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Rapprochement des deux bourses de valeurs… PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Talassa   
Dimanche, 28 Février 2010 14:15

A la 10ème Conférence des chefs d’Etats de l’Afrique centrale tenue du 16 au 17 janvier 2010 à Bangui, capitale de la Centrafrique, une note de présentation du rapprochement des deux bourses de valeurs mobilières de la CEMAC a été soumise à l’appréciation des chefs d’Etats.

Après la création d’un marché boursier régional en décembre 2000, par les chefs d’Etas de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) et dont la mission de service de régulation était confiée à la Commission de Surveillance du Marché Financier (COSUMAF), l’enjeu était de doter la zone CEMAC, d’un outil de financement long qui s’ajouterait à celui du marché, ce qui aiderait à atteindre le relèvement du taux d’épargne et de l’accroissement de l’offre des capitaux ; la diversification des moyens de financement et la modification de leur structure financière dans le sens d’un renforcement des fonds propres et la réduction des coûts d’intervention et des ressources levées.

 

Une décennie après le rapprochement des deux bourses de valeurs mobilières de la CEMAC, le marché financier a fait la preuve de son utilité et le bilan bien que sommaire, est plein d’enseignements.

Au niveau de la Bourse régionale, des opérations d’emprunts obligataires ont été organisées avec succès, c’est ainsi qu’on peut retenir entre autres les cas de l’Etat gabonais, de l’entreprise commerciale ‘’Prix Import’’, la Société Financière Internationale (SFI), filiale de la Banque mondiale qui ont procédé à l’émission d’un emprunt obligataire par appel public à l’épargne ; la BGFI Bank et la BGD qui ont pour leur part initié des opérations de place privé.

Du côté du Marché financier du Cameroun, on peut retenir une levée de fonds pour réaliser, l’augmentation du capital pour le compte de l’entreprise Agro-alimentaire (SOCAPALM) et des cessions des parts de l’Etat camerounais dans les entreprises mixtes : la SEMC et la SAFACAM.

Tout compte fait, la contribution globale du marché financier de la CEMAC au financement de l’économie, s’élève à cent soixante quatorze milliards de francs CFA. Ces résultats, certes modestes, sont encourageants pour conforter la vision qu’un marché financier  en Afrique peut jouer pleinement le rôle catalyseur du financement des économies des pays membres.

Cette année, sera celle de l’achèvement de la mise en place du marché. Ce dernier se caractérisera par la coexistence de la Bourse régionale et de la Bourse nationale du Cameroun et les autres structures qui accompagnent le marché financier.

Ce marché financier de la CEMAC est tenu à résoudre deux problèmes majeurs :

- concrétiser la vision commune des chefs d’Etats sur l’intégration financière ;

- doter les deux bourses des moyens financiers adéquats.

Toutes ces solutions seront pour satisfaire le financement des Etats membres, à travers les entreprises et plus singulièrement du Plan Economique Régional (PER).

Le développement de ce  marché financier sera l’apanage de la volonté politique d’avoir un marché financier régional véritablement intégré, et en attendant d’y arriver, cette solution obéit à l’adoption d’un schéma de rapprochement de deux bourses proposé par les acteurs du marché financier et qui viserait la réalisation :

- d’une réglementation harmonisée de l’ensemble des marchés financiers de la CEMAC ;

- d’une nouvelle architecture des acteurs du marché financier afin d’institutionnaliser un cadre de coopération et d’échange d’informations entre la COSUMAF et la CMF ;

- l’harmonisation et l’unification des textes règlementaires régissant l’organisation et le fonctionnement des deux bourses ;

- la mise en place d’un passeport CEMAC en matière d’appel public à l’épargne.

L’idée de rapprochement des marchés financiers de la CEMAC, volonté renouvelée par le Président Paul Biya du Cameroun a été soutenue par le comité ministériel de l’Union Monétaire de l’Afrique Centrale (UMAC) d’avoir un marché financier de la CEMAC, véritablement intégré, grâce au rapprochement des deux places boursières.

L’autorité de régulation du marché financier, face à ce consensus, a demandé à la Conférence des chefs d’Etats de tout mettre en œuvre pour diligenter le rapprochement des marchés de la CEMAC, ce qui scellerait tous les pays de la CEMAC dans un vaste ensemble économique et monétaire, qui conférerait de nombreux avantages.

De ce fait, le marché financier véritablement régional et intégré de la CEMAC serait, en n’en point douter, une solution réelle au problème de financement du plan économique de la CEMAC.

Du communiqué final sanctionnant les travaux de la 10ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etats de la CEMAC, on pouvait retenir que la Conférence a suivi respectivement le rapport présenté par la Gouverneur de la BEAC, le Président de la BDEAC, le Secrétaire général de la COBAC et le Président de la COSUMAF.

Le Président de la COSUMAF, intervenant en dernier lieu dans l’examen de ce point, a précisé qu’«au cours de dix années de son existence, le marché financier de la CEMAC a contribué pour cent quatorze milliards de francs CFA au financement des économies des pays membres.

Pour permettre le développement du marché financier sous-régional, il nécessaire de rapprocher les places boursières de Douala et de Libreville et les doter des moyens financiers conséquents a-t-il précisé.

La Conférence a pris acte de cette présentation et a instruit la COSUMAF à entreprendre des actions permettant d’harmoniser les procédures des deux marchés financiers existants dans la sous-région.

Attendons de voir !

Ghys Fortune DOMBE BEMBA