| Des assassinats, des crimes et des trahisons non encore élucidés |
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| Écrit par Talassa |
| Jeudi, 25 Mars 2010 13:37 |
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Il y a 33 ans périssaient les présidents Massamba-Débat et Ngouabi et le cardinal Emile Biayenda Dès1974, le diable personnifié se met en mouvement au Congo pour assouvir les intérêts de la France. Loin de raviver les plaies encore béantes, mais pour le devoir et en mémoire de ces illustres compatriotes, qui ont été massacrés par des bandits et des assoiffés du pouvoir qui continuent à courir les rues de Brazzaville, de Paris, de La Havane et celles des autres métropoles occidentales, sans être inquiétés, la rédaction a jugé utile de revenir sur ces événements.
Ayant épilogué longuement dans nos précédentes éditions sur le Commandant Sassou, MM Lekoundzou et Ibara, et sur la mascarade de procès qui avait entraîné la mort au petit matin de MM. Mizélé, Kianguila, Kikadidi, Kimbouala Kaya et autres, en ce 33ème anniversaire consacré aux assassinats crapuleux de marien Ngouabi, d’Alphonse Massamba-Débat et d’Emile Biayenda, la rédaction de Talassa se propose de scruter le prétendu rôle joué par la France. La France le bourreau de la francophonie et d’elle-même, peut-être considérée comme un pays qui scie la chaise sur laquelle elle est assise, tout en pratiquant un véritable parricide. Ce qui est interprété au niveau du Commonwealth comme une véritable trahison, une forfaiture parce qu’au sein de celui-ci, il règne une atmosphère des plus apaisantes, des plus calmes parce que les Anglais sont souvent plus civilisés et respectent les droits de l’homme. L’origine du 18 mars 1977, c’est-à -dire de «l’assassinat du Président Marien Ngouabi En effet, trois ans auparavant, le Président Marien Ngouabi était contraint de faire face à de nombreux coups d’Etats presque permanents dont il était victime. Selon les déclarations faites à la Conférence Nationale Souveraine par le Colonel IBARA Denis alors, Directeur Général de la Sécurité à l’époque du régime de Ngouabi, ces coups d’Etat, dit-on, étaient commandités, gérés, planifiés et financés par la France pour le compte de son robot. Lors du meeting improvisé le 17 avril 1974 à la Place de l’Hôtel de Ville à Brazzaville, le Président Marien Ngouabi avait dans son discours fustigé la France qui a failli provoquer une suspension de la coopération bilatérale. Ce jour là , Il avait déversé tout le concentré de sa haine et de sa colère sur cette France qui a toujours oublié que de notre pays faisait partie des les toutes les forces vives africaines ayant pris part à la deuxième guerre mondiale. C’est à partir de Brazzaville, capitale de la France-Libre, que le Général de Gaulle lança le célèbre et historique appel de mobilisation. A cette occasion, le Président Marien Ngouabi n’avait pas manqué de lâcher ces phrases qui seront fatales pour lui : «Cette France qui fait le fanfaron et l’arrogance, serait-elle sauvée si nos parents ne lui avaient pas porté secours ? Elle serait certainement ensevelie sous les gravats des bombes allemandes», ajoutant que le contentieux part de notre richesse, à savoir le pétrole qu’elle veut à tous prix. «Notre pétrole ne sera pas exploité par l’impérialiste et d’ailleurs, il peut rester là où il est, il ne pourrira pas», avait-il précisé. Le Président Marien Ngouabi avait tenu ces propos à l’Hôtel de ville, suite de la grève des étudiants. L’’Ambassadeur de France qui se trouvait à la tribune d’honneur rentré en hystérie et emportée par une furie, pas digne d’un diplomate venant d’un pays dit «civilisé», avait précipitamment quitté les lieux, touché par ces vérités. Ce que nos sages africains interprètent très raisonnablement quand ils disent : «Ce que tu refuses d’apprendre ou de comprendre dans le calme, la vie te l’apprendra et te le fera savoir dans les larmes et la douleur». Il y a des vérités que la France qui est toujours restée ingrat vis-à -vis des Africains noirs ayant combattu pour sa libération, n’aime pas et ne veut pas entendre. Elle n’a jamais voulu les entendre et les faire connaître à ses enfants surtout quand elles émanent des soi-disant «sauvages» qui, pourtant lorsqu’elle était en difficulté, s’étaient levés comme un seul homme pour lui venir en aide. Mais ne dit-on pas que la vérité est comme une cicatrice sur le corps, car elle est toujours visible au regard ? Cette partie de l’histoire française est souvent occultée et n’est nul part enseignée dans les écoles françaises parce que ne figurant nullement dans les manuels français pourtant bien écrits. Comment peut-on appeler un tel comportement : une ignorance, un mépris ou une couardise politiquement et historiquement entretenus ? Non, les Français sont trop intelligents pour ne pas savoir ce qui s’est passé sur leur territoire à fortiori, à une date très marquante de leur histoire. La France a seulement honte de regarder en face sa propre histoire, la vérité qui déchire l’entendement. Elle a honte des reflets de son histoire. Elle a peur de se mirer pour apercevoir sa laideur. Comme, on est en face d’un bossu qui ne voit pas sa bosse, on est obligé de le lui rappeler chaque fois. Et quand on lui fait des rappels de ce genre, elle se met en boule et pète les plombs. Après cet épisode, l’Ambassadeur de France était plus ou moins dérangé par le langage peu diplomatique et discourtois tenu par Marien Ngouabi, mais qui n’était que la vérité des mots crus prononcés par un Chef d’État sorti de sa lie. Le fleuve Congo qui coule à quelques mètres de là , venait de déborder. C’est la seule faute du comportement de la France restée trop agaçante et néocolonialiste aux yeux du Président Marien Ngouabi, qui subissait là les affres de sa perfidie. Il arrive des moments où la goutte d’eau fait déborder le vase, des moments où les civilités ne payent plus. Il y a également des moments où il faut appeler les choses par leur propre nom et remonter les bretelles à certains individus, certains pays tant ils le méritent. Sur cette terre, il y a des gens, des groupes de personnes et des États, qui se prennent pour ce qu’ils ne sont pas. Il faut parfois ramener ces imposteurs par essence à l’ordre, les ramener sur terre pour qu’ils arrêtent de rêver et de faire trop de vagues et de cauchemars. Mais il faut les pardonner parce qu’ils ont la nostalgie d’un ordre ancien, désuet et archaïque. Ils n’ont jamais su ressentir la brûlure de l’histoire et de la honte sur leur visage et feignent d’ignorer ce qui n’est point ignorable. Comme le disait le défunt Président guinéen, M. Ahmed Sékou Touré, quand «vous dansez avec quelqu’un, il faut lui marcher dessus pour qu’il sache qu’il n’est pas seul sur la piste dont il a tendance à s’approprier». Comme pour rappeler aussi la sagesse kongo qui dit que quand «vous battez le tam-tam pour un sourd muet, il faut de temps en temps lui taper sur son crâne pour qu’il comprenne que vous ne faites pas des grimaces mais que, vous battez du tam-tam». Les mêmes Kongo d’ajouter que quand «vous jouez le tam-tam, il ne faut pas avoir des airs arrogants comme pour vouloir prouver que vous êtes le meilleur, alors qu’il en a d’autres qui peuvent plus habile que vous en la matière». Le Président Marien Ngouabi qui était très remonté à cette occasion, avait également compris que son discours fera date et provoquera certainement un incident diplomatique. Il avait aussi compris que cela aura des conséquences fâcheuses sur sa propre vie. Le lendemain, le décor de la terreur et la barbarie fut planté. Et l’année académique 1974-1975 était fatale pour le Congo. La France coupait le cordon ombilical de la coopération. Plus d’enseignants, plus de médecins, plus de techniciens. Tout ceci se faisait dans l’indignation par une diplomatie mortifère et dangereuse. Le débat qui suivit, fut d’une telle expressivité, la paranoïa avait atteint son plus grand degré. C’était comme deux miroirs qui se renvoyaient les reflets, se rejetant la responsabilité et qui s’empoisonnaient mutuellement comme pour un suicide collectif. Croyant mettre le Congo à genoux, la France se fourvoyait et se trompait de pays et de peuple. Encore une fois, elle venait de tirer par terre. Le mythe de la démocratie venait d’exploser, le verbe avait épouvanté l’atmosphère avec une telle violence et rien ne fut fait pour arrêter le saignement. Pas de garrot. Le défi était grand comme dans un sursaut d’orgueil patriotique. Il y avait d’un côté l’honneur d’un pays aigri, arrogant qui voulut montrer ses dents en cherchant à bafouer et à rapetisser son partenaire et de l’autre, un grand défi d’honneur et le sursaut d’orgueil d’un grand peuple, défendant son histoire, en disant non à la soumission et la servitude. Le Président Marien Ngouabi qui ne lésinait pas et ne transigeait pas pour cela, n’avait jamais accepté qu’on marchande sur notre souveraineté. Le Président Alphonse Massamba-Débat ne disait-il pas qu’«un peuple mûr est celui qui défend sa cause, sa démocratie, sa souveraineté coûte que coûte jusqu’au bout et quel qu’en soit le prix». Nous étions devant une guerre dont les moyens utilisés par les deux parties étaient inégaux. D’un côté David et de l’autre Goliath. Comme dans une dernière convulsion, quand on défend des valeurs sûres, des idéaux, des convictions, la grandeur des armes comme telles ne prévaut pas. Seule compte et pèse la force et la noblesse de la conscience et de l’esprit. Comme ce fut pour l’ancien Président guinéen Ahmed Sékou Touré en 1958, qui avait déjà tracé les sillons et montré la voie à suivre, quand confronté au même dilemme lors qu’il fallait choisir entre l’indépendance et la soumission, il avait dit non de façon très solennelle, la tête haute, sans détour, avec une netteté absolue et absolutoire, au Président Charles de Gaulle qui croyait venir encore endormir, un Président et un peuple acquis. C’était mal connaître l’homme, le grand combattant de la liberté et de la justice, sans oublier l’évolution et la grandeur de l’homme noir, de sa bravoure, de son courage et la pertinence de sa combativité à la deuxième guerre mondiale et aux autres guerres que ce pays a livrées depuis 1900. Les moments n’étaient plus comme avant, où il fallait endormir les Africains au chloroforme ou les traiter comme des bambins. Le moment était historique puisqu’il engageait l’avenir du peuple guinéen et par transitivité celui de toute l’Afrique. La France, comme toujours, n’avait jamais voulu tenir compte de cette évolution du monde notamment du rôle, ô combien glorieux, joué par les Africains pour la libération de cette France amnésique, arrogante et fanfaronne. Au regard de ce nouvel ordre, le Président Ahmed Sékou Touré avait tenu à lui rappeler à travers le Général de Gaulle, le regardant sans sourciller, les yeux dans les yeux, il avait déclaré que«la Guinée préférait la liberté dans la pauvreté, à opulence dans l’esclavage». La formulation avait provoqué un véritable choc au Président de Gaulle et à la France. Une nouvelle attitude et un discours auxquelles elle n’était pas habituée. Cela a été un véritable onde, avec une incandescence du verbe et de l’expression aux tendances convulsives, suicidaires, aux goûts sulfureux. Ce langage peu courtois et moins flatteur de la part des «Nègres», les laissaient sans voix. Les Présidents Ahmed Sékou Touré, Alphonse Massamba-Débat, Marien Ngouabi, Barthélemy Boganda, Nasser, Kwame Nkrumah, Thomas Sankara, partie de cette caste en voie de disparition en Afrique. Ici le mythe de la démocratie avait explosé, la guerre d’usure venait d’éventrer une atmosphère avec une telle violence que les conséquences resteront longtemps gravées dans la mémoire de tout Africain sur ses 30 millions de kilomètres carrés. Toutes les stratégies militaires apprises dans les grandes écoles françaises, étaient nulles et de nul effet. Nous sommes comme devant cette histoire que raconte Hemingway dans son roman «Le Vieil homme et la mer». Le vieux pêcheur arrive à attraper un très gros poisson, tellement énorme qu’il doit l’attacher sur le flanc du bateau pour le ramener à terre. Mais le temps qu’il arrive sur la côte, le poisson a été complètement mangé par les requins. Et il ne lui reste plus que le squelette. Pendant trois ans, il y avait un bras de fer entre les Présidents Marien Ngouabi et Valérie Giscard D’Estaing, mais aussi entre le Congo et la France. Cette atmosphère pernicieuse et conspiratrice, nous amena à ce fatidique 18 mars 1977 où le notre pays devrait connaître le premier coup d’État meurtrier. Le vendredi 18 mars 1977, tout paraissait calme, très calme même, parce qu’on ne pouvait rien percevoir, même à partir du microscope le plus performant. Tout le monde vaque à ses occupations. Rappelons que toute la force publique était en alerte maximale, car elle redoutait un coup d’État. Que se passait-il du côté de la Présidence ? Du côté de la Présidence de la République, : 9 heures, comme prévu, le Président Marien Ngouabi était allé dispenser son cours à la Fac des Sciences. Au même moment sa garde, toute sa garde a été bizarrement envoyée aux manœuvres des festivités marquant l’anniversaire de son attentat d’hélicoptère manqué. En effet, comme le remarqueront tous les grands experts militaires, sur les 400 éléments composant la garde présidentielle qui devaient être à leur poste, curieusement et chose hallucinante, on n’a retrouvé autour du Président de la République pour sa sécurité, que l’équivalent de 30 à 40 éléments. Alors que tout le pays redoutait l’imminence d’un coup de force puisque toute la force publique était en alerte maximale. A 10 heures, Marien Ngopuabi avait poursuivi son programme journalier à sa résidence où il devait recevoir le Président de l’Assemblée, ensuite le Cardinal Émile Biayenda qui, avait clôturé ses réceptions matinales. Une lettre adressée par l’ancien Président Alphonse Massamba-Débat à son successeur 1er mars 1977, faisait savoir que le pays n’était plus comme il l’avait laissé. Qu’il était au bord de la banqueroute et qu’il fallait le remettre à ceux qui pouvaient mieux le gérer. En tant qu’Officier supérieur garant d’une certaine éthique, il lui revenait de prendre ses responsabilités, toutes ses responsabilités pour sauver notre pays de la dérive. Le message bien reçu puisqu’une semaine tout juste après, le Président Marien Ngouabi avait reçu son prédécesseur dans un entretien très courtois et rendu publique par toutes la presse. La suite dans notre prochaine édition.
Amos COLOMBE
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| Mise à jour le Jeudi, 25 Mars 2010 14:13 |





