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Clin d’œil sur la municipalisation à pas de caméléon de Brazzavillage PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Talassa   
Samedi, 06 Mars 2010 11:14

Chantiers inachevés par ici, cratères et trous béants sur la chaussée par là...

A quelques mois de cinq mois des grandes festivités du 15 Août 2010, consacrant le cinquantenaire de notre indépendance nationale, notre ville capitale offre encore un tableau hideux au regard des images insupportables que projettent jusqu’ici la plupart des rues et avenues sablonneuses de Brazzavillage et sa banlieue.

Notre capitale, fondée depuis le 3 octobre 1880, est très sale et inspire mille et un regrets. La municipalisation accélérée tant attendue évolue jusqu’aujourd’hui à pas de caméléon.  Pourquoi les choses ne se débloquent-elles pas ?

D’où la crainte et les inquiétudes des uns et des autres.

En effet, malgré la mobilisation d’importantes sommes d’argent, les travaux de municipalisation accélérée de Brazzaville manquent de visibilité et rien ne permet d’affirmer que le 15 août prochain, notre ville va endosser sa plus belle robe !

Car, ici et là, des cratères sur la voir publique, des tas d’immondices, de déchets puants et des millions de sachets abandonnés jonchent encore les caniveaux obstrués et mal entretenus de notre capitale. Où en sommes-nous avec la fameuse municipalisation accélérée de Brazzaville? Exceptée, la toute nouvelle voie qui relie Moukondo au quartier Kombo, rien n’est visible et ne permet de rassurer tous ceux qui, de près ou de loin, militent encore pour la modernisation de Brazzaville. Quelle image !

Pour s’en convaincre, les travaux de réhabilitation de l’Avenue des 3 Martyrs, notamment le tronçon qui relie le PSP du Plateau des 15 ans au Rond point Moungali sont suspendus voire même abandonnés.

Cela laisse perplexes nombre de Brazzavillois qui, excédés ne manquent de pointer un doigt accusateur en direction de la Mairie centrale, la société SOCOFRAN et la Délégation Générale des Grands Travaux (DGGT) qui semblent fermer les yeux sur l’arrêt de ce grand chantier situé en plein cÅ“ur de la ville. Pourquoi ces travaux ont-ils été stoppés ? Qui y pense encore?

Fait curieux : depuis septembre 2009, trois vieux containers ont été abandonnés sur ce site situé au pont du ruisseau Mfoa à quelques encablures du Rond point de Moungali.

Seuls, Dieu le Tout Puissant et ses Anges savent à quand la reprise effective des travaux de réhabilitation de cet axe routier très stratégique pour les Brazzavillois.

En outre, à environ 200 mètres du rond point de Moungali, deux grands cratères se sont formés sur l’Avenue des 3 Martyrs. Le premier est situé au croisement de cette avenue avec l’Avenue Marien Ngouabi à Moungali.

Le deuxième cratère est en voie de se transformer en un véritable bourbier à l’intersection de l’Avenue des 3 Martyrs avec l’Avenue des Terres Jaunes, juste à l’entrée principale de l’Ecole Boutique ex Ecole des 3 Martyrs.

Ces deux cratères désorganisent et perturbent énormément la circulation routière, provoquant ainsi des embouteillages monstres.

Ces dégâts sont essentiellement occasionnés par le manque d’entretien et de suivi des ouvrages qui, généralement, finissent par se détériorer sous l’effet conjugué de  l’érosion et des eaux pluviales.

L’image apocalyptique qu’offre depuis quelques mois, l’Avenue Miadéka, entre l’Ecole de la Révolution «Mikaté Epola» et la rue Lénine, décourage plus d’un citoyen sérieux et très soucieux de l’avenir de notre capitale qui, avouons-le, s’avilit au fil des années. Comment comprendre que l’Avenue Miadéka réhabilitée en 2002, puisse aujourd’hui présenter cette image horrible et effroyable?

Plus loin, sur l’Avenue de la Base, le constat est presque catastrophique car des grands bourbiers et des grands lacs artificiels se sont formés sur tout le long de du tronçon qui relie l’Arrêt Bopaka au quartier La Frontière. Les bus et taxis n’arrivent plus à assurer le transport régulier des milliers de citoyens qui vivent dans cette partie de la ville.

Les quartiers La Base, La Poudrière, la Frontière, Mouhoumi et Mfilou sont donc devenus difficiles d’accès.

Sur l’Avenue de l’Intendance entre le Rond point Ebina et Docteur Blancher, les caniveaux et autres collecteurs en cours de réalisation, sont trop petits, étroits et inappropriés pour assurer la bonne évacuation des eaux pluviales de ce quartier.

De l’avis de certains observateurs, les travaux de ces avenues dégradées avaient été, sans doute, confiés à quelques opérateurs économiques cupides, débrouillards et incompétents qui aujourd’hui ne peuvent que se moquer des pouvoirs publics.

Or, ces faux ingénieurs et opérateurs économiques débrouillards devraient être interpellés et jugés pour avoir bâclé les travaux de la plupart des avenues et ruelles de Brazzavillage qui s’abîment en un temps très court.

A qui  la faute ?

Au Congo où le ridicule n’a jamais tué personne, les choses sont faites ainsi et rien ne permet de tirer les conséquences des mille et une erreurs commises en amont.

En définitive, il est temps que les choses bougent et que des initiatives voient le jour afin d’assainir le cadre urbain.

Que des opérations de salubrité soient initiées dans nos quartiers et nos administrations respectifs afin que nous puissions, ensemble, contribuer effectivement à l’embellissement de notre  capitale.

Ces grandes opérations de salubrité ne devraient pas uniquement revenir à la société Pro Brazza, tout le monde se doit de s’impliquer, ici et maintenant.

Les jeunes désœuvrés, les députés, les sénateurs, les conseillers, les commerçants, les prisonniers, les Chefs de Quartier et de Bloc, les Forces Armées Congolaises (FAC) et toutes les autres composantes de la Force publique. Car, la Ville de Brazzaville appartenant à tout le monde, sa propreté et son embellissement permanent dépendent donc de la contribution de tous. Sans exclusive.

N’attendons pas la dernière minute, pour voir, ici et là, surgir quelques actions spontanées de saupoudrage et de maquillage que l’on désigne communément par «Ba Mbissa Lipapa!».

Enfin, au regard de ce qui précède, il faille que nous nous posions la question de savoir si nous aimons réellement notre capitale? Combien sont-ils prêts à accompagner la fameuse municipalisation accélérée de Brazzavillage ?

La réponse à cette question est simple: regardons comment des milliers de sachets, des tonnes d’immondices, de matières fécales et autres déchets puants sont jetés en désordre dans nos ruelles, nos avenues, nos écoles, nos hôpitaux, nos maisons d’habitation à Brazzaville où, cela n’est un secret pour personne, certaines parcelles manquent même de WC !

Voilà le portrait robot du Brazzavillois d’aujourd’hui qui a signé un grand pacte avec la saleté, le désordre, les sachets, la pauvreté et la misère sociale.

Comme quoi, dans un pays comme le Congo, déclaré Pays Pauvre Très Endetté (PPTE) depuis le 27 janvier 2010, on ne pouvait que rencontrer des Personnes Pauvres et Très Endettées (PPTE).

Je ne sais pas si je me suis trompé sur toute la ligne ?

Mise à jour le Samedi, 06 Mars 2010 11:27