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Polémique sur la présidentielle en RCA PDF Imprimer Envoyer
International
Écrit par Talassa   
Lundi, 01 Février 2010 18:16

Bozizé obligé de calmer le jeu pour le prochain scrutin présidentiel

Ne dit-on pas que celui qui veut aller loin, doit ménager sa monture, mais aussi réunir toutes les conditions nécessaires pour se prémunir de tous les dangers et les incidents malheureux ? Est-ce pour ces raisons plus ou moins voilées que le pasteur général président de la République Centrafrique (RCA), M. François Bozizé, veut-il inscrire, coûte que coûte, toutes les initiatives prises par lui sur le renforcement de la commission électorale ?

En effet, depuis le 30 Janvier 2010, le Président Bozizé a plaidé à Bangui, à l’issue d’une rencontre avec les partis politiques et la société civile, pour le renforcement de la Commission Electorale Indépendante (CEI) par des experts issus de structures indépendantes telles que l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) et le Conseil National de la Médiation.

Tout en proposant la dissolution des comités locaux, d’ambassade et de consulats, mais aussi la réalisation d’un audit des finances de la CEI, lors de cette rencontre qui s’est déroulé en présence du corps diplomatique en poste dans le pays, le chef de l’Etat a soutenu que toutes ces dispositions vont permettre d’éviter les «petites erreurs» constatées par les partis d’opposition et de crédibiliser la CEI dont la mission fondamentale est de préparer et d’organiser les élections présidentielles et législatives prévues pour avril prochain.

L’Ambassadeur des Etats-Unis à Bangui, M. Frederik Coock, a appelé les groupes militaro-politiques à baisser les armes et à s’engager dans le processus de reconstruction du pays dans la paix, exhortant également le gouvernement centrafricain à redoubler d’ardeur dans la mise en Å“uvre de la bonne gouvernance et de  la protection de toute la population.

Selon lui, «les élections transparentes, justes et équitables, sont très importantes parce qu’elles constituent un moyen par lequel un gouvernement peut-être bien établi pour guider et protéger la population du pays».

Prélude à cela, le 29 janvier

2010 à Bangui, le leader du Parti Social Démocrate (PSD), M. Enoch Derant Lakoué, avait souligné la nécessité pour le gouvernement d’organiser une concertation avec tous les acteurs impliqués dans le processus électoral afin d’aplanir leurs différends avant la tenue des différentes compétitions électorales prévues dans le pays.

«Les élections ne doivent pas se tenir dans une situation d’incompréhension et il faut bien arranger les pas de danse pour que ceux qui iront à ces élections soient rassurés de la transparence des urnes afin d’éviter que les perdants ne reprennent les armes au lendemain de la proclamation», a dit M. Dérant Lakoué à l’ouverture des travaux du 3ème congrès de son parti. Il a par ailleurs déploré le retard accusé dans la mise en oeuvre du programme de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion qui conditionne le bon déroulement des prochaines élections.

Selon le Président du PSD, l’objectif de ce congrès est de faire un bilan après 10 ans d’activité, choisir les candidats du parti pour les législatives prochaines et décider qui représentera le parti à l’élection présidentielle.

Par ailleurs, le président de la CEI, le Pasteur Joseph Binguimalé, a annoncé le 27 janvier 2010 à Bangui que le fichier et le matériel électoraux des consultations de 2005, qui étaient stockés à l’antenne de la Banque mondiale située au quartier combattant dans le 8ème arrondissement de la capitale centrafricaine, ont été retrouvés en bon état.

Il préfère dans ce cadre «parler de la révision électorale au lieu du recensement». « lorsque vous prenez n’importe quel registre, vous verrez qu’il y a des noms qui sont restés intactes, et c’est depuis 2005 que ces listes n’ont pas été déplacées, on a évité la manipulation».

27 Janvier 2010

«Le succès des élections prévues pour avril 2010, et la mise en Å“uvre effective du programme de DDR, vont déterminer le destin politique du pays, a déclaré  la représentante spéciale du Secrétaire Général en République centrafricaine, Mme Sahle-Work Zewde, devant le Conseil de sécurité.

Mme Sahle-Work Zewde a en outre déclaré que l’insécurité générée par les groupes armés ayant refusé de se joindre aux processus de paix, les mouvements de l’armée de libération du Seigneur-LRA, dans certaines zones du pays et le retard pris dans la mise en œuvre de volets du programme de DDR, représentaient une menace grave à la poursuite de l’ensemble du processus de paix en république centrafricaine.

De son côté, Jan Grauls, Président de la Formation République Centrafricaine de la Commission de Consolidation de la Paix, représentant permanent de la Belgique auprès des Nations-Unies, a estimé que toutes les conditions politiques et de sécurité préalables ne semblent pas encore en place, citant les récents accrochages à Ndélé qui « témoignent de la persistance de tensions interethniques dans le nord-est  du pays, alors que, dans le nord-ouest, des embuscades exposent à des risques, le déploiement d’observateurs militaires.

Malgré les bonnes intentions du Président Bozizé qui le font démarquer de certains dictateurs africains, et au regard de toutes les difficultés auxquelles la Centrafrique est confronté, peut-on dire que les choses iront comme sur des rails lors des prochaines échéances électorales ?

Voilà pourquoi, le président centrafricain devrait être interpellé pour que les élections soient libres, transparentes et démocratiques, susceptibles de permettre l’émergence de l’Etat de droit, respectueux des droits de l’homme et de la bonne gouvernance.

Enfin, Ange Félix Patassé demande une enquête sur le mort de Massi.

 

Ghys Fortune DOMBE BEMBA