Home International A bâtons rompus, le président de l’UMAC, Besse parle des réformes et de la présidentielle en RCA
A bâtons rompus, le président de l’UMAC, Besse parle des réformes et de la présidentielle en RCA PDF Imprimer Envoyer
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Écrit par Administrator   
Mardi, 09 Février 2010 15:40

M. Albert Besse, Ministre centrafricain des finances et du budget 

Le nouveau Président de l’Union Monétaire de l’Afrique Centrale (UMAC), M. Albert Besse, a relevé le 6 février 2010 à Brazzaville, dans une interview,  que les différentes crises financières et économiques ont affecté les pays de la zone UMAC, dans plusieurs domaines et particulièrement les produits essentiels de l’exportation tels que le pétrole, le gaz, le coton et le bois, ainsi que ceux issus de l’agriculture. 

M. Albert Besse qui est actuellement  Ministre centrafricain des finances et du budget, a pris la tête de l’UMAC à la faveur du principe de rotation décidé dans ce cadre, depuis le 10ème sommet des Chefs d’Etat de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), tenu à Bangui en République Centrafricaine.

S’agissant de la question inhérente à la santé de cette Union et aux réformes en cours, M. Albert Besse a soutenu qu’à la suite de ces différentes crises, des perturbations importantes ont été signalées également au niveau de la croissance de l’économie de la sous région.

«Quand cela arrive évidemment au niveau de la monnaie, il y a des difficultés qui naissent. Nous avons connu des problèmes des placements, notamment ceux effectués par la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) et  la Banque de Développement des Etats  de l’Afrique Centrale (BDEAC), sur les produits premiers», a-t-il expliqué.

«Comme nous sommes rattachés à l’euro, a poursuivi le nouveau Président de l’UMAC, nous n’avons pas connu trop de perturbations sauf dans les dépôts pour l’achat des produits toxiques ou des produits trop risqués. c’est ce qui a causé la perturbation.

Mais, à part les quelques produits que j’ai cité, la zone est restée solide parce que nous sommes arrimés à l’euro qui n’a pas beaucoup flotté».

«Je voulais vous dire que la santé de l’UMAC comme toute autre institution a été un peu égratignée, mais cela n’a pas atteint la solidité de l’UMAC, de la zone sur laquelle nous travaillons», a fait savoir Besse, précisant que depuis un certain temps des réformes ont été entamées suite au constat fait d’abord par les établissements eux-mêmes.

L’institut de l’émission a constaté que son modèle était devenu un peu archaïque et il fallait donc entamer des réformes profondes et s’arrimer aux normes internationales. Des réformes étaient en cours depuis un certain temps et se sont poursuivies normalement avec les appels aux audits extérieurs, conseils extérieurs et surtout avec la participation active de notre partenaire monétaire qui est la France, a-t-on appris.

Pour le Président de l’UMAC, ces réformes suivent normalement leur cours et comme le fait ressortir le communiqué final du sommet de Bangui qui a consacré la rotation et leur poursuite. Â«Sur ce point précis, a-t-il déclaré, il n’y a pratiquement aucun problème, car les réformes continuent normalement tant au niveau de la BDEAC et de la BEAC.

Parlant du dernier sommet de la CEMAC qui, pour de nombreux observateurs, certaines choses n’ont pas été respectées dans le cadre de la rotation, par exemple, où le Congo ne s’est retrouvé nulle part, sinon à la Présidence de la CEMAC, le Ministre centrafricain a répondu que ce sommet a été très spécial.

«Vous avez constaté que les Chefs d’Etat sont restés 48 heures sur place et, je puis vous avouer, puisque j’ai assuré la présidence du Conseil des Ministres de la CEMAC, que les Chefs d’Etats ont travaillé comme des experts. Ils ont pris leur temps pour examiner toutes les questions en travaillant comme des experts avant la publication des décisions finales du sommet», a-t-il fait remarquer. A son avis, les Chefs d’Etat ont décidé d’une série d’actes à poser. Il fallait vraiment s’entourer de toutes les précautions pour ne pas qu’il y ait une mauvaise interprétation d’une décision sortie du sommet de Bangui.

Répondant à l’assertion selon laquelle la Centrafrique n’a rien eu dans le cadre de ce sommet, M. Besse a souligné qu’il était trop hâtif de l’affirmer de cette manière. «Les Chefs d’Etat se sont donnés rendez-vous pour un sommet extraordinaire qui se tiendra certainement à Malabo. Cela voudrait dire que les Chefs d’Etat se sont entourés de beaucoup de prudence sur la décision qui a été prise à Bangui en ce qui concerne la rotation des postes».

La décision a été prise. Certains domaines ont été tranchés et d’autres doivent par contre faire l’objet d’un examen. A ce propos le Ministre centrafricain croit qu’il y a des questions de fond qui méritent d’être réexaminer et le travail est en train d’être fait par tous les experts, les Ministres, le Président de la Commission et tous ceux qui ont reçu mission des Chefs d’ Etat pour leur présenter ce dossier. D’ici peu, toutes ces préoccupations trouveront des solutions adéquates.

Abordant la question relative aux aménagements décidés récemment par le Président centrafricain concernant la Commission électorale indépendante, le Président de l’UMAC a estimé que le principe même du Chef de l’Etat, M. François Bozizé se  fonde sur des solutions consensuelles. Il est question de respecter un mandat. «Nous sommes partis sur un mandat, il faut le respecter pour que la prochaine élection se tienne.   Il y a des voix discordantes qui s’élèvent, il va falloir les entendre qu’il y ait le consensus. On a parlé du dialogue inclusif de Bangui de fin 2008. C’est sur cette base que le Gouvernement et surtout le Chef de l’Etat travaillent», a-t-il relevé.

C’est pour cela qu’un appel a été fait aux organismes qui ont en leur sein des spécialistes des questions électorales pour très rapidement regarder ce qui se passe,  donner davantage d’appui au Gouvernement et avancer pour que les échéances électorales prévues dans le pays se tiennent aux dates précises.

«S’agissant du recensement c’est sont des opérations d’ordre matériel qui peuvent se faire en une semaine, au maximum dix jours. Toutes les structures chargées de faire ce travail sont en place et, je crois que ce travail ne prendra même pas du temps. Ils sont même sur le terrain a ce que je sache, le recensement à démarré depuis très longtemps. Je crois que d’ici une semaine ou dix jours le recensement sera déjà fait. Il restera sûrement le choix des candidats et ensuite la campagne. L’élection présidentielle centrafricaine se tiendra à la date indiquée», a-t-il confirmé.

Pour les questions sécuritaires et financières afin de garantir des élections transparentes en Centrafrique, M. Besse a rappelé que le processus électoral se prépare normalement avec le budget de l’Etat exercice 2010 et les appuis de l’extérieur.

Au plan sécuritaire, il a expliqué qu’à la fin du dialogue politique inclusif, tous les acteurs de la crise centrafricaine s’étaient engagés à parler d’une seule voix. C’est pourquoi le Gouvernement d’union a été mis en place en janvier 2009.

Une réponse a  été donnée lors d’une conférence animée par le Chef de l’Etat centrafricain, avec tous les partis politiques, pour dire que le dialogue inclusif  a tout tranché. Entre temps, le pays fonctionnait dans le cadre de la concertation permanente  et on ne peut plus parler de rébellion.

Pour le Président de l’UMAC, le Gouvernement a été mis en place pour l’application du Document de Stratégie pour la Réduction de la Pauvreté (DSRP), qui a comme premier pilier la paix et la sécurité. Sur ce sujet le travail a été fait et appuyé  par la  CEEAC, l’Union européenne et  la France, tout ce monde travail sur cette question, a-t-il conclu.