Home International 17/20 à l’armée nigérienne qui crée un désordre mental à Mpila et ailleurs
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Écrit par Talassa   
Dimanche, 28 Février 2010 15:55

Dans nos précédentes éditions, nous avons scruté la question sur la revision des constitutions en Afrique et leurs conséquences. Dans la foulé, nous avons prédit l’imminence de la chutte de Tandja. Aujourd’hui l’histoire vient de donner raison à Talassa. Ceux qui caressaient jusqu’ici le rêve d’imiter le plan diabolique de Mamahadou Tandja viennent de se raviser !

Depuis 1974, les pages très sombres de l’histoire politique du Niger ne cessent de nous dérouler ses images insolites et ses scenarii les plus ubuesques, ponctués par un cortège de coups d’Etat depuis la destitution du Président Amani Diori, premier Président de la République du Niger.

Le bourreau et sa victime

 

Ce qui vient de se passer à Niamey, le 18 février 2010, à 13 heures, en est une parfaite illustration. En effet, en plein Conseil des ministres, le Président Mamahadou Tandja âgé de 72 ans, a été destitué et chassé du pouvoir par un groupe d’officiers et de sous officiers conduits par le Commandant Djibo Salou, âgé de 45 ans. Ce brave officier a été formé en Côte d’Ivoire, au Maroc et en Chine.  Il a été, 5 ans durant, à la tête de la 121ème Compagnie de Commandement d’Appui et des Services en charge de l’Artillerie lourde.

Dans la foulé, un Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocratie (CSRD) a été érrigé pour conduire les destinées du pays. Il est dirigé par le Commandant Djibo Salou suivi des Colonels Djibrila Amidou Ima alias «Pelé», Adamou Arouna et Goukoye Abdoul karim.

Ce coup d’Etat militaire met ainsi fin au règne très contesté de l’ancien Président Mamahadou Tandja qui, après deux mandats de 5 ans à la tête du pays, avait réussi à paralyser la vie démocratique, en modifiant maladroitement, depuis le 3 août 1999, la Constitution nigérienne dans le but démoniaque de s’éterniser au pouvoir comme un grand Empereur !

Malheur donc aux chefs d’Etat africains qui, ces dernières années, ne se gênent pas de modifier les Constitutions de leur pays dans le seul but macabre  d’étouffer l’alternance démocratique en s’éternisant au pouvoir. Cette ruse politicienne est dramatique et porteuse de germes destructeurs pour nos régimes iniques et impopulaires.

Très arrogant et narcissique, Tandja se croyait hyper puissant, infaillible et capable de tout ; bravant la CEDEAO, l’Union Africaine et l’ensemble de la communauté internationale.

Erreur. Il avait sans doute oublié que depuis 1974, le coup d’Etat militaire est devenu un sport national au Niger où tous les anciens présidents à savoir Amani Diori, Seynou Kountché, Barré Mainassara ont été écartés du pouvoir par les armes.

Au regard de ce qui précède, la réaction des militaires membres du Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocratie (CSRD), dirigé par le jeune Commandant Djibo Salou ne s’est pas faite attendre. Le dictateur Tandja et sa soldatesque de triste mémoire n’ont pas résisté au coup de force des éléments de la junte qui, depuis le 18 février 2010, contrôlent tout le pays. On a dénombré près de 10 morts, a déclaré le Colonel Goukoye, porte parole du CSRD.

Depuis quelques jours, le calme a été rétabli au Niger où ce coup d’Etat militaire a été salué par de nombreux citoyens et par l’ensemble des leaders de l’opposition qui ne cessait de condamner et de s’opposer aux pantalonnades de Mamahadou Tandja et ses collabos maffieux.

Comme quoi, le peuple nigérien vient de mettre fin à l’aventure rocambolesque de la bande à Mahamadou Tandja a déclaré le Capitaine Arouna, un membre influent du Conseil suprême pour la restauration de la démocratie.

En clair, ceux qui en Afrique se comportent toujours en despote en s’entourant de milliers de gardes de corps et d’espions zélés, devraient réviser leurs positions en respectant les dispositions constitutionnelles.

Tous les chefs d’Etat africains qui espéraient voir le «coup d’Etat électoral» de Mahamadou Tandja réussir au Niger pour s’en inspirer, ont déjà intérêt à respecter la Constitution de leurs pays respectifs.

Certains chefs d’Etat africains qui ont soutenu, en sourdine, le dictateur Mahamadou Tandja et ses courtisans, sont aujourd’hui surpris et confondus par la tournure des évènements de Niamey. Qui l’aurait cru ?

Pour avoir forcé le destin, modifié la Constitution et  déconsidéré le peuple nigérien, Tandja vient d’être chassé du pouvoir comme un «vulgaire chenapan» par un groupe d’officiers intègres, loyalistes, courageux, braves et décidés à redorer le blason du Niger, un pays riche qui a été pris en otage par l’impénitent Tandja.

Le peuple qui se sent désormais libéré a vibré ! Puisque depuis le samedi dernier, plusieurs meetings populaires en faveur du Commandant Djibo Salou et la junte au pouvoir sont organisés ici et là à Niamey, Zinder, Tindouf et dans  les autres villes du Niger, Moussa Kaka a même repris  de faire ses reportages de RFI.

Les six chefs d’Etat africains présents à Bamako, le 19 février dernier ont accueilli favorablement la volonté affichée de la junte de rétablir le processus démocratique en actualisant les institutions républicaines d’avant le 3 août 2009.

Aux officiers supérieurs de nos armées respectives de prendre résolument conscience ; de s’inspirer intelligemment de ce qui vient de se dérouler au Niger pour éviter de sacrifier idiotement l’avenir de nos pays qui se meurent après 50 ans d’indépendance.

Il revient aux fossoyeurs de la démocratie de tirer les leçons de ce que viennent de connaître le dictateur Tandja et ses faux magistrats qui ont Å“uvré dans ce vaste complot contre le peuple visant à faire de Tandja, un homme incontournable, irremplaçable et inusable !

Or, il est bien connu de tous que la défense de la République, implique obligatoirement pour les militaires, le strict respect de la Constitution, donc de la volonté affichée du peuple souverain.

Voilà pourquoi, au lieu de verser idiotement dans la corruption, le tribalisme, le népotisme et l’embourgeoisement ambiant, un groupe d’officiers nigériens, très courageux, est arrivé à bout de celui qui, non seulement, martyrisait son propre peuple, émasculait les opposants mais se prenait aussi, il y a quelques jours, pour un demi dieu vivant en modifiant la Constitution de son pays. Où en sommes-nous ?

 Jacques Chirac est-il un prophète ?

20 ans après, les propos controversés et polémistes de l’ancien Président français Jacques Chirac, demeurent encore d’actualité et méritent sans doute des analyses et quelques commentaires au regard de nombreux abus et dérives démocratiques que vivent les peuples africains.

Au Togo, au Congo, en Côte d’Ivoire, au Cameroun, Kenya, Gabon, Tchad, Niger, notamment, le processus démocratique a du mal à s’enraciner et à être accepté et appliqué.

La dissolution de la commission chargée d’organiser les élections en Côte d’Ivoire, suscite plusieurs interrogations.

Le coup d’Etat militaire survenu récemment au Niger en dit long. Ce dernier événement devait faire réfléchir beaucoup de dictateurs africains moribonds, des véritables tigres en papier qui ne sont plus aimés par leur peuple qu’ils martyrisent, oppriment, oppressent et exploitent, pillant également toutes les richesses de leurs pays.

Ces tyrans, valets locaux et chiens couchants de l’impérialisme, s’accrochent au pouvoir grâce aux Forces armées de leurs pays et des milices composées des parents et éléments issus de leurs villages, et départements d’où ils sont originaires, ne veulent pas entendre parler d’organisation des élections libres et transparentes.

 Jacques Chirac n’avait-il pas raison ?

Etait-il un prophète quand il avait dit que les Africains n’ont pas encore la maturité de gérer de façon démocratique leur pays ? Voulait-il en des termes plus voilés, démontrer que la plupart des vieux qui veulent, coûte que coûte mourir au pouvoir dans leurs pays ne sont que des pauvres types qui doivent apprendre ce que c’est la civilisation ?

En effet, après toutes les conférences nationales souveraines organisées en Afrique depuis 1990, on assiste ici et là au manque de transparence, à la manipulation du fichier électoral, à la multiplication des élections truquées, des magouilles, des coups d’Etat et des bruits de bottes.

A cela, il convient d’ajouter le tribalisme, les intolérances, le clientélisme politique, les abus, le tripatouillage des listes électorales et tout le désordre politico- ambiant qui caractérisent nos jeunes démocraties africaines.

Or, ce qui importe dans l’organisation d’une élection, c’est sa conformité aux règles de l’équité, de transparence et de justice, y compris la mise en place d’une véritable Commission Electorale Indépendante (CEI) qui doit être réellement indépendante et autonome.

En février 1990, lors d’une interview sur Europe 1, la journaliste Catherine Nay demanda à Jacques Chirac, qui n’était pas encore chef de l’Etat, «s’il n’était pas un peu raciste de dénier aux Africains, le droit d’avoir plusieurs partis comme n’importe quel citoyen du monde.»

Jacques Chirac avait répondu que «la caractéristique des pays d’Afrique, c’est d’être divisés, non pas par l’idéologie. Il n’y a pas d’affrontement idéologique entre Africains dans tel ou tel pays, mais des divisions ethniques. Il y a dans ces pays un très grand nombre de tribus qui ont leurs traditions, qui ont leur culture, qui ont leur histoire et qui se sont toujours battus.»

«Le grand effort des dirigeants modernes de ces pays depuis les indépendances, c’est de rassembler ensemble ces gens, de les faire s’entendre et de réaliser l’unité nationale et l’effort de redressement. Dès que vous envisagez la création, comme cela, simplement parce que l’Europe considère que c’est bien, d’un certain nombre de partis, ce que je peux comprendre, que se passe t-il ? Vous avez immédiatement un parti par tribu et au lieu d’avoir la démocratie, vous avez l’affrontement et un risque d’anarchie. Il faut tout de même réfléchir avant d’imposer à tous, ses certitudes.

La démocratie peut revêtir un certain nombre de formes. J’entendais tout à l’heure qu’on avait le choix entre un parti et un autre parti. Cela n’a aucun sens en Afrique où il n’y a pas de clivages idéologiques, a-t-il également expliqué à cette même occasion.

Au regard de ce qui précède, le pouvoir a des velléités d’organiser un référenfum afin de modifier la Constitution pour premettre au Président de pérenniser son pouvoir au mépris de l’article 185 alinéa 3. Prendre cette initiative serait un véritable mépris du souverain primaire qui avait déjà refusé cette disposition. Un tel référendum n’aurait aucune régularité ni validité.

Selon nos informations, l’annonce de la destitution de Tandja a crée un désordre mental à Mpila, notamment auprès de certains dignitaires qui voulaient pousser M. Sassou Nguesso à violer l’article 185 de la Constitution. S’il y a un conseil à donner à notre papa Sassou Nguesso, c’est d’aller se réposer au bord de l’Alima à Oyo à la fin de son deuxième et dernier mandat. Il rentrera alors dans l’histoire.

Nous y reviendrons.

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