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Combien d’armes sont en libre circulation République Démocratique du Congo ? PDF Imprimer Envoyer
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Écrit par Talassa   
Lundi, 01 Février 2010 18:03

Personne en République Démocratique du Congo n’est en mesure de répondre avec exactitude à cette épineuse question. Néamoins selon le pasteur Daniel Ngoy Mulunda, président du Programme oecuménique de paix, transformation des conflits et réconciliation (PAREC), quelques 22.000 armes ont été récupérées depuis 2005 dans plusieurs provinces de la République Démocratique du Congo - 9.565 armes ont été récupérées au Nord-Katanga entre 2005 et 2007, 361 à Bukavu durant une semaine en 2006 et 12.090 armes à feu et de guerre à Kinshasa de novembre 2008 à mai 2009.

 Les armes récupérées par Parec Kinshasa, la capitale congolaise

Lors de la précampagne lancée du 11 au 21 novembre 2008, le Parec dans son opération «Arme contre 100 $» a récupéré 258 armes à feu, 956 grenades et 2 caisses de munitions.

Dans le district de la Lukunga, les opérations menées successivement à Barumbu, Kintambo, Ngaliema, Mont-Ngafula et Bandalungwa s’étendant sur la période allant du 22 novembre 2008 au 12 mai 2009 ont permis la récupération de 2.098 armes à feu, 48 bombes, 841 grenades, 1.735 chargeurs et une caisse de munitions.

Le troisième site de Mont Amba, a enregistré le résultat suivant 1039 armes à feu, 17 bombes, 688 grenades et 1.308 chargeurs garnis.

Les communes touchées ont été Limete, Lemba et Matete sur la période allant du 3 mai au 11 décembre avec des jours d’intervalle. Le quatrième site concerné était celui de la Funa avec les communes de Ngiri-Ngiri et Kalamu.

Du 15 au 16 décembre avec une pause le 17, 701 armes à feu, 26 bombes, 626 grenades et 761 chargeurs garnis.

A la Tshangu, considérée comme une commune chaude de la ville de Kinshasa et qui constituait le cinquième site de récupération, 1.821 armes à feu, 64 bombes, 1.347 grenades et 2.082 chargeurs garnis ne causeront plus la mort et la désolation dans les familles de paisibles congolais. Pendant la période du 27 novembre 2008 janvier-février 2009, au siège du Programme oecuménique de paix, transformation des conflits et réconciliation des armes ont été également récupérés. Il s’agit de 2.098 armes à feu, 48 bombes, 941 grenades et 1.735 chargeurs garnis.

Comme pour boucler la boucle, la Tshangu rafle la palme de la commune où circulait d’énormes quantités d’engins de la mort.

Le démarrage de l’opération de pacification dans les trois provinces de l’Est de la RDC, à savoir la province Orientale, le Nord et le Sud Kivu aura lieu à Bukavu le 28 janvier 2010. Dans toute la partie orientale l’opération a été revue à la baisse «arme contre 50 dollars»  Au delà de la récolte abondante réalisée par la Parec à Kinshasa de vraies questions inquiétantes subsistent :

D’où proviennent toutes ces armes ?

Pourquoi les Congolais ont-ils pris goût aux armes à feu ? L’opération «arme contre 50 ou 100 dollars», n’est-il pas un appel d’air pour les marchands d’armes ?

N’y a-t-il pas une autre solution que de racheter les armes auprès des civiles ?

Au Congo, existe-il une loi qui autorise à une personne civile de posseder des armes chez lui ?

Que fait l’Etat Congolais dont l’une des fonctions régaliennes consiste à protéger les biens et les personnes ?

Les bénéficaires intentionnés ne risquent-ils pas de se procurer de nouvelles armes et perpétuer l’insécurité ?

Dans un pays comme la République démocratique du Congo où les seigneurs de guerre, les combattants, les miliciens... jouissent de l’impunité et ont compris qu’il suffit de tuer, violer, massacrer pour accéder au poste de responsabilité, l’opération «arme contre 50 dollars» peut paraître comme un appel de l’air pour tous les passionnés de la kalachkinov.

Belle initiative certes mais très risquée car l’objectif premier devrait plutôt être d’éradiquer la possession des armes à feu par les populations civiles et non pas se contenter de l’achat de ces armes.

 Freddy Mulongo

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