| La veuve Thystère Tchicaya embarrassée et le receveur Makoundou coincé à la Maison d’Arrêt pendant que le maire Viaudo se la coule douce. |
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| Écrit par Talassa |
| Jeudi, 25 Mars 2010 14:09 |
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L’affaire de la disparition récente de plus de deux milliards de francs Cfa à la mairie centrale de Pointe-Noire continue de défrayer la chronique dans la ville océane depuis l’incarcération de Bernadette Thystère Tchicaya qui fait actuellement des crises d’hypertension. Tant tout le monde en parle avec frénésie. Non sans souhaiter vivement l’interpellation du député maire de Pointe-Noire par les tribunaux afin qu’il dise ce qu’il en sait. Dans un bus de la ligne 3 (centre ville jusqu’au quartier Mongo Kamba). Un enseignant et un infirmier causent. La conversation est axée sur un seul sujet. « Roland Bouiti Viaudo est-il ou non impliqué dans la disparition de ces deux milliards sept cent cinquante six millions quarante six mille huit cent cinquante quatre (2.756.046.854) francs Cfa (environ 4.240.072 €) ? », s’interroge pétrifié l’enseignant. «Le montant est trop élevé, dit l’infirmier. Mais n’oublions pas que tout est possible au Congo. Notre histoire est très riche en détournements des fonds publics ». Dans un restaurant de « ngulu mu mako » du quartier Mvoumvou, l’affaire fait partie du menu discursif. Entre deux morceaux de banane et de viande de porc, deux agents de douane parlent eux aussi de ce qu’ils ont appelé « l’un des scandales financiers de l’histoire de Pointe-Noire ». Ces deux fonctionnaires congolais partagent les interrogations de Talassa. «Comment Clément Makoundou, percepteur principal, pouvait-il détourner tout cet argent en un an et demi sans que la municipalité ne s’en soit aperçue ? Comment comprendre qu’on se soit précipité à incarcérer Makoundou alors que sa culpabilité n’est pas encore établie à l’issue d’un procès équitable ? Et bien entendu, dans une telle affaire, le premier responsable de l’institution devrait également être entendu. Mais pourquoi ne le fait-on pas ? ». D’où ce commentaire : «entendre le maire de la ville, ne veut pas dire qu’on le culpabilise déjà . Cela s’apparente à l’affaire des disparus du beach où la première autorité qui était pointée du doigt était le Chef de l’Etat. Et au finish, puisque la justice avait démontré son innocence ainsi que celle de ses collaborateurs (peu importe la manière déplorable dont le procès a été mené), tous les accusés ont été purement et simplement acquittés alors que les parties civiles ont été indemnisées». Mais, au moment où se célébrait dans la honte totale à Oyo le premier anniversaire d’Edith Bongo, Bernadette Thystère Tchicaya a été arrêtée puis incarcérée à la maison d’arrêt de Pointe-Noire, au motif qu’elle devrait fuir alors qu’il y avait une information judiciaire ouverte contre sa personne. Et suite à l’incarcération de l’épouse de feu Thystère Tchicaya, les commentaires de tout genre fusent de toutes les lèvres des habitants de la capitale économique. Pour les uns, cette arrestation est normale, car « il faut mettre en exécution la philosophie du chef de l’Etat, s’agissant du changement des mentalités et de la lutte contre les antivaleurs », selon un membre d’une église de réveil qui souhaite même que « la société civile examine ce problème et se constitue partie civile, car c’est l’argent du peuple congolais ». Pour les autres, l’arrestation est un arbre qui cache la forêt. « Pourquoi n’avoir pas placé Bernadette en résidence surveillée plutôt de la jeter en prison ? », s’interroge un enseignant avant de souligner « qu’elle n’est pas la première au Congo à être impliquée dans ce genre de problèmes. Il y a bien des gens qui ont fait pire que cela. Qu’a-t-on fait d’eux ? Cette arrestation ne doit-elle pas avoir des motivations politiques et/ou tribalistes ? » Certains encore vont plus loin. Ils souhaitent que tous les personnages directement ou indirectement impliqués soient entendus par les tribunaux. Or, estiment-ils, Roland Bouiti Viaudo continue de se la couler douce. «Il ne s’agit pas pour nous d’oublier que c’est un élu local qui jouit d’une certaine immunité. Mais qu’il sache que c’est un élu de nos élus et que c’est nous qui l’avons mandaté pour gérer de façon orthodoxe la chose publique. Ainsi, en tant que mandataires, les populations ont-elles tort d’exiger du Maire Viaudo des explications ? Ce serait même la manière la plus noble et démocratique de prouver son innocence ! Au lieu de paniquer en envoyant ses collaborateurs çà et là pour le dédouaner maladroitement, il serait judicieux pour le Maire de se dépouiller de son immunité et se présenter devant le juge avant que la hiérarchie le lui impose ». Semblables à un réquisitoire, ces propos sont ceux d’un jeune de étudiant en transit. Pour cet habitant de Tchimbamba, le Maire doit coûte que coûte répondre devant la justice. Et que la société civile doit regarder minutieusement cette affaire. Le TPG Ngondo serait entendu sur la disparition des milliards à Pointe-Noire Au moment où nous bouclons cette édition, nous venons d’apprendre que le directeur général du trésor public venait d’être entendu lui aussi par le juge. Dans nos prochaines éditions, nous donnerons de plus amples informations sur ce détournement et l’entretien que nous aurons avec le juge, s’il nous reçoit. En outre, nous nous efforcerons de décrire tous les mécanismes de gestion des collectivités locales. Ça va saigner. Gardez votre souffle ! Ghys Fortuné Dombé Bemba  |
| Mise à jour le Vendredi, 26 Mars 2010 17:58 |


