Home Politique Eviter d’embraser la RDC, comme la Côte d’Ivoire, il y a quelques mois…
Eviter d’embraser la RDC, comme la Côte d’Ivoire, il y a quelques mois… PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Talassa   
Mercredi, 30 Novembre 2011 19:42

En bon berger, le cardinal Mossengwo appelle tous les candidats à privilégier la paix

Comme il fallait s’y attendre, tous les démons de l’enfer et les anges de malheur semblent avoir repris du service en République Démocratique du Congo, depuis le lancement de la campagne électorale, depuis le 28 octobre 2011.  Tout le monde en parle, ici et là, à Kinshasa et sa banlieue où, selon plusieurs sources concordantes, les nuits sont de plus en plus longues et ponctuées par des actes crapuleux et exécrables : arrestations, intimidations, manifestations publiques perturbées, menaces, provocations et tous les péchés d’Israël réunis. C’est le comble.

Don Quichotte est peut-être cannois. Ruiné par l’Etat voyou du Congo, M. Serge Berrebi, 62 ans, aurait renoncé à récupérer un jour les 18 millions d’euros  que lui devait, paraît-il, le président congolais Sassou Nguesso. Mais pas à ce que justice soit faite au peuple congolais et aux contribuables français ! En fin de semaine dernière, ce chef d’entreprise cannois aurait déposé plainte pour « aux et usage de faux» auprès du parquet de Paris, contre Dominique Strauss-Kahn et le FMI. Rien de moins !

Le motif Ã©voqué dans cette affaire : «ce serait sur la base de « rapports falsifiés et en connaissance de cause» que le FMI a, en septembre 2010, engagé la France à effacer les 2,6 milliards d’euros de la dette du Congo». «Moi, dans cette histoire, je suis deux fois le dindon de la farce. Je ne récupère pas l’argent que le Congo a été condamné à une rendre. Je paye et mes enfants paieront longtemps, en tant que contribuables, une partie de ce cadeau fait à un Etat voyou, poursuivi depuis 2007 dans le cadre de l’enquête internationale sur les biens mal acquis», explique M. Berrebi .

«La vertu falsifiée»

Cette plainte, M. Serge Berrebi aurait décidé de ne plus la retenir, en apprenant que les dignitaires de l’Etat du Congo continueraient  d’exfiltrer des dizaines de millions d’euros hors de leur pays, en toute impunité. «Je viens dénoncer ce que tout le monde sait au FMI, à la Banque mondiale, en France, à droite comme à gauche. Le Congo avait largement les moyens de s’acquitter de sa dette. Et le pire, c’est que ce cadeau somptuaire ne sert même pas à sortir le peuple congolais de l’épouvantable misère dans laquelle ses dirigeants le maintiennent». «L’incrimination serait justifiée par la falsification présumée de rapports du FMI, établis, selon M. Serge Berrebi, dans le seul but de présenter le Congo comme un Etat vertueux. Telle est, en effet, la condition sine qua non à l’effacement de la dette d’un Etat pauvre».

M. Serge Berrebi a fait savoir : «Avant qu’on ne lui fasse cadeau d’une ardoise de 2,6 milliards d’euros, le Congo devait rembourser ses débiteurs contentieux. Le FMI, en 2007, l’avait ordonné. Et en avait dressé la liste : un fonds de pensions américain et Serge Berrebi». Sauf qu’en septembre 2010, ma créance est subitement déclassée, sur la base de taux rapports. Couverte par une étrange clause de confidentialité, celle du fonds de pensions est, en revanche, acquittée pour la bagatelle de 939 millions de dollars… alors qu’un rapport d’audit de KPMG l’évaluait à seulement 350 millions. On pensait sans doute qu’un petit chef d’entreprise cannois ne viendra pas mettre son grain de sable dans cette magouille. On se trompe».

L’or noir tombé du ciel et «rétro-charité Â» ?

Jusqu’à quel point ? Serge Berrebi, en tout cas, ne voudrait rien lâcher. Il accumulerait ce qu’il estime  être des preuves irréfutables d’une complicité entre le FMI et l’Etat congolais. «Depuis longtemps, des proches de M. Strauss-Kahn Å“uvraient auprès de M. Sassou Nguesso pour maquiller ce pays riche de pétrole et de diamants en un pays pauvre, pour qu’il obtienne un effacement quasi-total de ses dettes», raconte-t-il.

Dans quel but ? Au profit de qui ? Serge Berrebi laisse le soin à la justice de l’établir, même s’il évoque «une rétro-charité», il ne manque cependant pas de rappeler qu’en septembre 2010, les compagnies pétrolières française Total et italienne l’ENI, n’ont attendu qu’une quinzaine de jours après la décision du FMI…  pour révéler que 300 millions de barils de pétrole allaient pouvoir être extraits du gisement de Moho-Bilondo.

« Qui peut croire qu’une telle manne a été découverte en deux semaines. Qui peut croire que le FMI, la banque mondiale et le Club de Paris ignoraient qu’au prix actuel du brut, cet or noir rapporterait, sur dix ans, 15 à 20 milliards de dollars à la République du Congo. Â»

De quoi, il est vrai, payer dix fois une dette qui pèse désormais sur le dos des contribuables… alors que, sur fond de plan d’austérité, la France cherche aujourd’hui des milliards partout !

Jean-François ROUBAUD

Mise à jour le Mercredi, 30 Novembre 2011 19:43