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Lesquels qui encouragent la rareté du ciment ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Talassa   
Jeudi, 26 Août 2010 09:22

Lesquels  qui encouragent la rareté du ciment ?

 

A Pointe-Noire, la pénurie du ciment avec tout son cortège de conséquences, est une endémie économique. Chaque fois qu’on l’éradique, elle revient au galop. Les commerçants dits véreux sont montrés du doigt. Et l’administration fait quoi dans tout cela ?

«Mon chantier est pour l’instant arrêté. J’attends qu’il y ait du ciment chez le grossiste pour pouvoir continuer les travaux. Or, depuis plus de huit mois, on nous fait savoir qu’il n’y a toujours pas de ciment au port ». Ces propos sont souvent entendus des habitants de Pointe-Noire.

L’obtention du ciment est un véritable casse-tête. Plus terrible que le casse-tête chinois.

Si les grossistes évoquent souvent la carence de ciment au niveau du port, l’administration, elle, jure la main sur la poitrine, qu’il y a arrivage continuel du ciment au port. Et en mi-août, une brigade de la direction départementale du commerce a intercepté au niveau de Ngoyo, quartier sud de Pointe-Noire, sept camions transportant plus de cinq cents tonnes de ciment vers le Cabinda (Angola).

Pour l’administration, le convoi a été immobilisé parce que «les propriétaires ne possédaient pas d’autorisation de réexportation », selon l’expression d’une source de ladite direction. «Le ciment est en abondance au port de Pointe-Noire . Malheureusement dans les dépôts, le ciment n’est pas disponible. Et la conséquence est que le prix augmente, parce que la demande ayant augmenté, les commerçants spéculent», expliquait récemment à une chaîne locale de télévision, Gustave Mabiala, chef de service de la répression des fraudes.

 

Connaissant parfaitement bien le phénomène, l’administration ne tarde pas à le décrier. «Les commerçants font la rétention des stocks pour livrer et acheminer de nuit le produit au Cabinda voisin qui est un marché plus juteux que celui de Pointe-Noire », souligne encore Gustave Mabiala avant d’ajouter que des mesures ont été prises pour arrêter ce mal. Parmi ces mesures : l’interdiction par la préfecture de la circulation des camions de ciment pendant la nuit, c’est-à-dire entre 18 heures et six heures.

 

L’administration doit cacher quelque chose !

Il y a quelques mois encore, après les efforts de l’administration commerciale qui s’était totalement impliquée dans la lutte contre la vie chère, le ciment était maintenant classé parmi les denrées les moins chères à Pointe-Noire. En ce temps-là, tout mercanti (commerçant malhonnête) était dénoncé à travers les médias ou par le « numéro vert ». Aujourd’hui, c’est la même administration avec les mêmes moyens et les mêmes prérogatives qui tombe dans le laxisme.

Et d’où vient que le ciment redevienne rare là où il ne devrait pas l’être ? Surtout que c’est à l’endroit par lequel il arrive dans notre pays ? C’est l’énigme que l’actuelle crème administrative du commerce devrait élucider.

En attendant, l’on est en droit de se demander si cette pénurie qu’on pourrait qualifier d’artificielle, n’est pas alimentée par eux-mêmes, les cadres de la direction départementale. Si ce n’est pas vrai, certains d’entre eux peuvent être dans ces réseaux maffieux. Et tout le monde sait que les grands maffiosi fonctionnent toujours avec l’administration. Et elle-même Claudine Munari ? Il faut bien qu’on pense à la ministre du commerce, car on l’a toujours vue très dynamique à Brazzaville.

En bonne «dame de fer», elle descend souvent sur le terrain pour traquer ces maquignons de grand chemin. Et pourquoi pas à Pointe-Noire ? C’est le pari du cinquantenaire à venir. Le précédent ayant été célébré avec faste malgré l’indescriptible misère dans laquelle se débattent comme les naufragés du « Titanic », plus de trois millions de Congolais.

 

John Ndinga-Ngoma

 

Mise à jour le Jeudi, 26 Août 2010 09:23