Home Politique Enième vol à la Direction générale des Douanes : Le colonel Okinga et Cie devraient s’expliquer
Enième vol à la Direction générale des Douanes : Le colonel Okinga et Cie devraient s’expliquer PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Talassa   
Mercredi, 31 Mars 2010 10:18

La Direction Générale des Douanes et des droits Indirects est gardée par les éléments de la Force publique. Ces derniers ont été affectés par la note de service du secrétaire général des services de police, le colonel Jean François Okinga. Ces éléments sont censés assurer la sécurité de cette Direction très stratégique. Malheureusement ces éléments de la Force publique ne font que se prélasser à leur poste et s’occupent plutôt d’autre chose. Autrement dit, ils n’assurent nullement la sécurité de ce bâtiment puisqu’ils n’arrivent toujours pas à empêcher les  différents vols d’argent qui se commettent dans l’immeuble.

 

Le tout dernier vol d’argent dans cette direction date de quelques jours et d’un montant de cinquante millions de francs CFA. Ce vol de plus nous pousse quand même à nous poser quelques questions au sujet de la moralité et du sérieux aussi bien des responsables de la Force publique qui affectent les éléments que sur ces derniers eux-mêmes.

Comment des voleurs peuvent-ils arriver, avec deux bouteilles à gaz, une pioche, un chalumeau, détruire le coffre fort, voler 50 millions de francs CFA et s’en aller en toute quiétude alors que le bâtiment est bien gardé par les éléments de la Force publique ? Comment les voleurs savaient-ils qu’il y avait de l’argent dans le coffre-fort ?

Par quel miracle ces voleurs ont pu entrer dans l’enceinte du bâtiment, monter au troisième étage avec tout ce matériel, sans être vu, et procéder tranquillement au vol de toute argent au détriment de la Douane ? Cette direction serait-elle devenue un marché où tout le monde peut entrer comme il veut ?

Pourquoi le colonel Jean François Okinga, malgré les plaintes, même du DG des Douanes, suite à la multiplication des vols, est resté muets comme une carpe alors qu’il devait prendre des sanctions disciplinaires à l’encontre des éléments de la Force publique dont la collision avec les voleurs est  évidente ?

Pourquoi prend-t-il le risque d’affecter des éléments dont il n’a manifestement pas la moindre maîtrise ? Pourquoi les éléments de la Force publique n’arrivent pas à mettre la main sur ces voleurs qui, après tout, ne sont pas invisibles ?

En tout cas, ce qui intrigue jusqu’alors, c’est le mutisme du colonel Jean François Okinga et l’impunité garantie aux éléments de la Force publique. Certains citoyens, scandalisés par ces vols à répétition, n’ont pas hésité à dire que ce colonel devrait certainement être au courant de tout ce qui se passe et craindrait qu’en sanctionnant ces éléments de la Force publique, qu’il ne soit lui-même exposé pour l’argent qu’il recevrait en retour.

La loi du silence et la complicité entre les voleurs, les éléments de la Force publique devient une évidence, même pour certains douaniers qui ne comprennent plus la récurrence de ces vols dont les auteurs et ceux dont la mission est de les éviter ne sont jamais sanctionnés.

Par son silence et son inertie, le colonel Jean François Okinga encourage lui-même la propagation de la suspicion sur sa personne. En tant qu’autorité qui affecte les éléments de la force publique, il a le pouvoir de remplacer les éléments défaillants et, surtout, de les sanctionner en de défaillance avérée, comme c’est le cas en ce moment, avec les 50 millions de francs CFA volés.

En effet, s’il y a vol à la direction des douanes, c’est qu’il y a défaillance de la sécurité. Des mesures devaient être prises pour que ce genre de vols ne se reproduisent plus. Or, à chaque fois qu’il y avait vol comme maintenant, rien n’a toujours été fait. L’impunité dans tous les domaines continue à tirer notre pays vers le bas.

Ce vol  nous montre qu’en réalité la direction des douanes n’est jamais gardée et que l’insécurité là-bas est la règle. En dehors du vol d’argent, il n’est pas sûr que même le DG des douanes lui-même soit en sécurité dans ces conditions. Qui sait si un jour des explosifs pour faire sauter cette direction ne se retrouveront pas dans l’immeuble.

A lui aussi de se montrer maintenant regardant là-dessus, en demandant, par exemple, le remplacement de tous les éléments de la Force publique qui étaient de garde ce jour-là et des poursuites pénales contre eux pour complicité de vol.

Il appartient au Président de la République de savoir prendre ses responsabilités lorsque les personnes qu’il nomme aux responsabilités dans la Force publique se montrent défaillants. Des cadres de la Force publique intègres et compétents existent au Congo. Il suffit de laisser de côte le tribalisme, l’ostracisme et les considérations subjectives qui compromettent encore le développement de ce pays.  Autrement dit, the right man in the right place (l’homme qu’il faut à la place qu’il faut).

Dans son discours d’investiture, le Président Denis Sassou Nguesso, prenant ses responsabilités face aux anti-valeurs qui gangrènent la société congolaise, avait-dit : « Je veillerai donc avec davantage de rigueur à ce que les personnes que je nomme aux différentes fonctions d’Etat soient exemplaires et de bonne éthique, capables de faire respecter, au nom de l’autorité impartiale de l’Etat qu’elles incarnent, les lois et les règlements de noutre pays. Tout manquement, toute faiblesse m’amènera à en tirer les conséquences ...»

S’il est vrai que le colonel Okinga est indexé, cependant le général Mokoki ne devait pas être exclu de ce énième vol, car selon certaines indiscrétions, les gendarmes affectés à la garde des locaux de la DGD dépendent de sa circonscription. Plus d’une personne pense par ailleurs que, certains colonels en douane de cette maison seraient complices dans ces vols répétés. M. Sassou Nguesso et son Conseil national de sécurité, doivent tirer les conséquences qui s’imposent.

 Ghys Fortuné Dombe Bemba