| Plaidoirie pour l’Internet pour tous : J.J.Bouya, T.L.Moungala et Y.Castanou interpellés |
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| Politique |
| Écrit par Talassa |
| Mardi, 16 Février 2010 17:58 |
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Le rôle du facteur technologique dans le développement du Congo, souvent éludé dans les années 80 avec le plan quinquennal, semble reprendre du service à propos des nouvelles technologies de l’information et de la communication. L’internet serait par nature radicalement nouveau et porte tous les mythes du post modernisme, lié à l’abolition des distances et du temps. Au Congo, le discours développementaliste retrouve avec l’internet une nouvelle jeunesse, bousculant les équations traditionnelles du développement inégalitaire de notre pays. La possibilité d’un véritable « bond en avant » du Congo-Brazzaville est désormais une réalité à portée de main de l’économie congolaise en particulier et de tous les Congolais en général.
Au-delà des infrastructures jugées parfois archaïques et totalement inappropriées, l’Afrique, en général, pourtant loin d’être tenue à l’écart des mutations observées ci et là du réseau mondial tente de rattraper ce train partit trop vite à son goût. Au Congo-Brazzaville en particulier où l’Internet suscite un immense espoir dans la jeunesse scolarisée, reste un secteur à l’abandon ou dirait-on plus honnêtement suscite peu d’engouement de la part des responsables politiques. La course en avant ou « le boum du mobile » (le Congo vient d’accorder une quatrième licence à l’opérateur saoudien Bintel) observée ces dernières années serait-elle en réalité une brillante manière de cacher les errements d’une politique indécise et inadaptée en matière de NTIC ? S’appuyant sur les aveux des Congolais, il est certain que la baisse de prix d’un appel ramené au tarif unique de Toutefois il est indéniable, que la relégation au second plan de la téléphonie filaire est une erreur aux conséquences incalculables. Manque d’information et régression de l’éducation L’Université Marien Ngouabi, on ne le dira jamais assez, manque de tout, à l’exception du courage et de la volonté des enseignants et étudiants qui refusent de baisser les bras, est loin de refléter les 80% du taux d’alphabétisation des Congolais atteints dans les années 80. Il n’existe à ce jour pour toute l’université qu’une salle dotée de computers connectés. La rétention de l’information par les anciens et certains politiciens véreux y est d’autant plus pesante que les bibliothèques sont presque vides. Pourtant, Internet apparaît pour beaucoup de Congolais comme une opportunité inouïe. Dans les quelques départements universitaires où on a la chance d’observer un ordinateur, les salles ne désemplissent pas. L’esprit critique inné du Congolais revit, s’installe et les enseignants conscients sont amenés à se remettre en cause et réadaptent leurs cours... La révolution des NTIC n’épargne pas les « illettrés », aujourd’hui en grand nombre dans notre pays. L’espoir né d’Internet redonne du sens à l’apprentissage de l’écriture mise à mal par le chômage des diplômés. Mais, comment répondre à cet espoir dans un pays où un ordinateur coûte parfois l’équivalent d’un an de salaire d’un fonctionnaire ? Alors que nos voisins gabonais viennent de porter le salaire minimum à Adapter la fracture numérique Au Congo-Brazzaville, les espoirs d’Internet se heurtent sur les insuffisances d’accès. La fracture numérique est d’autant plus vivement ressentie que les promesses sont multiples et séduisantes. L’achat d’un ordinateur est une dépense très lourde que seul un pourcentage infime des ménages peut s’offrir. De plus, celui-ci devra être renouvelé tous les quatre ou cinq ans. L’achat des logiciels est un coût non négligeable. « …En moyenne, au Congo, un accès de 128 k avoisine les 500 000 FCFA (plus de 760 euros ou 1 000 dollars) soit 10 fois le salaire d’un ouvrier congolais. La connexion dans un cyber avoisine les 1 000 FCFA /1heure. Il faut en moyenne 30 000 FCFA/mois (45 euros ou 60 dollars) à un Congolais pour consulter ses mails au moins une fois par jour, soit 1/3 d’un salaire d’ouvrier ou 15% d’un salaire moyen (estimé à 100 000 FCFA) (1), ce qui équivaut à un mois de bourse pour un jeune étudiant. La minorité congolaise éligible (financièrement) n’est pas épargnée, car elle doit se contenter d’un faible débit équivalent à 128 kilooctets (2) en descendant (débit du fournisseur vers la station utilisateur), soit le débit disponible en France il y a 15 ans et il y a encore 6 ans au Sénégal pour un tarif dix fois moins élevé à l’époque. Aujourd’hui ces pays offrent des débits allant jusqu’au megaoctet (3) pour environ 18 000 FCFA/mois). » http://lucmissidimbazi.com/2.html A cela, s’ajoute les stratégies commerciales des grands éditeurs de logiciels qui cherchent à accélérer l’obsolescence des machines renforcent encore le fossé numérique. La pénurie de lignes de téléphone, la mauvaise qualité de service des opérateurs, le coût élevé des communications et l’absence d’offre commerciale forfaitaire, ajoutent encore des difficultés. Les errements de choix stratégiques : Démarré en 2004 le projet régional d’installation d’un cable sous marine à fibre optique le long de la côte ouest de l’Afrique appelé West African Festoon Submarine Cable System (WAFS) s’est arrêté brutalement l’année dernière sans une explication plausible. Entraînant de ce fait un retard considérable pour le déploiement de la fibre optique sur le réseau national. L’on apprend aujourd’hui auprès du ministère des télécommunications que le Congo n’a pas abandonné le projet mais plutôt à migrer vers un autre appelé West Africa Cable System (WACS). Ce nouveau projet dont fait partie notre pays est entré en vigueur le 8 Avril 2008. La réception provisoire et la mise en service commercial prévue courant juin 2011 (Matombi, village situé à Au regard des protubérances palpables observées dans les pays d’Afrique de l’Ouest, il est plus nécessaire que le gouvernement congolais veille à ce que ce projet ne soit pas caractérisé par un second échec. Le Congo ne peut se permettre continuellement des choix inadaptés qui coûtent des millions aux contribuables congolais. Il est à noter que ce projet coûte 600 millions dollars pour les quatorze pays concernés (Royaume-Uni, Portugal, iles Canaries, Cap vert, Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Nigéria, Cameroun, Congo-Brazzaville, Rép. démocratique du Congo, Angola, Namibie et l’Afrique du Sud). Le Congo-Brazzaville, pour se donner un élan réel à l’Internet devrait créer des centres cyber-solidarité. Sorte de centre culturel multimédia où le ministère des Télécommunications en association avec le ministère de Dans les prochaines éditions Talassa scrutera sérieusement le dossier de fibres optiques et n’hésitera pas d’exposer au grand jour tous les maffieux et incompétents de Mpila qui risqueront de faire échouer ce projet. Jean-Claude BERI & Ghys Fortune DOMBE BEMBA |
| Mise à jour le Mardi, 16 Février 2010 18:16 |





