Home Politique 25 Février 1991-25 février 2010 : 19ème anniversaire de la Conférence nationale souveraine
25 Février 1991-25 février 2010 : 19ème anniversaire de la Conférence nationale souveraine PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Talassa   
Dimanche, 28 Février 2010 15:50

19ème anniversaire de la Conférence nationale souveraine et, sans doute, le débat du désordre et de tous nos malheurs.   Lors d’une conférence nationale souveraine qui dura trois mois : du 25 février au 10 juin 1991, l’histoire du Congo fut passée au peigne fin ; une histoire faite d’intolérance, d’hégémonie tribale, de violence et de haine imbéciles et de crimes contre l’humanité.

Des langues se délièrent et crachèrent du feu pour exorciser le mal congolais : Claude Ernest Ndalla Graille, Massema, Jean Ngouabi, Marcellin Dzouma Nguellet, Mbiki de Nanitélamio, Grégoire Léfouoba et bien d’autres s’étaient faits remarquer.

Les regrettés Hyacinthe Backanga, Antoine Letembet-Ambily, Ernest Kombo avaient réussi à civiliser les débats afin d’éviter la catastrophe. C’était, il y a jour pour jour19ans !

Et les conférenciers, conclurent, ensemble, qu’il ne fallait plus jamais ça !

Le Président Denis Sassou Nguesso, très affaibli et dépouillé de certains pouvoirs par l’acte régissant la transition, assuma pour l’histoire. Pour lui comme pour tous les autres anciens présidents de la République, Fulbert Youlou, Alphonse Massamba-Débat, Marien Ngouabi et Joanchim Yhomby Opango.

Le Premier ministre tout puissant André Ntsatouabantou Milongo, Monseigneur Ernest Kombo, président du Conseil supérieur de la République et le Président de la République M. Denis Sassou Nguesso conduisirent le peuple vers des élections générales qui avaient été organisés, pour une fois au Congo, sans magouille, sans problème et sans incident majeur. Les Congolais les avaient bien apprécié !

Ces élections démocratiques, transparentes, très libres et acceptées par tous les Congolais, donnèrent dans l’ordre et au premier tour ; Pascal Lissouba, Bernard Kolélas et Denis Sassou Nguesso.

Le PCT et Sassou Nguesso devaient  choisir entre Kolélas et Lissouba, à quelle sauce ils allaient être mangés ? Ils choisirent le professeur Pascal Lissouba, l’aidèrent à gagner, financèrent son parti, l’UPADS et conclurent un accord avec lui pour gouverner ensemble.

Sur 21 ministres au gouvernement, 7 devaient venir du PCT soit 1/3. Cela vaut mieux que rien !

Mais l’UPADS dans sa boulimie et craignant sans doute les fourberies et les agendas cachés des hommes de respecter l’accord en n’accordant que 3 « petits Â» postes ministériels au PCT. Les choses allaient très vite se dégrader et assombrir tout le règne de Pascal Lissouba, obligé d’avoir M. Sassou Nguesso et ses partisans sur le dos (…). C’était le commencement des douleurs.

Pendant que M. Isidore Mvouba refuse d’aller occuper son poste ministériel, Henri Okemba, Grégoire Léfouoba et Pascal Andjembo sautèrent sur l’occassion et firent leur entrée à la nouvelle majorité en créant leur propre parti politique le parti Congolais  du renouveau (PCR).

Une nouvelle alliance politique vit le jour au sein de l’opposition dans le but de faire face au pouvoir de Pascal Lissouba et de son Premier ministre Maurice Stéphane Bongho-Nouarra.

C’est ainsi que le PCT se rapprocha de l’URD pour fonder l’alliance UDR-PCT et Apparentés qui regroupa en son sein Denis Sassou Nguesso, Bernard Kolélas, Jean Pierre Thystère Tchicaya, Martin Bemba, Célestin Gongarad Nkoua.

Les Apparentés du PCT sont l’URN de Gabriel Bokilo, le RDPC de Jean Marie Tassoua, l’UNDP de Pierre Nze, l’ACCOS d’Alfred Opimbat, l’UPRN de Mathias Dzon et autres.

Le renversement du gouvernement Bongho-Nouarra marqua :

Le commencement des douleurs et de tout le desordre.

La naissance de cette nouvelle alliance changa le rapport de force à l’Assemblée nationale et le gouvernement de Bongho-Nouarra fut vite renversé après la motion de censure déposée par les députés de l’opposition.

Mis en minorité, Pascal Lissouba dissout alors l’Assemblée nationale et fait appel à un vieux briscard ; le Premier ministre Claude Antoine Da Costa pour diriger le gouvernement dit de 60/40. Cette période de transition sera très conflictuelle, houleuse et dramatique. Comme il fallait s’y attendre, les milices armées virent le jour, ici et là.

Ah ! une manifestation de l’opposition fait trois morts. Le pouvoir du professeur Pascal Lissouba maintint le cap et s’imposa lors des élections en obtenant la majorité. Il nomme le général Joachim Yhomby-Opango à la tête du gouvernement. Ce dernier accentua alors la pression sur l’opposition en bombardant les quartiers Sud de Brazzaville.

Ces bombardements intensifs du professeur président Pascal Lissouba et Joachim Yhombo-Opango finirent par convaincre M. Bernard Kolélas qui accepta d’entrer dans leur gouvernement.

C’est ainsi que le MCDDI de Bernard Kolélas tourna ouvertement le dos à l’alliance UDR-PCT pour fonder ce que d’aucuns désignèrent par « l’alliance Sud-Sud Â» : le fameux Béto na Béto ! Le colonel Philippe Bikinkita, Mélanie Ibouritso, Adamo Matéta et d’autres cadres de l’URD intégrèrent le gouvernement de Pascal Lissouba.

Le fameux ralliement-trahison de Békol qui echoua…

En effet, c’est après ce ralliement-trahison de Bernard Kolélas que Pascal Lissouba s’était senti alors assez fort et capable de faire triompher son idéologie de la tribu-classe.

Le programme politique de l’UPADS axée sur la mégalomanie, la science et la technologie sans oublier le management pour faire du Congo une petite Suisse, avait fini par produire des effets contraires. Il emporta l’édifice de l’UPADS à jamais fissuré.

Le 5 juin 1997, c’est une pluie d’obus, de roquettes et autres engins de la mort qui pleuvèrent sur les quartiers nord de Brazzaville avant de se généraliser.

Très rusé et marqué au début de cette guerre, le très ambitieux Bernard Bakana Kolélas s’autoproclama juge et arbitre du conflit.

Deux mois plus tard, en bon stratège et professionnel de la politique, il changea de statut et affiche clairement ses intentions. A la grande surprise de l’opinion nationale et internationale.

En effet, profitant de la neutralité du Premier ministre David Charles Ganao, le vieux Nkumbi Nzila de la plus belle manière, crut sans doute que son heure de gloire était arrivée.

Il est très vite nommé Premier ministre par le Président Pascal Lissouba dont le mandat venait de prendre fin. Avait-il organisé un seul Conseil des ministres ?

 Nul ne peut l’affirmer avec exactitude.

Le vieux Békol se lança ainsi dans la guerre où ses milices Ninja apportèrent leur soutien à la soldatesque de Pascal Lissouba en très mauvaise posture.

La volonté et le courage des Forces démocratiques et patriotiques (FDP) et des éléments cobras de Denis Sassou Nguesso firent que le 15 octobre 1997, MM. Pascal Lissouba, Bernard Kolélas, Augustin poignet et leurs protégés soient battus et ridiculisés par l’aile de M. Sassou Nguesso, avec l’appui des Forces armées angolaises (FAA) qui déployèrent des MIG dans le ciel de Brazzaville et ses environs.

Après toutes ces péripéties, on est en droit de se demander à quoi auront donc servi tous les beaux discours tenus lors de la Conférence nationale souveraine ? Pourquoi avoir trompé le malheureux peuple congolais ? Comment comprendre l’existence d’une classe politique si peu soucieuse de l’avenir du peuple ? Que dire des promesses jamais tenues ? Puis…

A vrai dire, la conférence nationale souveraine n’aura été qu’une grande escroquerie politicienne.

Et, en voulant transformer sa victoire militaire en une victoire politique, Sassou Nguesso a organisé, sans transparence et sans un opposant de taille, des élections générales en 2002 qui lui ont permis de briguer un premier mandat de sept ans.

Depuis le 14 juillet 2009, il brigue un deuxième mandat de sept ansmalgré tout ce que les Congolais vivent et n’ont cessé d’endurer depuis la fin de la Conférence nationale souveraine.

En effet, « la Nouvelle Espérance » tant vantée depuis 2002, n’a pas réussi à répondre aux attentes sociales fondamentales des Congolais que sont le chômage massif des jeunes, la misère, la pauvreté, les maigres salaires alloués aux  fonctionnaires, la cherté de la vie, les avancements sans effets financiers, le manque d’eau et d’électricité, le transport en commun devenu un véritable casse-tête, la crise de logement, les souffrances et autres privations qui alimentent la crise sociale, etc.

Voilà qu’arrive «Le Chemin d’Avenir Â» qui déploie déjà ses moquettes et ses mille et une promesses.

Pour avoir dirigé le Congo pendant plusieurs années notamment entre le 5 février 1979 et  juillet 1992 et, une deuxième fois, entre le 15 octobre 1997 jusqu’à ce jour, le Président Dnis Sassou Nguesso pouvait bien redresser le pays, combattre le chômage et relancer notre économie grâce aux revenus pétroliers et aux autres richesses naturelles du pays. L’agriculture mécanisée est inexitante. Le Congo se voit donc obligé d’importer d’importantes quantités de produits alimentaires de base qui lui font évaporer des milliards de FCFA chaque année !

Les Congolais, pour la plupart, découragés et impuissants, assistent ainsi au bal masqué que leur proposent certains ministres, députés, directeurs généraux, officiers supérieurs de l’ère « Chemin d’Avenir Â» qui, au lieu de penser à la misère du peuple, multiplient le nombre de villas et de comptes bancaires. Peut-être, faudrait-il sans doute souhaiter la tenue d’une deuxième Conférence nationale souveraine pour espérer voir le bout du tunnel. Qui sait ?

 

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