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Plusieurs militaires marginalisés s’interrogent PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Talassa   
Samedi, 06 Mars 2010 11:28

Bien que dans leurs adresses, les différents ministres de la Défense Nationale de notre pays et les différents Chefs d’état-major qui se sont succédés sous les régimes interminables de Sassou 2, 3 et 4, ont longuement martelé leur ferme volonté en faveur du redressement de l’institution militaire, il est désolant de constater que sur le terrain, hélas, rien ne se fait . L’impression qui se degage est celle des en grade qui se font selon les liens socio ethniques et non selon l’ordre du mérite.

En effet, le constat est toujours amer, notamment en ce qui concerne tous les mécanismes des avancements en grade dans les Forces armées congolaises (FA.C) où très souvent certains réflexes ethniques ou tribalo régionalistes influencent certaines nominations ou avancements en grade. Suivez mon regard 

 

A la vérité, le manque d’harmonisation sur la question des tableaux d’avancements, depuis la dernière  reforme, il y a près de 4 ans, serait sans doute à l’origine de la grogne, sousjacente des contradictions et de certains éclats de voix entre, d’une part, les chefs de corps, les commandants d’école, les responsables de certaines directions centrales, les directeurs des Centre d’Instruction (CI) et le général, Directeur des ressources humaines des FAC, M. Fulgore Engobo.

Et pour cause, le désordre installé et signalé cette année au niveau de la Direction des Ressources Humaines (DRH) par plus d’une personne où certains avancements paraissent quelque peu louches et insolites.

Cette année, quelques militaires «chauds et fougueux» n’ont hésité à défier leurs chefs d’unité en se faisant inscrire, coûte que coûte, au tableau des avancements du premier trimestre 2010.

Cela s’explique par le simple fait que depuis l’adoption de la loi qui, en réalité, n’existe pas encore sur le papier, les législateurs s’étant fourvoyés,  nombre d’avancements se feraient selon des critères subjectifs, douteux qui frisent le tribalisme, le clanisme et le régionalisme le plus béat.

Qui, au niveau des FAC ne constate pas des avancements jugés très douteux et qui frisent la complicité et le favoritisme ?

Il suffit de vérifier la liste de la plupart des bénéficiaires de ces avancements «insolites» pour constater que plus de la moitié appartiennent à une même zone géographique, une même zone ethnico tribale.

En privilégiant la géopolitique, donnons au moins un caractère purement national aux avancements et aux nominations au niveau des FAC et de l’ensemble de la Force publique !

Pour rééquilibrer les choses, n’hésitons plus, détribalisons tout simplement les avancements !

Certains officiers supérieurs et  subalternes boudent en sourdine ce type d’avancements suspects qui, avouons-le, découragent de plus en plus bien de militaires qui, eux, fondent leur espoir sur les mérites, la durée et les autres bases légales légitimant les avancements au niveau des Forces armées congolaises.

Ces abus et ces dérapages répétés constatés, ici et là,  dans certains avancements et de quelques stages spécialisés pourraient, si on n’y prend garde, déclencher plustard une grave crise au sein de nos forces armées, qui pourraient alors être  fragilisées et moins dynamiques.

C’est ce qu’il faudrait éviter dans les tout prochains jours car, les FAC ne devraient pas être l’otage d’un seul clan, d’une seule ethnie, d’une seule région d’où sortiraient la plupart des généraux, des colonels, des commandants et chefs de corps.

Un effort de ressaisissement s’impose aux instances ayant en charge la gestion des ressources humaines et la direction de la Force publique.

Dès lors, ne tribalisons pas les Forces Armées Congolaises et toutes les autres composantes de la Force publique sur qui pèsent depuis la fin de la guerre du 5 juin 1997, de nombreux réflexes et instincts de tribalisme, de régionalisme et de clanisme ?

Ceux qui se livrent à ce vilain jeu ne rendent pas service à M. Sassou Nguesso et à toute la nation.

Car, comment comprendre que certains généraux, colonels et autres officiers en fonction, puissent favoriser en priorité ou «uniquement» leurs proches, notamment leurs «pires petits ou petits ya confiance», comme ils aiment les appeler.

Il suffira de voir la liste des avancements prévus, au cours de ce premier trimestre 2010, pour constater l’évidence de nos propos.

L’on pourrait aussi se demander, pourquoi avoir établi cette loi qui pénalise et marginalise les vrais ayants droits, c’est-à-dire tous ces officiers et de sous-officiers qui se dévouent régulièrement pour la défense du pays, malgré les intempéries, les dangers et les risques sont toujours fidèles et présents au poste.

Pourtant, le ministre de la Défense, le Professeur philosophe Charles Zacharie Bowao, le 15 octobre 2009, lors de son adresse solennelle aux officiers généraux, martelait «qu’il nous faut aujourd’hui construire l’armée de nos besoins et non celle de nos habitudes».  En clair, quels sont en réalité les vrais besoins de notre armée ?                       Pourquoi devrait-on verrouiller la porte aux autres frères d’armes pour ne favoriser qu’un groupe de militaires issus d’une même famille ou d’une même ethnie?

Il n’y a qu’à lire, entre les lignes,  les propos du général Blaise Adoua dans son allocution, lors de la cérémonie de port d’insignes de galons aux nouveaux promus de la Maison militaire de l’année 2010 pour s’en convaincre : «A tous ceux qui ne se sont pas inscrits au premier trimestre ou qui ne sont pas concernés par le tableau d’avancements 2010, leurs notes n’ont pas convaincu le Commandement militaire, ils doivent encore donner le meilleur d’eux-mêmes pour gagner la confiance du Commandement.»

Ce que ignore ce brave  général, c’est le fait que beaucoup d’ayants droits ne sont pas toujours les bienvenus au cours de ce 1er trimestre.

Aussi, préfèrent-ils, pour éviter d’être complètement balayés du tableau, s’inscrire au 2ème, 3ème ou 4ème trimestre 2010.

Et, en cas d’indiscipline, ils sont quelquefois obligés de vivre l’événement avec courage ponctué par tous les  états d’âme et les courroux possibles. Discipline militaire oblige.

Pire. Celui qui ne réussit pas au premier trimestre se doit de tout perdre.   Il doit perdre en temps, car, là où celui qui passe au premier trimestre devrait attendre 4 ans, il sera obligé d’attendre 5 ans. Sur le plan financier, il sera perdant sur toute la ligne.

Le salaire du nouveau galon attendra le trimestre ou le mois suivant l’inscription au tableau. C’est ça aussi la discipline militaire ? Ou, on est bon ou on ne l’est pas, des deux choses l’une !

Pire, les délais entre les galons qui étaient de 2 à 4 ans sont maintenant de 3 à 5 ans. Une façon de dire au Président de la République qu’il s’était trompé en  ajoutant 5 ans aux fonctionnaires congolais pour que certains chefs militaires récupèrent tranquillement à leur manière tout cet avantage juteux.

Toutes les fortunes que gèrent aujourd’hui certains généraux et colonels sembleraient être le résultat de cette espèce de magouille installée qui leur permettrait de se faire les poches. Qui le sait ?

Aujourd’hui, même la fameuse prime de dépaysement initiée par le ministre Professeur Charles Zacharie Bowao - s’il ne crée pas un service parallèle qui pourra s’occuper exclusivement de celle–ci, afin d’éviter qu’elle passe directement dans le bulletin de solde, lorsqu’on sait que la D.G.A.F. (Direction générale de l’administration et des finances) avec sa lenteur, n’a toujours pas réussi ses opérations dès les premiers mois et que la loi n’a pas d’effet rétroactif, - beaucoup des hommes en armes des F.A.C, si on n’y prend pas garde, iront et rentreront de différents stages, à l’étranger, sans en avoir le droit. Qui ne le sait pas ?

Puisque tous les chefs militaires, pour ce genre de fautes, seraient épargnés de toute poursuite judiciaire. Immunité militaire oblige, la logique voudrait que cette situation soit clarifiée.

A tout prendre, de l’Aéroport international de Maya Maya ou au Port Autonome de Brazzaville par où, certains généraux, colonels, commandants très proches de M. Sassou ne cessent de transiter, il est étonnant d’écouter ce qu’ils disent à certains sous officiers lorsqu’ils ne veulent pas se faire contrôler ou fouiller ? Bien de choses qui révoltent et affolent les esprits (…)

Voilà la vraie face B de l’ armée, créée selon nos propres et vilaines habitudes et surtout nos petits appétits du ventre et du bas ventre.

A la faveur de la célébration des 50 ans de notre indépendance, le 15 août 2010, essayons, tant soit peu, de moderniser et de rééquilibrer les avancements et les nominations. Au sein des FAC, évitons de mettre en pratique la tristement théorie bien connue de «Moro o bosso!» !

Ne décourageons pas les uns pour favoriser les autres qui ne constitue qu’une petite frange de parents et de complices «douteux et moins méritants».

Réinventons notre armée, civilisons notre armée et l’ensemble de la Force publique pour éviter de vivre le pire car les grincements de dents se multiplient, ici et là, dans les casernes.                  Faute de syndicats, ces militaires aigris et très déçus ne peuvent hausser le ton et revendiquer leurs droits.

Le Président de la République, en sa qualité de Chef suprême des armées devrait sans doute jeter un regard assez particulier sur ce dossier qui, très souvent, se retrouve abandonné dans les archives et couloirs de certains officiers supérieurs qui étouffent bien de choses intéressantes et sensibles.

Au lieu d’aborder ces questions en privé dans les quartiers de la ville, le temps est venu pour l’aborder en live, de front et sans maquillage et sans peur primitive et coupable.

Nous y reviendrons.

Ghys Fortune DOMBE BEMBA