| Concession en catimini des aéroports de Brazzaville, de Pointe-Noire et d’Ollombo |
|
|
|
| Politique |
| Écrit par Talassa |
| Mercredi, 13 Janvier 2010 18:11 |
|
M. Bouya a-t-il trompé M. Sassou, ou sont-ils tous dans la haute magouille ?
Il est de notoriété publique que la procédure d’étatisation, comme celle de désétatisation, sont de la compétence du parlement qui doit, par un vote, en approuver le bien fondé. Il est aussi une évidence, que la concession, qui est par nature un contrat par lequel l’Etat autorise une personne morale privée moyennant une redevance à réaliser pour son compte un ouvrage public, ne serrait se concrétiser sans concertation avec les partenaires sociaux: les syndicats. La concession, qui est en réalité une privatisation déguisée, ne peut se faire sans altérer la relation de travail, c’est à dire la relation employeur-salariés.
En effet, à l’employeur initial concédant devrait succéder une personne morale privée. Ce qui signifie que la lancinante question de modification de la situation juridique de l’employeur avec toutes ses conséquences, devrait se poser avec acuité. Dans notre pays, il est une vérité de La Palice, qu’en dépit de l’existence du dispositif légal (loi n°45/75 du 15 mars 1975, instituant un code de travail en République Populaire du Congo, notamment en son article 45), la situation du travailleur, en pareille occurrence, est très précaire. Souvent, le nouvel employeur (le concessionnaire), obnubilé beaucoup plus par le profit que par la satisfaction d’intérêt général, exige de l’ancien employeur, avant la prise des rênes, le licenciement du personnel. Sous le fallacieux prétexte de la réorganisation de l’entreprise (qui est un droit absolu), il reconduit qui il veut à des nouvelles conditions. La pratique sociale congolaise, qui jette en pâture le personnel des entreprises liquidées ou privatisées (cas de la CIDOLOU; de l’ONPT...) devrait inciter le président de la République M. Denis Sassou Nguesso et le ministre Jean Jacques Bouya à plus de prudence et de lucidité, sachant que la concession de l’ANAC au groupe Allemand EGIS SEGAP, si jamais elle avait lieu, se traduirait obligatoirement par le renforcement du marché des chômeurs, des laissés pour compte, mais aussi des contestataires au Congo. Dans ce pays où la grogne sociale prend des proportions inquiétantes, notamment avec l’avertissement de la FETRASSEIC qui est un signe qui ne trompe pas. C’est ce qui se passe malheureusement, depuis quelques temps, au niveau de l’Agence Nationale de l’Aviation Civile (ANAC) où les aéroports internationaux de Maya-Maya (Brazzaville), d’Agosthino Neto (Pointe-Noire) et d’Ollombo viennent d’être subitement concédés de manière improvisée, atypique et totalement insolite. Le maître d’œuvre de cette action n’est autre que le Ministre Jean Jacques Bouya, Délégué Général des Grands Travaux (DGGT) qui, sans doute, aurait bénéficié de l’aval de son mentor et maître à penser le Président Denis Sassou Nguesso. Or, il est bien connu de tous que l’ANAC est une entreprise publique jouissant de l’autonomie de gestion financière qui, jusqu’ici, fonctionne à merveille. Des efforts certains ont été réalisés, ici et là , ces dernières années. A preuve, la gestion financière, les formations professionnelles et surtout les différents travaux d’aménagement des installations aéroportuaires réalisés entre 2007 et début 2009. Au regard de ce qui précède, rien ne justifie aujourd’hui la concession des aéroports de Maya-Maya, Antonio Agostinho Neto et Ollombo à un consortium allemand. Cela pour quelques raisons évidentes: - Ces aéroports sont encore en chantier depuis quelques années ; - L’Assemblée Nationale et le Sénat n’ont jamais été informés, saisis ou associés directement dans la conduite et l’appréciation de ce dossier fumant relatif à la concession des trois (03) aéroports de notre pays; - Les travailleurs de l’ANAC et l’ensemble des syndicats et partenaires sociaux n’ont pas été préparés et sensibilisés à temps au sujet de cette fameuse concession ou privatisation de quelques aéroports de notre pays ; - Enfin, la presse nationale a été tenue à l’écart dans ce processus de privatisation ou de concession de l’ANAC. Pour quelles raisons ? N’est-ce pas là une espèce de fuite en avant et la volonté éhontée de brimer sévèrement les syndicats et tous les agents de l’ANAC, en leur faisant avaliser idiotement un protocole d’accord dont ils ne pourront maîtriser ni les fondements, ni les tenants et aboutissants ? D’où, la grève générale d’avertissement des agents de l’ANAC prévue à compter du 4 janvier 2010. C’est ce qui explique le réveil spectaculaire et le grand coup de gueule de syndicalistes réunis en Assemblée Générale ce 23 décembre 2009, pour dénoncer la signature improvisée et en catimini d’un «pseudo » protocole de concession de l’ANAC qui, à vrai dire, échappe totalement aux normes et aux bonnes mœurs, ont déclaré les syndicalistes en courroux. Les syndicats ont été invités à la va-vite, au Cabinet, tout simplement, pour assister à cette concession en catimini … Au Congo, toutes les entreprises publiques qui fonctionnent et affichent une bonne santé n’échappent pas à la gourmandise et à la boulimie gargantuesque des ministres et autres proches du pouvoir de Mpila qui, coûte que coûte, s’efforcent à y soutirer quelques prébendes et avantages maffieux. L’ANAC vient donc ainsi de vivre l’amère expérience. En effet, les syndicalistes ont été invités, sans ordre du jour précis et surtout à la va-vite au Cabinet du Ministre pour y assister brutalement à la signature – en vase clos - du fameux protocole de concession de l’ANAC et donc des trois (03) aéroports sus cités. Dès lors, comment comprendre qu’un Président de la République puisse accepter que la mise en concession des grands aéroports de son pays soit exécutée sans la participation et l’implication effectives des syndicalistes, des économistes, des juristes et des autres partenaires sociaux impliqués ? C’est ainsi que notre pays a eu à échouer dans la plupart des actions de privatisation qui ont fini par accoucher des grosses souris au grand dam des travailleurs marginalisés, négligés, lésés et impayés comme des forçats ou esclaves. Jean Jacques Bouya et tous ceux qui ont conduit et diligenté en catimini la concession de l’ANAC devraient dores et déjà se cacher de honte pour avoir franchi le rubicond de la honte, du déshonneur et de la maffia institutionnalisée. Pire. La privatisation de l’Etat et l’ethnicisation du pouvoir sont en cours au Congo où rien n’a changé malgré les oracles officiels et les cris des grands muezzins de Mpila qui ne cessent d’induire le Président Denis Sassou Nguesso en erreur, au fil des années. Boulimie oblige ! Qui a dit que la société privée Congo Handline, propriété de Jean Jacques Bouya ne reverserait aucun franc symbolique dans les caisses de l’ANAC ? Comme quoi, il y a dans ce pays, il y a des citoyens qui contrôlent tout, dirigent tout, gèrent tout et gagnent nuit et jour des milliards de FCFA pendant que les autres Congolais somnolent et rêvent comme des petits moutons de Komono ! En réalité, chaque mois, les riches deviennent encore plus riches que d’habitude, les plus pauvres s’enfoncent dans la misère et broient du noir en attendant tout simplement …..la mort ! La contre attaque inévitable du brave Daniel ADOUA et les autres syndicalistes de l’ANAC qui fustigent les actes inhumains de Bouya et compagnie …. Devant la concession des aéroports du Congo que le Président de la République et les siens viennent d’imposer aux agents de l’ANAC. Je suis convaincu que même les membres de son gouvernement ne contribuent pas à sa réussite quand bien même s’ils perçoivent des fautes graves en lui, ils restent muets ; mais ils préfèrent se cacher derrière les éloges qu’ils font en sa personne, je cite : «Vous pensez que le Président de la République ne sait pas ce qu’il fait. Ceci pour faire peur aux partenaires sociaux, parce qu’en parlant du Chef de l’Etat, le débat va s’arrêter, sans savoir qu’ils donnent l’impression que le Chef de l’Etat n’est pour son peuple. Tout au moins, nous avons le droit de dénoncer tout ce qui est contraire à la vie du Congolais, même si c’est une monarchie appliquée, l’histoire nous donnera raison dans les jours à venir. Si c’est cela « Le Chemin d’Avenir » alors nous en sommes alors très loin du but ! «La mort ne tue uniquement que les hommes, mais pas l’histoire !» dixit David ADOUA Comment comprendre qu’un Chef de l’Etat en cette période où le pays vit sans entreprise ni d’usines puisse accepter qu’une mise en concession des aéroports de son pays qui n’est même pas un projet, soit exécutée et n’intéresse pas les économistes et les partenaires sociaux ou les experts en la matière ; mais le faire seul avec Monsieur Jean Jacques Bouya en vase clos pour quelle affinité nous ne savons pas ; et Monsieur Emile Ouosso, ministre des Transports et de l’Aviation Civile dans le temps pour sa contribution à l’exécution de ce qui suit, avait renforcé l’équipe administrative de l’ANAC par l’application d’un organigramme qu’il appellera organigramme de combat dans lequel il va prendre M. Jean Louis OSSO aux Grands Travaux, Président du Comité de Direction de Congo Handling, Attaché de l’Aviation au Cabinet du Chef de l’Etat pour le nommé encore Directeur Général Adjoint à l’ANAC et M. MONTOLE, Inspecteur aux Infrastructures. Dans ma pensée, j’ai toujours dit que «la mort ne tue que les hommes, mais pas l’histoire !». A cet effet, je vous apprends que, ce que les agents de l’ANAC subissent maintenant n’est ce pas la même pensée qui tue les écoles au Congo pour ne plus avoir plus tard des intellectuels dans ce pays ? L’histoire nous montre que les entreprises que ce pays avait dans les années 60, 70, je cite LINA CONGO, HYDRO CONGO, IMPRECO, SOTEXCO, SOCODI, OFNACOM, ATC, OCC, ONPT, etc. ; ne sont plus à cause de ses pratiques inhumaines qui ont entraîné de nombreux Congolais au chômage et dans la misère. Certains ont trouvé la mort, sans avoir perçu un petit centime (…) Pourtant avec l’argent du pétrole qui coule dans ce pays comme le sang dans les veines du corps humain, même si les gens ne veulent pas qu’on en parle ouvertement, on paierait ceux qu’ils avaient mis en chômage définitif et croupissent dans la misère la plus atroce. Le Président de la République devrait comprendre que le Congo nous appartient tous et nous avons droit aussi à , la vie. Ce que nous souhaitons, aujourd’hui, c’est de voir le Président Denis Sassou Nguesso dépoussiérer ce dossier et surtout revenir sur sa décision. Que le Président Denis Sassou Nguesso évite que la paix qu’il prône dans ce pays ne soit comparée aux pratiques religieuses qui ont affaibli le Congolais devant la colonisation. Si cela n’est vrai alors qu’allions-nous dire aujourd’hui à travers tout ce qui se passe maintenant ? Quels conseils M. Jean Jacques Bouya a-t-il donné au Président Denis Sassou Nguesso pour la compagnie LINA CONGO qui s’est effacée de l’économie du pays ? Alors que LINA CONGO est son entreprise d’origine ! Aujourd’hui, le Congo demeure sans compagnie aérienne nationale. Devant cette calamité, M. Denis Sassou Nguesso n’a pensé uniquement qu’au ventre de M. Jean Jacques Bouya sur le reste des agents de LINA CONGO toujours en souffrance prolongée et plongés dans la précarité la plus absolue. Le jour de la signature de la fameuse concession, les Allemands de EGIS SEGAP se sont sucés les lèvres avec un air moqueur comme les autres… Pour votre gouverne, lors de la signature des documents de concession de l’ANAC, il y a quelques jours, à Brazzaville, les Allemands de la compagnie EGIS SEGAP se sont sucés les lèvres non sans avoir remué les pouces avec un air moqueur, comme ceux de ELF Congo l’avaient fait quand les conditions d’exploitation du pétrole bleu congolais leur sont revenues comme avant la Conférence Nationale (sic !). Aujourd’hui, le Président Sassou Nguesso peut créer sa compagnie comme il l’a fait intelligemment pour son élevage à Oyo. Personne ne s’y mêle ! Pourquoi aller détruire toujours là où les autres citoyens Congolais trouvent leur petit compte ? Depuis que nous avions demandé qu’un protocole d’accord soit signé entre l’ANAC et la DGMAR pour diverses applications des relevées de la Météo marine dans notre pays, le Ministère de tutelle est resté jusqu’aujourd’hui indifférent à cette question. Oubliant, sans doute, que cela pouvait bien nous ouvrir des opportunités et surtout nous donner des emplois aux Congolais. En effet, les données recueillies contribueraient aux études scientifiques portant sur la climatologie, la biodiversité, le changement climatique au niveau national et mondial. Chers frères et sœurs, où allons-nous ? Ressaisissons-nous, un peu pour éviter le chaos. Heureux ceux qui sont encore en exil pour ne pas vivre et assister impuissants à tout ce que nous vivons, nuit et jour, ? Nous y reviendrons. Ghys Fortuné DOMBE BEMBA  |
| Mise à jour le Jeudi, 21 Janvier 2010 22:30 |



