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Redynamiser le brassage des populations Kinoises et Brazzavilloises PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Talassa   
Samedi, 06 Mars 2010 11:47

André Kimbuta Yango et Hugues Ngouélondélé n’ont-ils pas du pain sur la planche ?

Les villes de Kinshasa et de Brazzaville sont les deux capitales les plus rapprochées au monde car elles ne sont séparées seulement que par cinq kilomètres d’eau, de part et d’autre des deux rives du Fleuve Congo.

En effet, les populations de la République Démocratique du Congo (RDC) et celles de la République du Congo sont issues d’un même ventre ethnique, tant l’histoire, la sociologie, la géographie, les coutumes et les traditions les unissent depuis des millénaires.

Des grands écrivains de notre époque, Henri Lopès, Tchicaya U’Tam’Si et des artistes musiciens de renom dont Franklin Boukaka, Joseph Kabasélé, le Ngantsié Strervos Niarcos, Papa Wemba, Bozi Boziana ont chanté des vers puissants, exaltant l’amour, la fraternité et l’unicité entre les peuples des deux Congo.

 

Cependant, il sied de souligner qu’après cinquante ans d’indépendance, les échanges économiques et socio culturels ont du mal à se développer afin de favoriser une véritable politique d’intégration entre les deux pays.

Les déplacements se font de plus en plus rares et les échanges commerciaux se raréfient au fil des années.

Il est ainsi difficile pour les populations de Kisangani, Kananga, Mbandaka et de Goma en RDC de se rendre facilement à Souanké, Mbinda, Sibiti, Kellé ou Mbomo au Congo.

De même, les formalités administratives au niveau des frontières terrestres et fluviales sont de plus en plus compliquées et ennuyeuses. Comment envisager alors une réelle politique d’intégration ?

Où en sommes-nous avec la fameuse Coupe du Pool qui, à l’époque, permettait aux équipes de football des deux capitales de s’affronter Ã  Kinshasa et à Brazzaville?

Les maires des deux villes, André Kimbuta Yango pour Kinshasa et Hugues Ngouélondélé pour Brazzaville, devraient imaginer des politiques devant favoriser plus de brassage, plus de mixage, plus d’amour et de solidarité agissante.

A quand l’organisation des voyages touristiques et des excursions croisées pour les deux villes capitales ?

A quand l’organisation, par exemple, des excursions trimestrielles au profit des populations de Ouesso, Owando, Oyo, Mbinda ou Lékana, qui souhaiteraient découvrir les villes de Lubumbashi, Kisangani, Goma ou de Matadi ?

A quand la création de véritables agences de tourisme et de voyage avérées capables de multiplier les voyages et les échanges de tout genre au profit des Kinois et des Brazzavillois ?

Comment comprendre que le titre de séjour délivré à la frontière entre Brazzaville et Kinshasa ne soit valable que pendant une période n’excédant pas 7 jours alors que sous d’autres cieux, ce titre a une validité de 3 mois ?

Dès lors, il ne serait pas exagéré que le fleuve Congo, loin d’être un simple pont semble devenir un véritable un barrage pour les peuples des deux Congo qui, depuis 1960, vivent encore en autarcie.

Cela résulte sans doute de la léthargie constatée dans l’application des lois, des mesures et autres décisions qui viendront renforcer le brassage et la mobilité des populations entre les deux capitales et toutes les autres villes du Congo et de la RDC.

Malgré la mise en place de plusieurs commissions mixtes de coopération entre les deux Congo, l’application des textes y afférant se fait souvent attendre, même dans le cadre de l’Union Africaine (U.A) ou de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC).

Voilà planté, le décor de la triste réalité qui existe dans les relations entre nombre de pays africains où, généralement, les populations éprouvent d’énormes difficultés pour se rendre d’un pays à un autre.

En effet, exceptée, l’Afrique de l’Ouest où, les lois adoptées par la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et par l’Union Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UMOA) ont permis la fluidité des échanges économiques et la libre circulation des personnes et des biens, en Afrique Centrale, cette libre circulation des citoyens et des marchandises, - bien qu’inscrite en lettre d’or dans les textes officiels-, n’est suivi d’aucun effet.

On assiste ainsi à une sorte de bunkerisation et d’autarcie des économies sous régionales qui, généralement, se développent en vase clos.

Cela constitue un facteur de régression et de sous développement pour les pays du Bassin du Congo qui devraient tirer un grand profit et plusieurs avantages en raison de la présence d’un grand fleuve et d’importantes ressources minières et halieutiques.

Ainsi, nombreux sont les analystes qui ont fait remarquer que la mauvaise gestion de la chose publique, les égoïsmes des uns et des autres et les guerres civiles répétées constituent l’arsenal des freins qui bloquent l’essor économique des Etats de l’Afrique centrale.

A cela, il convient d’ajouter, la négligence des décideurs politiques, l’absence d’une bonne politique de migration et d’immigration, l’échec de la politique d’intégration qui ont fini par retarder le décollage économique tant attendu par tous.

A preuve, le tourisme qui constitue une véritable source de revenus occupe encore un rôle très insignifiant en Afrique centrale, faute de voies de communications et surtout d’opérateurs économiques et touristiques avérés.

A la faveur des 50 ans d’indépendance, des efforts devraient être consentis par les gouvernements des deux Congo afin de ‘’booster’’ le développement du tourisme et des autres activités socio économiques susceptibles de favoriser le brassage des populations des deux Etats.

Cela n’est pas encore le cas pour le Congo où, les citoyens voyagent de moins en moins et rechignent de franchir les frontières nationales, comparativement aux ressortissants de l’Afrique de l’Ouest qui ont envahi l’ensemble des pays du Bassin du Congo. Au regard de ce qui précède, le département du Tourisme se doit de mettre en place des politiques visant à faire du Congo, une direction touristique de taille où convergeraient chaque année des milliers de touristes européens, asiatiques et américains.

Or, la redynamisation de tourisme comme entreprise revient à mettre en place des mécanismes qui permettraient de mettre à l’aise les visiteurs, en proposant des tarifs attrayants, défiant toutes concurrences, pour des services de meilleure qualité.

Dans la majorité des pays qui ont pris conscience de l’importance du tourisme pour une bonne émergence économique, les ressortissants nationaux résidant à l’extérieur qui rentrent aux pays, sont autant choyés que des touristes étrangers.

Ce qui explique la création dans certains pays d’un ministère en charge des nationaux résidant à l’étranger. Cela n’est pas le cas pour le Congo où, les Congolais de retour au pays ont parfois l’impression d’être moins traités que les étrangers, qui comparativement à ce qui se passent ailleurs ne bénéficient pas non plus de traitement de faveur.

Comment comprendre que la manne touristique qui est d’avoir les seules capitales les plus rapprochées au monde puisse être ainsi sabordé par des pseudo ministres de transport ? Le département du tourisme ne peut-il pas prendre les choses en main afin de redorer le blason du Congo qui pourrait devenir l’une des destinations les plus prisées au monde ? Les investisseurs qui remettent à neuf et construisent des nouveaux aéroports n’ont-ils pas à cÅ“ur de rentabiliser ses investissements ?

Les ministres en charge des Transports, de la Culture, de la Sécurité, du Tourisme, des Sports et Loisirs du Congo et de la RDC, ont intérêt à s’impliquer ici et maintenant afin d’apporter des solutions idoines à cette question. Car, un Congolais de Brazzaville qui voudrait se rendre à Kinshasa, se doit de débourser au moins 40.000 FCFA soit : 3.000 pour le laissez-passer ; 3.000 FCFA de taxe de redevance pour le trajet aller et retour ; 2.500 FCFA pour l’achat d’un carnet de vaccination ; 1.000 FCFA  pour les frais de fouille de police ;  25.000 FCFA de frais du billet allez et retour par canot rapide, contre 10.000 FCFA environ de frais du billet par le bateau «Grand bac». Il faudrait ajouter près de 10.000 Fcfa de frais des formalités à payer au débarcadère de Kinshasa sans oublier tous les frais frauduleux et autres tracasseries qui font du Beach de Brazzaville, l’un des grands pôles de la magouille, de la concussion  et de la corruption organisée.

En attendant la construction du fameux ‘’pont route et rail’’ entre Brazzaville et Kinshasa, et l’application effective des mille et une lois adoptées lors des différentes commissions mixtes des deux Congo, - créées aux fins de réguler tous les flux migratoires entre les deux Congo-, ‘’Talassa’’ milite pour l’intensification des échanges économiques, culturels, sportifs et autres afin de permettre le rapprochement entre les deux peuples appelés à s’unir, à vivre ensemble, à se forger un destin commun, comme l’avait chanté Franklin Boukaka, inspiré par Patrice Emery Lumumba. «Ebalé ya Congo ézali lopango té! ézali sé nzéla !».  Nous y reviendrons.

Ghys Fortune DOMBE BEMBA &   Dieumerci MOROPENZA