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Tout le monde en parle, en dépit des oracles officiels … PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Talassa   
Samedi, 07 Août 2010 08:17

Le cinquantenaire de la misère ou la misère du cinquantenaire ?

L’image de l’avenir qui guide le pas du démocrate restera toujours tributaire de l’idéologie du progrès et de la démarche éthique. Le démocrate doit avoir une conscience aigüe de la scène contemporaine, cela va de soi ; mais il n’en valide que les valeurs qui accompagnent son projet d’émancipation sociale et personnelle.

Depuis le 15 août 1960, six chefs d’Etat dont trois (03) originaires du Sud à savoir Fulbert Youlou, Alphonse Massamba-Débat et Pascal Lissouba et trois (03) originaires du Nord à savoir Marien Ngouabi, Joachim Yhombi-Opango et Denis Sassou Nguesso, se sont relayés au pouvoir afin de conduire aux destinées du Congo d’hier et d’aujourd’hui.

Chacun d’eux a eu ses mérites, ses échecs, ses victoires, ses abus et ses dérapages. Tour à tour, chacun avec ses hommes de main et ses lampistes, ont tenté de réifier l’espérance, de développer le Congo, de nourrir le peuple congolais, de le loger, de le soigner et de lui assurer la sécurité et la paix. Sans grand succès car, au regard des richesses énormes que regorge le Congo, il y a lieu d’affirmer que les résultats sont demeurés jusqu’ici mitigés depuis 1960.

Voilà qui nous ramène, de toute façon, au Congo, où ces défis attendent d’être, pour notre compte, questionnés et affrontés sans grimaces inutiles, sans fanfaronnade et sans tapage anesthésiant. Ne nous voilons pas la face. Notre pays est encore sous peuplé certes mais, qu’avions-nous fait réellement pour rendre les Congolais heureux, libres, responsables, très compétitifs et prêts à affronter les grands défis de l’heure? Vous avez dit 50 ans d’indépendance du Congo ? Oui. Et, le reste ?

La chose à quoi impressionner le petit peuple. Elle donne même l’illusion d’une unanimité enfin consacrée, au bout de la si longue crise de confiance et de solidarité qui a miné le Congo depuis 1960, laissant ainsi intacts les défis majeurs auxquels ont été et sont encore confrontés la plupart des Congolais, assoiffés de paix, de justice sociale, de bonne gouvernance et de progrès.

Ces défis, est-il besoin de les re-nommer ?

En voici quelques-uns ; la sortie de l’oppression et de la dictature, pour le plus grand nombre ; la lutte contre la grande pauvreté ; une gestion cavalière des deniers publics en marge d’une mondialisation qui semble sur-doter les riches des manques répétées des pauvres.

Or, à la veille du 50ème anniversaire de notre indépendance, la question d’un Congo nouveau, débarrassé de ses peurs ; de ses inégalités ; de ses injustices ; de ses frustrations et du tribalisme contagieux cerne, en fait, un problème d’éthique, de responsabilité et d’échanges équilibrés.

Le concept central qui porte cette question pourrait bien être, aujourd’hui, celui de la démocratie. Qui induit, comme chacun sait, tout à la fois, la part du plus grand nombre et de l’homme, mais sorti, comme citoyen, de son infantilisme pour s’approprier et sa vie et son œuvre : le développement, l’égalité, la justice, la philanthropie, la fraternité, la paix et le sens du devoir et de la bonne gouvernance. Or, nous sommes bien loin de ses valeurs fondamentales pour avoir épousé idiotement les concepts avilissants à savoir le tribalisme, la corruption,

la gabegie, l’intolérance, la haine imbécile et le clientélisme politique qui, avouons-le, prostituent davantage l’âme, l’esprit et le corps physique.

Au finish, c’est le vrai Congo, c’est à dire le Congo profond, j’allais dire les Congolais, qui aujourd’hui, désabusés et luxés en douceur, paient inutilement la lourde facture dont personne ne pourrait imaginer le montant, les conséquences et le reste.

Comme quoi, depuis 50 ans, le peuple n’a été écouté, ni respecté, ni honoré, ni compris par les élites politiques qui se sont remplis les ventres non sans avoir garanti l’avenir de leurs propres enfants et neveux.

Regardez ceux qui multiplient le nombre de villas cossues et de voitures de luxe. Regardez aussi ceux qui multiplient le nombre de comptes bancaires avec de l’argent détourné, ici et là, autour des marchés et contrats mafieux. Regardez enfin ceux qui s’accrochent au pouvoir comme des sangsues depuis plus de 30 ans. Pour cette catégorie de citoyens, l’avenir du Congo et des Congolais de demain importe peu. Au nom de la politique de la terre brûlée, la reconstruction du Congo est et ne sera sans doute qu’un grand rêve en noir et blanc.

Pourquoi allons-nous alors célébrer en pompe le grand jubilé d’or de notre indépendance si certains Congolais se croient jusqu’ici au-dessus des autres citoyens, en se laissant idiotement emporter par les démons du tribalisme et du clanisme le plus primitif ?

Enfin, en 2060, lors de la célébration des 100 ans de notre indépendance, Dieu merci, parmi nous et notamment parmi ceux qui, aujourd’hui, proclament et exhibent, sans honte, leur tribalité, leur ethnicité et leur grosse fortune volée au peuple, ne seront plus en vie. Vanité ! Tout est vanité !

Nous y reviendrons.

Jean Bruno AYEL’O

 

Mise à jour le Samedi, 07 Août 2010 09:42