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Le nouveau gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC), l’Equato-guinéen, Lucas Abaga Nchama, a relevé le 16 février 2010 dans la capitale congolaise, une forte réduction du taux de la croissance économique dans la sous-région en 2009, suivant les études macroéconomiques menées récemment par les services de la Banque centrale.
Parmi les indicateurs ayant favorisé cette baisse de la croissance économique sous-régionale, il a été retenu un ralentissement prononcé de l’activité, avec une croissance du Produit intérieur brut (PIB) réel estimé à 2,4% en 2009, contre 4,1% en 2008, un recul important de l’excédent budgétaire, base engagements, hors dons, qui a atteint 1% du PIB en 2009 contre 11,5% du PIB en 2008 et une dégradation du compte extérieur courant qui a enregistré un déficit de 9 ;7% du PIB en 2004, contre un excédent de 2,5% du PIB un an plus tôt.
Dressant le tableau succinct de l’environnement économique sous régional dans lequel va évoluer le nouveau directeur national de la BEAC pour le Congo, M. Cédric Jovial Ondaye Ebauh investi dans ses nouvelles fonctions le 16 février dernier à Brazzaville, le gouverneur de la Banque Centrale, a souligné que les tensions inflationnistes bien qu’en repli sont restés au dessus de la norme communautaire de 3%, se situent à la fin 2009 autour de 4,1% contre 5,9% en 2008.
Sur le plan de la situation monétaire, le taux de couverture de la monnaie est restée confortable, autour de 102% au 31 décembre 2009, contre 101,6% à la fin de décembre 2008, a précisé l’expertise de la BEAC.
Compte tenu de l’environnement international défavorable et de l’accentuation de la crise financière, le Comité de Politique Monétaire de la BEAC a orienté son action d’une part vers le maintien de l’absorption de la surliquidité en laissant quasi inchangé les taux de réserve obligatoire et d’autre part, vers le soutien de l’activité et l’allègement du coût du crédit à travers l’assouplissement de ses conditions d’intervention, en réduisant progressivement le principal taux directeur de la BEAC (TIAO) de 5,5% à 4,75% en décembre 2008, puis à 4,5% en mars 2009 et enfin à 4,25% depuis le mois de juillet 2009, a-t-on appris.
En effet, la situation comptable de la BEAC fait ressortir au niveau des avoirs extérieurs bruts de 6.577,9 milliards de FCFA au 30 novembre 2009 contre 6.987,8 milliards de FCFA un an auparavant, soit une baisse de 5,9%.
Cependant, des signes d’une timide reprise sont notables en ce début d’année. Car, selon le Fonds Monétaire International (FMI), la croissance mondiale passerait de -0, 8% en 2009 à 3,9% en 2010 et celle de l’Afrique sub saharienne de 1,4% à 4%, a fait savoir la Banque Centrale.
«Evoquant les économies de la Communauté Economique et Monétaire des Etats de l’Afrique Centrale (CEMAC), le gouverneur de la BEAC a déclaré que le taux de croissance du PIB réel devrait se situer autour de 4,1% soutenu par la rigueur de la consommation privée, le raffermissement des investissements publics et le dynamisme du secteur non pétrolier.
Le taux d’inflation resterait contenu en deçà de la norme communautaire tandis que les finances publiques s’amélioreraient en liaison avec le maintien à un niveau élevé des cours du pétrole.
«L’année 2009, a été marquée sur le plan international par l’entrée en récession des économies avancées avec pour corollaire la faillite des entreprises, la dégradation du marché de l’emploi, la poursuite des plans de relance et des politiques monétaires, etc.
La crise financière née d’une dérive des crédits hypothécaires en Amérique du Nord s’est vite transformée en crise économique mondiale, par l’effet d’une forte baisse de la demande mondiale qui a pesé sur les cours des principales matières premières exportées par les pays de la CEMAC, a-t-il évoqué à Brazzaville.
En outre, s’adressant au nouveau Directeur national de la BEAC pour le Congo, le Gouverneur de la Banque centrale, M. Ondaye Ebauh a plaidé pour la poursuite du processus engagé visant à situer l’Institut d’Emission au niveau des standards internationaux des banques centrales, tout en veillant particulièrement à la qualité de la circulation fiduciaire et au bon fonctionnement des systèmes et moyens de paiement.
De par vos fonctions, vous êtes aussi conseiller financier du gouvernement congolais et gouverneur suppléant au FMI.
Il s’agit là des rôles importants et complexes qu’il vous faudra assumer avec sérénité et efficacité dans le contexte actuel de mondialisation et de crise financière » a-t-il déclaré auprès de M. Ondaye Ebauh.
A cette même occasion, le gouverneur de la BEAC a rappelé également que le statut de responsable de la Banque impose des contraintes particulières notamment le respect de principes d’indépendance et de neutralité, l’incompatibilité entre l’exercice de cette fonction et les activités à caractère commercial et politique.
Bouana Leho
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