| Comme dans le livre des «Contes de la brousse et de la forêt» |
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| Écrit par Talassa |
| Mercredi, 30 Novembre 2011 20:02 |
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Ewo 2012, le plan de Mboulou ou du pouvoir, rejeté !
Au-delà de l’impressionnante unanimité et des images fétiches orchestrées, ces jours-ci par la télévision et les radios officielles ; il faut bien se rendre à l’évidence : il y a comme quelque chose de «faussé» ou de «piégé» dans le futur dialogue d’Ewo qui fait déjà couler de salive et de sueur chaude.
Cela vient, sans doute, de l’impossibilité de traduire, dans les faits, des engagements pris publiquement - en pleine conscience -, et à la face du monde, au nom de la nécessité d’apaiser le climat politique national sur lequel plane encore des zones d’ombre et des agendas cachés : modification de la constitution du 20 janvier 2002, création d’un poste de vice-président de la République, etc. Mais le pouvoir n’arrive pas, depuis, à convaincre de la cohérence de sa démarche, menacée, à notre avis par deux ambigüités regrettables. La première apparait dans les efforts à peine maquillés du PCT et ses faucons, pour être à la fois juge et partie, au lieu d’en référer logiquement au bon sens et surtout à l’entregent des prin-cipes et critères qui accompagnent la convocation d’un dialogue politique sincère et mutuellement fructueux. Un peu plus que d’habitude, le ministre Raymond Zéphyrin Mboulou devrait déjà s’y atteler. Aussi, le bon sens voudrait que la future concertation politique d’Ewo n’accouche d’une grosse souris blanche. Où en est-on, jusqu’à ce jour, avec l’ordre du jour de la future concertation d’Ewo et tous les préalables paralysants qui ne manqueront pas de surgir ? Sinon, à quoi servirait alors le rendez-vous, semble-t-il, piégé d’Ewo que l’ARD et tout le reste de l’opposition viennent de rejeter en bloc ? La deuxième tient à la convocation, sur cette question, d’un double langage. Si Brazzaville est, en effet, pavoisée d’intentions géantes et de banderoles signifiant, à l’envi, la paix, la tolérance, le respect des droits et libertés des citoyens, le dialogue et la fraternité, il n’y a toujours pas la moindre velléité concrète de franchise et de confiance en direction des leaders de l’opposition et des acteurs de la société civile qui, très souvent, n’ont cessé d’être intimidés, menacés et interdits d’exercer leur rôle ! Le choix d’Ewo, comme site du débat, a été décidé de manière unilatérale par le PCT et ses sous-traitants. Et l’ordre du jour de cette concertation proposé par le ministre Mboulou ne reçoit pas l’assentiment de l’opposition. Au regard de ce qui précède, le rendez-vous d’Ewo ne devrait en aucune manière être un énième mensonge à la paix et à la démocratie pluraliste ? Qui sait ? Là , se situe tout de même la responsabilité du pouvoir et de l’opposition, appelés, ensemble, à s’entendre sur l’essentiel. Or, il est navrant de constater le fait que notre classe politique très falote, se laisse très souvent emportée par la l’orgueil, l’esprit de domination, la mauvaise foi, la haine et ce que certains observateurs qualifient de «sorcellerie politique des leaders politiques congolais». Si nous voulons que notre pays ne soit plus rangé dans la liste noire des pays «pseudo démocratiques», il est temps de reconfigurer notre logiciel politico mental afin qu’il s’adapte, ici et maintenant, aux exigences de l’heure qui, se doivent de répondre aux attentes pressantes de la cité : le peuple, l’opposition, la société civile, les diplômés sans emplois, etc. Pour ne l’avoir pas compris et intériorisé à temps, le colonel Kadhafi, Laurent Gbagbo, Hosni Moubarak, Ben Ali et leurs courtisans zélés ont fini par être confondus par le vent de l’histoire qui souffle à vive allure sur le continent. Enfin, si nous voulons que l’histoire de ce pays, ait, enfin, un sens, le PCT et ses sous-traitants devraient s’efforcer, encore et encore, à civiliser la pratique de la démocratie dans notre pays ; à maîtriser leur nature et à rendre conforme à la raison, l’ordre de la vie en commun, qui fonde durablement l’exercice de la démocratie et le respect des droits et libertés des citoyens.
Hors de là , point de salut ! Le succès de la future rencontre d’Ewo est à ce prix. Rien qu’à ce prix. Car, il ne s’agit de rien d’autre que, prosaïquement, de donner un contenu concret à la notion de démocratie, de liberté, de tolérance, donc de respect scrupuleux des lois et des valeurs républicaines. 53 ans après la fondation de la République du Congo et 51 ans après la proclamation de notre indépendance, empruntons, sans hésiter, la voie du réalisme politique et de la vérité. Sans maquillage inutile et sans ruse indigène, au lieu de faire, sans arrêt, dans la dictature sauvage, les boucs émissaires et la prose déclaratoire, le peuple congolais, des forêts jusqu’à la savane, attend fiévreusement la tenue réussie de la concertation d’Ewo qui, avouons-le, balisera le chemin des législatives de 2012 et la présidentielle de 2016. Les préalables paralysants que l’on note, ici et là , dans la mise en œuvre de ce dialogue d’Ewo, viennent d’abord des manquements graves à la lettre et à l’esprit de la culture démocratique en mal de valorisation ou de visibilité, chez-nous. Il ne faut pas s’y tromper ! Bien sûr, il n’est pas toujours facile au Congo, de négocier d’une position de force ou de pouvoir. Et, ce n’est pas forcément un trait caractéristique des peuples Bantous qui, excédés, par les privations, la pauvreté accélérée, le tribalisme et le chômage chronique des milliers de jeunes, n’hésiteront pas d’expérimenter, tôt ou tard, ce que d’aucuns craignent à savoir le printemps Bantou. Affaire à suivre !
Ghys Fortuné DOMBE BEMBA |
| Mise à jour le Mercredi, 30 Novembre 2011 20:03 |


