| Sur les sentiers sinueux de l’industrialisation |
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| Écrit par Talassa |
| Jeudi, 24 Mars 2011 07:35 |
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Eclairage sur les contraintes qui bloquent le système industriel congolais Dans le domaine industriel, notre pays n’a cessé de trainer un mal qui est bien connu de tout le monde, il s’agit du manque de culture et de tradition industrielle. En effet, il est hasardeux et très risqué de parler de l’industrialisation au Congo en raison de l’absence de petites manufactures, des ateliers et de petites unités de fabrication artisanale de produits de première nécessité. A cela, s’ajoute, depuis l’accession de notre pays à l’indépendance, en Août 1960, une inadéquation des politiques de formation avec les besoins réels de l’industrie nationale. Une autre contrainte de taille demeure l’administration qui subit une fiscalité lourde et des procédures administratives onéreuses, le manque d’institutions financières de développement et, enfin, l’inexistence de textes juridiques susceptibles de règlementer l’activité industrielle dans notre pays. Au nombre des contraintes, il y a aussi l’absence ou l’insuffisance des infrastructures de transport, d’énergie, le pétrole, le gaz et l’hydraulique, les communications et télécommunications, les industries de développement notamment la mécanique, véritable clé de voûte de l’initiative industrielle. De l’avis de nombreux observateurs, l’environnement national et international caractérisé par des tensions et des crises perpétuelles apparaît aussi comme l’une des contraintes majeures. Le Congo, classé dans la liste des pays sous développés ne semble pas bénéficier des faveurs et surtout des opportunités qui s’offrent aux autres pays de la planète notamment ceux de l’Asie du Sud Est et de l’Amérique Latine où naissent les pays émergents d’aujourd’hui et de demain. Il y a, enfin, l’absence d’interaction entre d’une part l’Université Marien N’Gouabi, les Centres de Recherche relevant de la Délégation Générale à la Recherche Scientifique et Technologique (DGRST) et de l’autre le monde de l’industrie et de l’économie qui, chez nous, évoluent très souvent en vase clos. Les entreprises industrielles et les prescripteurs de projets n’entretiennent pas de rapports directs et francs avec les Centres de recherche et les laboratoires. La valorisation des résultats de recherche et la diffusion à grande échelle des acquis technologiques sont à revoir et à réajuster afin de pouvoir booster le secteur industriel au Congo. Il en est de même pour la vulgarisation des projets de technologie, des inventions et des innovations qui devraient bénéficier de budgets conséquents et d’importants moyens matériels et humains de la part des gouvernants. Or, il est navrant de constater qu’au Congo, la recherche scientifique, l’université Marien Ngouabi et les établissements d’enseignement supérieur spécialisés à savoir la Faculté des Sciences, l’Ecole Nationale Supérieure et Polytechnique (ENSP), les laboratoires publics et privés de recherche y compris toutes les unités de recherche et d’initiation des projets technologiques travaillent en vase clos, sans collaboration et sans attaches réelles devant permettre la réalisation effective des projets agro industriels par exemple.
Des contraintes spécifiques…. On note, ici et là , l’insuffisance des capacités du management et l’absence d’infrastructures énergétiques et de transport adaptées au secteur industriel. Les coûts des facteurs de production très élevés obèrent de plus en plus la compétitivité des industries au niveau national et sous-régional. Une autre contrainte spécifique demeure sans doute la baisse du pouvoir d’achat sans oublier la dépendance chronique de l’industrie actuelle par rapport aux biens primaires, intermédiaires et d’équipements importés constitue un frein important au développement de l’industrie au Congo. L’étroitesse du marché national et la non matérialisation de la politique d’intégration économique des pays de la CEMAC sont des handicaps. Une autre plaie non négligeable demeure la politisation à outrance des cadres, les nominations à caractère politico tribal et la mauvaise gestion des ressources humaines. Et, l’absence d’épargne publique et privée en faveur de l’investissement nouveau sont autant de goulots d’étranglement qui ont bloqué et bloquent jusqu’aujourd’hui l’essor de notre industrie. Le refus de certains opérateurs économiques Congolais de participer aux opérations de promotion des productions industrielles congolaises à l’occasion des foires internationales, est suicidaire. Enfin, il y a lieu de relever les mille et un obstacles de nature réglementaire liés à la multiplicité et à l’incohérence des textes réglementaires. C’est ce qui explique sans doute le fait que le 21 novembre 2010, les festivités relatives à la célébration de la Journée Mondiale de l’Industrie au Congo, n’ont eu aucun impact et se sont déroulées dans une sorte d’indifférence qui laisse à désirer. Que tous les grands Evangélistes du «Chemin d’Avenir» tournent désormais leur regard vers l’industrie et profitent intelligemment des orientations utiles contenues dans leur livre de chevet afin de donner à notre beau pays un tissu industriel digne d’un Etat du Bassin du Congo, arrosé par un grand fleuve et doté de richesses minières, floristiques et fauniques et inestimables.
Amos COLOMBE & Nicole MASSAKA MBEMBA |
| Mise à jour le Jeudi, 24 Mars 2011 07:36 |


