Home Politique Haute mafia et piratage au Congo : Le magouilleur Akouala limogé de Congo Telecom
Haute mafia et piratage au Congo : Le magouilleur Akouala limogé de Congo Telecom PDF Imprimer Envoyer
Politique
Écrit par Talassa   
Mardi, 16 Février 2010 11:07

L’administrateur général de la société téléphonique publique Congo-télécom, M. Akouala a été suspendu début février 2010 pour mauvaise gestion du réseau international, avec une fraude démasquée par les services spécialisés sur le trafic téléphonique international entrant.

Cette décision de suspension immédiate prise par le ministre de tutelle, Lézin Thierry Moungalla, fait suite au dispositif anti fraude mis en place depuis la mi-janvier 2009 pour accompagner les équipements du système de contrôle des appels internationaux entrants auprès des opérateurs des téléphonies mobiles au Congo, comme Warid, MTN, Zain et Congo-Télécom, qui a mis à nu les mauvaises pratiques de gestion du réseau international.

Akouala Congo Telecom

 

Pour mémoire, depuis le 12 mars 2009, le gouvernement congolais a institué un système de contrôle et de tarification du trafic téléphonique international entrant pour une meilleure maîtrise par l’opérateur public unique Congo-Télécom.

En vigueur depuis juin 2009, ce système se caractérise par la pose d’un équipement auprès de chaque opérateur de la téléphonie mobile et fixe au Congo, permettant  désormais de gérer le flux des appels entrants, afin de lui appliquer la taxe de 131 FCFA par minute, suivant la réglementation en vigueur.

Parmi les reproches faits au responsable de Congo-Télécom suspendu, il s’avère que depuis la mise en exécution du système de contrôle et de tarification, il a été notifié que Congo-Télécom n’a pas procédé au versement de la taxe ainsi collectée au détriment de l’Etat, malgré l’insistance du ministre.

Selon les investigations des services spécialisés, il est établi que M. Akouala avait décidé de saboter délibérément ce système, en créant une voie frauduleuse de gestion du trafic international entrant.

Les experts nationaux ont constaté dans les équipements de ce système que CongoTelecom disposait d’un numéro codifié, transformant en appels locaux des appels internationaux entrants, tout en les détournant de la passerelle officielle de gestion.

A ce sujet, les opérateurs privés Zain et Warid qui subissaient une forte baisse de leur trafic entrant, ont dévoilé cette mascarade auprès du système anti fraude, après avoir détecté ce faux numéro géré exclusivement par M. Akouala de Congo-Télécom, en intelligence avec la centrale de Ouenzé.

Au niveau des installations de Congo-Télécom, il a été découvert un équipement spécifique non répertorié à savoir un ‘serveur VOIP audio code’ servant à détourner le trafic téléphonique international entrant, en le transformant en trafic local.

Avec toutes ces preuves collectées au centre des PTT de Ouenzé à Brazzaville, les services techniques ont confirmé que la ligne incriminée à bien servi au détournement du trafic international entrant, en violation des dispositions réglementaires en vigueur.

Les experts nationaux ont dévoilé que les flux financiers générés par ce trafic sont de l’ordre de plusieurs dizaines de millions de FCFA en quelques jours. Sur cette base, il a été prescrit aux opérateurs GSM privés d’adresser un estimatif des pertes subies au ministère des postes et télécommunications, chargé des nouvelles technologies de la communication.

A ce titre, de nombreux appels internationaux n’ont pas été enregistrés sur le système de contrôle institué par le ministère, puisque n’ayant pas été acheminé par les voies internationales légales. Ces appels ont été par contre enregistrés dans les systèmes de facturation des opérateurs de téléphonie mobile, mais comme étant des appels locaux de Congo-Télécom, ont démontré les services techniques.

En outre cette fraude massive sur la tarification du réseau téléphonique international par le trafic des appels entrants, la mégestion de M. Akouala traîne une lourde ardoise de 11 mois d’arriérés de salaire, le non paiement des primes de rentrée scolaire, du reliquat du cinq sixième du salaire du mois d’avril 2009, de la prime de l’arbre de Noël aux traivailleurs, ainsi que le refus du dialogue permanent avec les partenaires sociaux, à l’image de son prédécesseur René Serge Blanchard Oba.

De l’avis des observateurs, suite à cette fraude organisée par l’Administrateur général de Congo-Télécom et ses complices, le ministère de tutelle devrait prendre toutes ses responsabilités pour infliger des sanctions disciplinaires et administratives exemplaires à ces agents véreux de l’Etat à la direction des entreprises commerciales publiques subventionnées à coût de milliards de FCFA.

A cette même occasion, certains partenaires sociaux à Congo-Télécom interpellent la cour des comptes et de discipline budgétaire pour des audits internes, en vue de desceller la gestion scabreuse de cette entreprise qui a fonctionné 20 mois durant, sans organigramme ni budget, en dépit des lourds investissements consentis par l’Etat pour l’acquisition des équipements modernes.

Conseiller au Cabinet du Chef de l’Etat, chef de département des télécommunications aux Grands Travaux, M. Akouala, directeur ingénieur en télécommunications et ancien directeur des télécommunications depuis l’ex-ONPT et à la SOTELCO, a lamentablement échoué dans la mission de couverture nationale en téléphonie fixe, un projet cher au président Sassou N’guesso, en se contentant simplement des séjours fantaisistes à Pointe-Noire et à l’étranger avec frais de mission en permanence.

Ghys Fortune DOMBE BEMBA

Mise à jour le Mardi, 16 Février 2010 13:08