Home Politique Plusieurs milliards de francs cfa volatilisés a Pointe Noire
Plusieurs milliards de francs cfa volatilisés a Pointe Noire PDF Imprimer Envoyer
Politique
Écrit par Talassa   
Dimanche, 28 Février 2010 14:00

Viaudo Bouity et la veuve Tchystère Tchicaya bientôt à la barre tandis que  le receveur Makoundou coincé à la DDST

Après avoir induit en erreur le Président de la République, avec sa prétendue retraite automatique et balancer plusieurs mensonges, Gilbert Ondongo semble rectifier le tir, témoins, certains  cadres de sa tutelle qui  se retrouvent  dans les geôles et d’autres  relevés de leurs postes après plusieurs missions effectuées par les contrôleurs de gestion.

 

C’est dans ce registre que l’infatigable investigateur de Talassa fouine et découvre une scandaleuse affaire de fesse, d’imbécilité, de manipulation, d’escroquerie sur fond de mysticisme où sont cités, M. Guy Clément, receveur municipal de Pointe Noire, la veuve de secondes noces de Tchystère Tchicaya, la nommée Bernadette MPIKA, charlatan, qui jouerait avec le receveur, (et qui n’est pas à confondre avec la première épouse de  Tchystère Tchicaya, la franco-congolaise nommée Duran Blanche Marie-Louise), Bouity Viaudo, maire de Pointe Noire .... avec au finish plusieurs milliards de francs CFA détournés.

En effet, par notes de services n° 000110/MFBPP/DGT du 20 décembre 2009 et 00112/MFBPP/DGT du 8 février 2010, M.M. Malié Paul, Bazebi Jean Claude, Makosso Jean Jacques, Ayessa Jean Joseph et Ondziel Tondo Urbain avaient effectué une mission d’arrêts des écritures et de contrôle de la comptabilité de la recette municipale de Pointe-Noire.

Cette mission qui a examiné les écritures des caisses des années 2009 et 2010, a conclu sur un écart global de deux milliards sept cent cinquante six millions quarante six mille huit cinquante quatre (2.756.046.854) francs CFA qui n’a pas été justifié.

Devant l’ampleur et la gravité d’un tel détournement, on ne peut pas manquer de se poser les questions suivantes :

1. Comment un receveur municipal peut-il détourner plus de deux milliards de francs CFA sans que son chef hiérarchique, l’ordonnateur des finances, les contrôleurs de gestion et de la comptabilité  ne soient  pas au courant ?

2. Pourquoi lors de la session du Conseil départemental et municipal de Pointe-Noire ce grave détournement des deniers publics n’a pas figuré parmi les affaires inscrites à l’ordre du jour ou dans les divers alors que le maire aurait avisé le ministre  Zéphyrin Mboulou?

Est-ce parce que ce détournement représente un montant tellement dérisoire qu’il était ridicule d’en parler à cette occasion ?

Qui a décidé de la loi du silence ou de l’omerta sur cette affaire ? Tout cela doit être élucidé.

Il sied de préciser que M. Makoundou Guy Clément, qui était receveur municipal au moment des faits et signataire du Procès-verbal  de contrôle, de redressement de la comptabilité et d’arrêt des écritures de la recette municipale, se trouve en ce moment en détention à la Direction départementale de  surveillance du

territoire de  Pointe-Noire après son interrogatoire à Brazzaville et particulièrement devant le directeur général du trésor, Ngondo.

C’est l’occasion de dénoncer, une fois de plus, ici, cette pratique illégale et abusive qui consiste à placer systématiquement en détention toute personne suspectée de détournement de deniers publics. Cette pratique constitue une véritable atteinte aux libertés individuelles garanties par la Constitution.

Au cas où les agents de la DGST l’auraient oublié, ils sont chargés de veiller à la sécurité intérieure et extérieure de l’Etat.

M. Makoundou qui  clame son innocence, ne reconnaît pas avoir détourné ces fonds. Il soutient au contraire avoir décaissé ces fonds sur instructions de sa hiérarchie au profit de la veuve Tchystère Tchicaya pour les fétiches et les soins de santé qu’elle administre au Boss Sassou Nguesso et pour certaines raisons d’Etat.

Un dignitaire de Mpila que nous avons rencontré à ce sujet nous a dit simplement que Sassou Nguesso  moins encore le maire Viaudo ne sont  impliqués ni de loin ni de près dans ce scandale.

Seulement la question que nous nous posons, est celle de savoir pourquoi le receveur n’a pas été contrôlé  pendant plus d’une année ? Ça sent une complicité du haut en bas dont on veut faire porter le chapeau au seul receveur.

Et puis, en quoi le fait d’être suspecté de détournement de deniers publics ou pour une infraction de droit commun, placerait-on une personne à la DDST ?

Il n’y a manifestement aucun rapport. La DGST ou la DDST ne doit pas continuer à vouloir se substituer à la justice. Leur domaine d’action est le renseignement au service de l’Etat.

M. Makoundou doit plutôt être présenté à un juge d’instruction qui est le seul à pouvoir décider, s’il y a lieu, pour les besoins de l’enquête mais aussi de la nécessité de s’assurer de sa personne, de placer ce dernier en détention provisoire à la Maison d’arrêt de Pointe-Noire en attendant le jugement de l’affaire par la juridiction compétente.  Un mandat de dépôt est dans ce cas nécessaire.

La privation de liberté ne peut avoir lieu que sur décision de justice.

La DDST ou la DGST n’a pas le droit de priver arbitrairement un citoyen de sa liberté, pour plus d’une semaine alors que ce qui lui est reproché, ne relève pas de leur compétence. Il s’agit bien là d’une détention arbitraire et illégale.

Dans aucun pays sérieux, on ne peut assister à cette confusion inadmissible où les agents des renseignements décident à la place des juges qui sont seuls compétents pour décider de la privation de liberté des individus. Priver un citoyen de sa liberté, même provisoirement, est un acte suffisamment grave pour qu’il soit laissé aux mains de n’importe qui.

Le législateur ne s’est pas trompé en attribuant cette compétence au seul juge.

Dans tous les cas, aucune charge n’a encore été retenue contre M. Makoundou par un juge et les agents de la DDST doivent savoir, qu’il bénéficie encore de la présomption d’innocence.  S’obstiner à le garder en détention ressemble à une manÅ“uvre d’obstruction à la manifestation de la vérité devant la justice.

Il est à craindre que la détention de M. Makoundou à la DDST ne soit que la mise en Å“uvre de la stratégie du bouc émissaire par les grosses légumes tapies dans l’ombre  qui veulent échapper aux poursuites pénales.

Personne ne peut être candide au point de croire qu’un détournement d’une telle ampleur ait été commis par un seul individu, fût-il receveur municipal. La prétendue ignorance de l’ordonnateur et des contrôleurs ne convainc pas et relève de la pure diversion. On n’accordera donc pas le moindre crédit à une telle allégation.

Dans un pays où, malgré l’immensité des richesses, plus de 70% de la population vit avec moins d’un euro par jour et qu’une poignée d’individus sans foi ni loi puissent, en toute impunité, détourner plus de deux milliards de francs CFA des recettes municipales, est non seulement ahurissant et scandaleux mais aussi criminel et inhumain.

Décidément les délices faciles de la magouille dénoncés par M. Sassou seront encore d’actualité au Congo pendant très longtemps !

Les responsabilités des uns et des autres doivent être établies et des sanctions sévères et exemplaires prononcées. La justice doit aller jusqu’au bout de sa tâche. Peu importe les personnes qui sont impliquées dans ce scandale financier. La loi est générale et impersonnelle. Nul n’est censé ignorer la loi. Elle s’applique à tous.  Nous osons croire, que, le Maire de Pointe-Maire, Roland Bouity Viaudo donnera sa part de vérité à l’audience publique où il sera partie civile depuis qu’il aurait déclencher une procédure après l’interpellation de M. Makoundou.

Enfin, il est regrettable que la veuve Tchystère Tchicaya soi-disant faiseur des rois donc riche, puisse tomber très bas si cette affaire est avérée.

Nous y reviendrons avec force détail dans notre prochaine édition. Tous les coupables devront subir les rigueurs de la loi. Dura Lex Sed Lex.

G.F. DOMBE BEMBA