| Le temps des faux députés |
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| Écrit par Talassa |
| Samedi, 07 Août 2010 08:30 |
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Le temps des faux députés
Absence notoire dans les circonscriptions électorales, inefficacité discursive lors des sessions…Beaucoup de fautes à reprocher à certains députés ponténégrins des deux dernières législatures. Arrondissement 4 Loandjili de Pointe-Noire. Situé au nord de la capitale économique congolaise, cet arrondissement est découpé en trois circonscriptions électorales. Les administrés de Marie Fernande Catherine Dekambi Mavoungou (administrateur-maire de Loandjili) délèguent donc trois citoyens tous les cinq ans (aux termes de la Constitution du 20 janvier 2002) à l’Assemblée Nationale du Congo. Mais trois ans après les législatives de 2007 entachées de choquantes irrégularités, ce qui a été visible comme les réalisations du président de la république, les habitants de Loandjili se plaignent de ce que leurs mandataires ne reviennent jamais leur rendre compte de ce qui se dit ou décide à la chambre basse du parlement. «En tout cas, depuis sa nomination, parce qu’il n’était pas réellement élu, Claude Abraham Milandou ne fait jamais de descentes parlementaires », déplore Simon du quartier Mbota. Et l’honorable Milandou n’est pas le seul à être accusé. Ses deux collègues également. «Il y a de quoi dépouiller Mathias Ngoukoula de son statut de député de la deuxième circonscription de Loandjili, parce qu’il ne fait rien », assène Francisca du quartier Culotte. Pour beaucoup, le cas de l’honorable Legernard Alexis est plus que cynique. «Selon nos informations, notre député ne siège jamais, il passe tout son temps en France », explique sans la moindre preuve, Sidoine du quartier Nkouikou.
«Gloire immortelle à Potignon ! » A en croire de nombreux Ponténégrins (habitants de Pointe-Noire), cette indifférence est loin d’être l’apanage de Loandjili. Et le problème ne date pas d’aujourd’hui. Dans d’autres circonscriptions de Pointe-Noire, on brille par l’irrégularité dans les descentes. Le cas à Mpaka dans le 3ème arrondissement où l’on reproche à l’honorable Ambroise Bayakissa «qui est sur les pas de Milandou », selon l’expression d’un enseignant. Les honorables Kombo-Kitombo, de Tié Tié II et Max Toussaint Loemba de Lumumba II sont souvent cités s’agissant de l’irrégularité dans les descentes. Quelques députés sont cependant exemptés. Certains sont honorés. Leur atout ? La qualité de leurs interventions à l’Assemblée nationale. «Même si elle n’est pas de Pointe-Noire, j’ai de l’admiration pour Lucile Oba Sauthat. Elle se défend bien », disait récemment un habitant de Foucks (arrondissement 2). Les mêmes qualités sont reconnues aux députés comme Roland Bouiti Viaudo, député-maire de Pointe-Noire et député de Hinda II dans le Kouilou et Maurice Mavoungou de Lumumba III. Mais de députés « bons élèves », Micheline Potignon Ngondo est la seule en passe d’être immortalisée. «Durant ces dix dernières années, elle est la seule à avoir correctement joué le rôle de député », expliquait un professeur d’histoire lors des campagnes pour le législatives de 2007. L’enseignement ne cherche pas des arguments pour se justifier. «Quel autre député a proposé une loi ? dit-il. C’est grâce à sa loi que j’ai compris les vrais problèmes de l’enfant congolaise. Nos députés devraient identifier les problèmes et proposer des solutions plus ou moins durables. Et que font nos députés aujourd’hui ? Tous ou presque n’attendent que des lois venues du gouvernement pour soulever la main selon qu’on est contre (cas de l’opposition) ou pour (majorité en question)». Un menuisier regrette d’avoir vu à la télévision son député en train de somnoler en pleine session. «C’est sûr qu’il attendait seulement le fameux moment du pour et du contre », commente cet habitant de Mvoumvou (arrondissement 2). La pratique de ces députés n’échappe aux critiques et interprétations. Nombreux expliquent que cette attitude s’explique par le fait que ces députés irréguliers dans leurs circonscriptions ou incompétents ne se reconnaissent pas avoir été choisis par le peuple. «Un putschiste peut-il avoir peur du peuple ? Mais non monsieur le journaliste. Il sait qu’il est arrivé au pouvoir sans le peuple, il est sûr qu’à la prochaine députation, il sera encore nommé ou imposé. Donc avec ou sans la population, il passera aussi longtemps que son gourou sera au haut sommet. C’est ça la triste réalité de notre pays », explique Jeancy de Makayabou à Loandjili.
Programme, profil, cœrcition, recyclage… «Le mal actuel du Congo, c’est le parlementaire », s’exclamait récemment un infirmier lorsqu’il a appris que le gouvernement venait de réserver 27 milliards pour les festivités du cinquantenaire. «Tout simplement parce que nous avons plus affaire aux commerçants qu’aux parlementaires soucieux de la gestion harmonieuse de la chose publique. A cela s’ajoutent le faible niveau d’instruction, le manque de maturité politique et la faiblesse institutionnelle ». Tous ces chefs d’accusation fondés ou non, posent en réalité le problème de l’éthique et de la qualité de ceux-là que les Congolais envoient à l’hémicycle. Que prévoit la loi au cas où le député ne joue pas son rôle comme s’il se doit ? Que dit le règlement intérieur de l’assemblée ? Pourtant, d’un point de vue logistique et financier rien ne manque à ces députés. Les frais de descente et les perdiems sont quotidiennement versés. Pourquoi diable n’accomplissent-ils pas leurs tâches ? N’y a-t-il pas moyen pour la société civile d’y jeter un regard ? Ce qui est normal, car l’Etat leur verse l’argent du contribuable pour réfléchir quotidiennement sur les problèmes de la population, comme l’a fait Potignon en finançant les études sur les conditions de l’enfant congolais. Et non pour renforcer les parcs automobiles, multiplier les maîtresses, faire du tourisme en Occident. Il serait donc important de « durcir » les critères d’éligibilité. Par exemple demander à tout candidat d’exposer sa contribution à la bonne marche des institutions, plutôt que d’accepter des gens sans vision politique, mais adeptes du clientélisme politique et accrocs aux méthodes dictatoriales dignes de Hitler. Le profil, le niveau d’instruction et la maturité politique devraient également être de mise. Car comment voulez-vous qu’un homme mal informé ou mal formé débatte correctement d’une question ? En tout cas, sauf miracle, un tel homme ne sera qu’un béni oui oui ou un extrémiste radical du genre des opposants de la législature des années 90. Qui enfin guérira les défauts de nos députés ? Peut-être lui-même le big boss. John Ndinga-Ngoma  |
| Mise à jour le Samedi, 07 Août 2010 09:43 |


