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Écrit par Talassa   
Samedi, 07 Août 2010 08:25

Mise en garde sévère de l’opposition à M. Sassou qui gère très mal et qui mijote la révision de la Constitution

«Vouloir réviser la Constitution du 20 janvier 2002, c’est transformer le Congo en un grand empire ! »

A quelques jours de la célébration des 50 ans de notre indépendance, ce 15 août 2010, l’un des enjeux politiques majeurs au niveau national, demeure la question relative à l’éventualité d’une révision de la Constitution du 20 janvier 2002. Qui l’aurait cru ?

En effet, cette question inattendue alimente, ici et là, les débats au sein des différentes chapelles politiques, relayée par une certaine presse rendue aux ordres. Telle est la toile de fond de la conférence de presse organisée le 30 juillet 2010 à Brazzaville par ce cartel des partis de l’Opposition, représenté, lors de cette conférence de presse, par MM. Mathias Dzon, Guy Romain Kinfoussia, Hervé Ambroise Malonga et autres.

Celle-ci a consisté à un échange franc sur l’actualité politique économique et socio politique de notre pays.

Nous publions, ici, en exclusivité, les points saillants de cette réflexion décisive de l’Opposition congolaise qui interpelle tout homme libre et de bonnes mœurs, qui préfère à toutes choses, la justice, l’alternance, le respect des engagements, la vérité et surtout la transparence.

Sur la France et ses réseaux maffieux en Afrique

Le FPOC a déploré la place importante que la France, ancienne métropole coloniale devenue depuis des lustres, un pays des libertés et une grande référence en matière de démocratie, a accordée, à l’occasion du défilé du 14 juillet dernier, aux dictateurs et tyrans qui s’enracinent en Afrique.

Aussi, le FPOC dénonce l’ambiguité entre le discours tenu à Nice par les autorités françaises à l’occasion du dernier sommet sur la Françafrique et les derniers évènements du 14 juillet où seuls les dirigeants des pays francophones ont été invités. D’où la démonstration patente de la perpétuité des réseaux souterrains de la Françafrique.

Sur le plan économique

A quand les audits de la SNPC, du Trésor public, des Impôts, de la Douane et des Grands Travaux ? Malgré les beaux discours du ministre Nzoungou, rien ne semble concret en ce qui concerne la lutte contre la corruption qui, avouons-le, aura du mal à traquer tous ceux qui s’enrichissent, de manière illégale, nuit et jour, sans foi ni loi.

Où va l’argent du pétrole ?

Selon les statistiques de la Banque centrale, le compte de stabilisation ne disposait en fin décembre 2009 que de 957 milliards de FCFA alors qu’il devait afficher des avoirs de l’ordre de 2.000 milliards. Comment expliquer cette situation lorsqu’on sait que le Président Sassou, dans son discours sur l’état de la Nation en 2006, avait annoncé qu’un audit serait organisé chaque année, qu’il serait rendu publique et qu’aucune dépense ne serait effectuée sur ce compte sans une loi rectificative c’est-à-dire sans l’aval du Parlement ?

En outre, cette année, malgré l’accession de notre pays au point d’achèvement de l’initiative pays pauvre très endetté (PPTE), l’accroissement des recettes pétrolières et l’annonce d’un taux de croissance à deux chiffres, le problème de l’emploi, du chômage des jeunes et surtout l’augmentation des salaires des pauvres fonctionnaires, demeurent sans réponse (…).

Enfin, pendant que les Congolais, dans leur majorité, croupissent dans la misère, le gouvernement se lance dans des dépenses de prestige et ne manifeste aucune volonté de réduire le train de vie de l’Etat.

Sur les mille et un voyages du Président Sassou à l’étranger…

En effet, en 2009, le gouvernement avait pris des dispositions pour limiter les missions à l’étranger de ses membres, tel n’a jamais été le cas au niveau de sa tête. Aussi, on peut noter, sans risque de se tromper, que le Président Denis Sassou Nguesso est perpétuellement en voyage, battant aujourd’hui selon la presse internationale, le record des voyages présidentiels de par le monde.

Sans vouloir préjuger de ses obligations qui, sans nul doute, devront concourir au développement réel de notre pays, le FPOC s’interroge réellement sur l’intérêt desdits voyages qui dépassent les prévisions budgétaires et dont on ne voit pas les retombées sur la vie nationale.

Sur l’éventualité d’une révision de la constitution…

L’éventualité d’une révision de la Constitution du 20 janvier 2002 est plus qu’à l’ordre du jour, dans la tête de ses propres concepteurs.

A vrai dire, comme au Niger, il y a quelques mois, réviser la Constitution du 20 janvier pourrait bien cacher le vrai problème de fond qui, selon M. Clément Miérassa, ne serait qu’un grand complot contre le peuple souverain, visant qu’une seule chose pour le Président Denis Sassou Nguesso et sa famille politique, à savoir : confisquer et conserver, coûte que coûte, le pouvoir en reconfigurant la Constitution et surtout en la taillant de nouveau sur mesure afin que les scenarii soient envisagés : la possibilité de voir le Président Denis Sassou Nguesso briguer à l’envie autant de mandats présidentiels qu’il le souhaiterait ; ou tout simplement passer le témoin à l’un de ses héritiers (un fils ou un neveu) semble-t-il, dont le nom circulerait déjà dans les couloirs du pouvoir. Au Niger, un plan de ce type avait été conçu par l’ancien Président Mahamadou Tandja. Hélas, il a été confondu et chassé du pouvoir par le peuple et notamment par ses «proches» qui ne pouvaient supporter de voir s’instaurer un empire au Niger.

A la vérité, depuis des temps, l’opinion nationale est savamment entretenue sur l’éventualité d’une révision de la Constitution du 20 janvier 2002.

Cette révision qu’annonçait déjà de manière insidieuse le Président Denis Sassou Nguesso au cours d’un entretien avec l’hebdomadaire «Jeune Afrique» sur le caractère non démocratique de la limitation des mandats présidentiels, et qui est jeté comme pavé dans la marre par des forces politiques proches de la majorité présidentielle, témoigne de la volonté politique de violer délibérément, pour le maintien au pouvoir, une constitution défendue bec et ongles par ses concepteurs lors du référendum constitutionnelle qui l’a adopté.

Pour le FPOC, cette révision n’est que l’arbre qui cache la forêt, la vérité étant celle de vouloir transformer le Congo en un empire ou un grand sultanat. (sic!)

En effet, la constitution congolaise qui, comme toute constitution au monde, ne peut être immuable ou figée, dispose cependant, en son article 185 alinéa 2, des règles et modalités pour y procéder et des clauses importantes contre toute procédure de révision, a déclaré Clément Miérassa.

Le Front des partis de l’opposition congolaise qui a toujours dénoncé la concentration de tous les pouvoirs dans les mains d’un seul homme, Suite de la page 4

attire ainsi l’attention de l’opinion nationale et internationale sur les dangers que comporterait la trahison par l’actuel chef de l’Etat congolais des engagements solennellement renouvelés par lui lors de ses dernières investitures à la magistrature suprême.

Fait curieux : en privé, certains ministres, députés, DG et de nombreux officiers supérieurs des FAC sont très hostiles et seraient farouchement opposés à cette volonté démoniaque de s’éterniser au pouvoir, en révisant la Constitution du 20 janvier 2002, a-t-on appris.

Sur les élections législatives de 2012

S’agissant de l’organisation des élections à venir, le FPOC estime que tant que la loi électorale n’est pas révisée, les mêmes scénarios se perpétreront pour fausser la volonté du souverain primaire.

Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’elle n’augure aucune transparence pour les élections législatives de 2012.

Au regard des risques incalculables et des abus que comporterait sans doute la probable

révision de notre Constitution, le Front des Partis de l’Opposition Congolaise (FPOC) dirigé par M. Clément Miérassa vient de tirer la sonnette d’alarme afin d’éviter que le Congo ne se transforme, 50 ans après son indépendance, en un véritable empire ou un sultanat au cœur de l’Afrique centrale.

Sur les festivités du 15 août 2010…

Enfin, après avoir dénoncé le grand complot qui plane autour de la Constitution du 20 janvier 2002 «pourtant taillée sur mesure», Clément Miérassa, Président du FPOC n’a pas manqué de souligner que l’Opposition congolaise célébrera les 50 ans de notre indépendance dans la méditation.

A la faveur des vents nouveaux qui accompagnent les festivités des 50 ans de notre indépendance, il sied de rappeler que la démocratie est une école qui a absolument des contraintes ou des obligations qui la régissent. Pour notre pays, vieux de 50 ans, voilà le prix à payer afin de s’offrir une démocratie apaisée et civilisée, débarrassée des démons de la monarchie et du clanisme.

Alain Michel IKELEMBA-MOLANDA

 

Mise à jour le Samedi, 07 Août 2010 09:42