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Alerte à la crise alimentaire en Afrique noire PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Talassa   
Mercredi, 30 Novembre 2011 19:56

La chute de 50% des budgets consacrés à la recherche agricole inquiète la FAO

La sécurité alimentaire se définit par la possibilité pour tous les êtres humains d’avoir accès à une nourriture saine et nutritive en qualité suffisante. Or, un milliard de personnes sont encore sous-alimentées dans le monde soit 100 millions de plus qu’en 2008, un chiffre en augmentation depuis dix ans. La conjoncture économique mondiale est un nouveau coup porté à ceux qui sont en situation d’insécurité alimentaire et aux plus vulnérables.

En outre, il est très désolant de constater qu’en Afrique, les gouvernements allouent, chaque année, de gros budgets évalués à plusieurs centaines de milliards de FCFA pour l’achat des équipements militaires très sophistiqués, le recrutement et la formation des milliers de soldats et agents de l’ordre. A l’inverse, les sommes allouées au secteur agropastoral notamment à la production et la recherche agricoles sont, pour la plupart, insuffisants voire négligeables au cours des dix dernières années.

Au cours de ces dix dernières années, combien d’africains arrivent-ils réellement à se nourrir et à bien manger convenablement chaque jour ? Combien de fois mangeons-nous ? Mangeons-nous ou grignotons- nous vraiment à notre faim ?  En réalité, que mangeons-nous réellement dans nos foyers respectifs ? Au Congo, ce que nous mangeons est-il très riche, varié et sain ? Après le repas, quelle place accordons-nous au dessert notamment aux fruits, aux crustacés  et au vin de table ?

En effet, cela n’est un secret pour personne, en Afrique, les  sommes consacrées à la recherche et au développement agricoles ont chuté de plus de 50% en dix ans. La FAO prévoit que pour assurer la sécurité alimentaire pour une population mondiale croissante, la production agricole devra augmenter de 70% en 2050, avec des investissements annuels nets de 83 milliards de dollars (53 milliards £) dans le secteur agricole des pays en développement. En 2015, nous devrions avoir réduit de moitié le nombre de personnes sous alimentées dans le monde, selon les Objectifs du Millénaire et ceux du Sommet mondial de l’Alimentation. La date approche à grands pas. Pourtant, le chiffre est loin d’être atteint et principalement en raison d’investissements financiers insuffisants, conséquence notamment de la crise financière et économique.

Le rapport sur les OMD aborde l’impact de la crise sur l’alimentation et la manière dont les plus démunis y ont répondu. Cinq études de cas conduites par le Programme alimentaire mondial (PAM) dans les pays africains touchés par ce fléau étayent le bilan.

Elles ont été rédigées à partir d’entretiens directs avec les populations les plus en difficulté au Soudan, au Kenya, au Mali, en Ethiopie, au Zimbabwe, en Erythrée, en Somalie, au Ghana et en Zambie.

Si, auparavant les pays africains étaient plus protégés, ils paient aujourd’hui au prix fort leur intégration au marché mondial. D’où, depuis plus de dix ans, la dépendance alimentaire des Etats africains dont le Congo qui déboursent plusieurs milliards de FCFA  pour l’importation des produits alimentaires de première nécessité comme le lait, la viande, le poisson, les farines et autres.

Le nombre d’Africains et surtout de Congolais mal nourris, sous-alimentés ou se nourrissant par hasard est toujours en hausse depuis la fin de la guerre du 5 Juin 1997. Et, dans la plupart des foyers, le nombre de repas par jour a diminué de 3, il y a quelques années à un (1) seul petit repas de fortune, maigre et sans dessert !

Voilà autant de questions qui devraient interpeller la conscience collective et surtout préoccuper les gouvernants, les ONGs et tous les partenaires nationaux et internationaux impliqués directement ou indirectement dans la gestion des politiques en faveur de l’alimentation.

Car, manger à sa faim est un droit de l’homme fondamental, consacré par le droit international. Mais, la crise alimentaire et la récession mondiale des deux dernières années ont sérieusement aggravé l’insécurité alimentaire. Le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde en développement est passé de 848 millions pour la période 2003-2005 à 1,02 milliard en 2009, selon la FAO. Dans de nombreux pays en voie de développement et notamment au Congo, la récession a eu un impact négatif profond sur le commerce, le crédit, l’aide et l’investissement étrangers, et les transferts de fonds.

Confrontés à ces sombres perspectives, le briefing de Bruxelles de décembre 2009 a examiné, les principaux défis et options pour faire face. Organisé conjointement par le CTA, l’UE et le Secrétariat ACP et certains groupes internationaux, ils ont attiré un public actif de décideurs politiques, praticiens du développement et représentants des Etats membres de l’Union Européenne, de la société civile, des réseaux de recherche et d’organisations internationales.

L’un des deux panels a examiné l’effet domino de la spéculation accrue sur les marchés alimentaires. Le second s’est interrogé sur les mesures concrètes à prendre pour un marché alimentaire mondial et local viable. Parmi les pistes explorées, la constitution de stocks alimentaires, des stratégies de protection sociale, le développement des cultures sous utilisées et le renforcement des marchés locaux afin de garantir une meilleure sécurité alimentaire et la qualité. Autres demandes importantes : créer un système mondial de prévision des pénuries alimentaires et investir dans la recherche pour accroître les disponibilités alimentaires.

Combien de Congolais mangent régulièrement à table de la viande fraîche, la papaye, l’avocat, les crustacés, le poisson d’eau douce, le yaourt, la banane, l’ananas, le safou, etc.  Combien de fois les Congolais mangent-ils par jour ? Et, qu’est ce qu’ils mangent en réalité ? Parmi les solutions préconisées par le Congo et les autres les gouvernements africains, on note une augmentation substantielle des investissements dans le secteur agricole (notamment en biens publics) et le développement de programmes de protection en cas de nécessité. Au Congo, à la faveur du « Chemin d’Avenir Â», un vaste programme de construction de Nouveaux Villages Agricoles a été initié par le Gouvernement grâce à l’appui de certains partenaires internationaux.

Ce projet agro pastoral est en train de voir le jour, dans le Département du Pool,  sur le long de la Route Nationale N° 2 au Nord de Brazzaville. De vastes étendues de terre sont en train d’être exploitées, sans oublier, le développement de l’élevage et de la pisciculture par quelques fermiers Congolais triés sur le volet. Mais, jusqu’ici, l’impact de ce projet ambitieux tarde à produire ses effets dans l’assiette du Congolais lambada qui, chaque jour, se nourrit à peine. Le souhait serait de voir tous les marchés de Brazzaville être inondés de tonnes de manioc, de légumes, de poulets, de fruits, d’œuf, etc. Or, jusqu’ici, rien ne rassure encore sur la réussite totale de ce projet ambitieux car, très souvent, chez-nous, ce type de projet finissent toujours par «glisser et échouer».

Hier, tous les beaux discours avaient proclamé «L’agriculture, la priorité des priorités», plus de trois décennies après ses slogans incantatoires, la flambée des prix des denrées alimentaires, l’insécurité alimentaire, la mal nutrition et la malbouffe sont encore très loin d’être vaincus ; en raison, sans doute, de la mal gouvernance, la cupidité, l’impunité et la gabegie dont jouissent nombre de gestionnaires des projets agricoles qui, pour la plupart,  n’ont pas le cÅ“ur à l’ouvrage.

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Mise à jour le Mercredi, 30 Novembre 2011 19:57