre de l’immortel Marien Ngouabi, ce brave, courageux, vaillant, digne et valeureux fils du pays qui a été assassiné en mars 1977 par l’impérialisme avec la complicité de ses valets locaux de l’époque en l’occurrence ses fidèles compagnons de lutte.

Les paysans qui ont été invités à cette même époque avec leurs maigres moyens à produire plus, les produits plus exportables, ont été également appelés à développer davantage les cultures de rente. Cette invitation était une façon de renforcer la dépendance du pays en ce qui concerne les produits alimentaires et autres biens de consommation.

Il s’agit, à n’en point douter, de la continuation du commerce traite qui, non seulement ne peut pas permettre la fourniture des biens d’équipement aux paysans, mais rend surtout nos compagnes de plus en plus tributaires de l’étranger en biens de consommation. Ce qui justifie en partie l’appauvrissement général des populations. La   situation de nos villes demeurées presque néocoloniales en dit long.

A cette même période, la majorité de la population qui à été incitée à s’intéresser à la politique, a négligé toutes les initiatives visant à développer l’agriculture, l’élevage et la pêche. Si bien que la devise, « l’agriculture, priorités des priorités Â», a été une simple vue d’esprit.

La création des offices comme l’office national de commercialisation des produits agricoles (ONCPA), l’office national de commercialisation (OFINACOM), l’office congolais du bois (OCB) et les autres entreprises crée par le Gouvernement de l’époque, qui a permis la prise en main partielle du commerce par l’Etat, n’a pas changé grand-chose dans ce domaine. Le fiasco a été patent puisque ces entreprises se sont écroulées les unes après les autres comme des châteaux de sable du fait de leur faillite.      L’amateurisme et le manque de professionnalisme dont ont fait montre les cadres révolutionnaires qui avaient en charge la mission de gérer ces entreprises ; l’insuffisance de l’organisation est surtout leur contrôle par certains Bourgois bureaucratique sais scrupule du régime de l’époque et de quelques petits Bourgois compradores qui étaient à la solde des caciques de ce pouvoir, ont accéléré la faillite de ces sociétés. On a assisté à des trafics maffieux des marchandises et de fonds à leur profit, justifiant ainsi le marasme qu’on a connu dans ce cadre.

Il sied de signaler que malgré les grands et colossaux moyens dont on a disposé dans le cadre du programme triennal (1979-1982), le Congo a une agriculture entièrement et fondamentalement parcellaire et arriérée, où dominent la petite production paysanne individuelle, traditionnelle et un peu de bric-à-brac s’agissant de petites entreprises d’industries avec un faible impact sur l’économie nationale dans ensemble.

Au cours de ce programme triennal, l’Etat a été confronté à de sérieuses difficultés s’agissant des défis qu’il fallait relever au plan socio-économique. Comme le souligne plusieurs documents rendus publics à son terme, ce programme a connu des glissements puisque le fonds qui étaient mis en jeu, avaient été en partie détournés par ceux qui avaient été appelés à l’animé.

Il n’est pas moins important de rappeler que le Congo n’est jamais sorti du modèle de développement néocolonial qui est caractérisé par une économie extravertie, c’est-à dire conçue essentiellement en fonction des besoins de l’extérieur. Il est également hypertrophié du secteur tertiaire. Le Congo qui s’est vu assigner le rôle de pays de transit, n’arrive pas à jouer pleinement ce rôle.

Son secteur industriel demeure toujours embryonnaire, et son agriculture qui est très archaïque, est en déclin continu. Avec un marché intérieur peu développé, l’économie de ce pays est complètement désarticulée.

L’économie congolaise se traduit par la domination du capital étranger. Même les plus petits commerces sont totalement dépendants de l’étranger, des grandes puissances occidentales.

Après l’échec patent et sans pareil du programme triennal, M.Sassou et ses hommes changent de cap et proposent le plan quinquennal qui sera un autre cuisant fiasco. Découvrez : 

Le plan quinquennal (1982-1986) 

Ce plan quinquennal était conçu au tour de trois grands principes stratégiques, à savoir la reconquête du territoire et la réalisation d’un certain équilibre entre les régions, l’édification d’un appareil productif fort, le développement de l’emploi et l’amélioration du niveau de vie des congolais.

Ainsi, environ trois cents projets furent élaborés et lancés pour un montant total prévisionnel de 1,110 milliard de FCFA, ce qui correspondait à l’époque à peu près à 22 milliards de FF (Francs Français). Les deux tiers de ces projets devaient être financés sur fonds propres de l’Etat et le tiers restant devrait être réalisé par un financement acquis par emprunts.  Au bout du compte, ce sont 788 milliards de FCFA, dont 688 à la charge de l’Etat, qui ont été invertis.

Ces financements provenaient des recettes pétrolières, d’emprunts contractés auprès des grandes organisations financières internationales et des partenaires au développement dont la Banque ; le Fonds Européen de développement (FED) ; la Banque Africaine de développement (BAD) et des pays tels que la France. Le secteur d’Etat, non négligeable à l’époque, s’est révélé, en revanche, moins performant qu’on pouvait l’espérer bien qu’il ait absorbé plus de 90% des financements de ce plan quinquennal.

En dehors du pétrole et du gaz naturel, le Congo regorge de plusieurs richesses importante telles que la potasse ; plomb ; le zinc ; l’uranium ; l’or ; le cuivre ; les polymétaux et les phosphates en quantité plus ou moins abondante. Il a la chance, également, de posséder une forêt tropicale humide qui occupe près de la moitié de sa superficie et qui fournit des essences variées très appréciées à l’exportation.

Malgré l’important financement et les richesses nationales, le plan quinquennal ne soulagera pas les Congolais de la misère, de la pauvreté, de la maladie et de la faim. Rien n’a été fait pour résoudre la question cruciale de l’autosuffisance alimentaire qui a été l’un de chevaux de bataille du digne successeur de l’œuvre du commandant Marien Ngouabi, son héritier, M. Denis Sassou Nguesso. Quelques chiffres donnent la mesure du problème. 2% à peine de la superficie du Congo sont consacrés à l’agriculture, soit moins de 7.000km2. C’est notoirement insuffisant et explique pourquoi le Congo doit importer 90% de ses besoins alimentaires, avec de lourdes conséquences sur la balance extérieur.

L’agriculture, qui occupe 34% de la population active, ne représente que 13% de son produit   intérieur  Brut (PIB), y compris les produits de la pêche et ceux de la forêt. La population des Congolais a eu un impact extraordinairement négatif dans les différents secteurs vitaux du pays. Elle touche pratiquement la majorité de la population.

La suite dans notre prochaine édition.

 

Ghys Fortune DOMBE BEMBA