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Devant la politique de l’impasse depuis 50 ans… PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Talassa   
Lundi, 16 Août 2010 09:51

Gamassa et cohorte dénoncent la gestion scabreuse et hasardeuse du pouvoir issu du coup d’Etat de 1997

 

A l’occasion de la célébration du cinquantenaire de l’accession du Congo à la souveraineté internationale, l’Union Panafricaine pour la Démocratie Sociale (UPADS) a publié : La Déclaration pour le Cinquantenaire au cours d’un point de presse organisé le 10 Août 2010, à l’Hôtel Saphir à Brazzaville.

Cette déclaration qui, avouons-le, fera date, a été présentée par M. Pascal Gamassa, chargé de la Permanence du Parti et Président du Conseil des Vice-présidents de l’UPADS, en présence de Clément Mouamba, Pascal Tsaty-Mabiala, Jean Itadi et bien d’autres membres influents de l’Union Panafricaine pour la Démocratie Sociale (UPADS), premier parti de l’Opposition congolaise.

 

De nombreux militants et sympathisants de l’UPADS ainsi que MM. Guy Romain Kinfoussia, Président de l’UDR-Mwinda, de Clément Miérassa, Président du PSDC, tous membres du Front des Partis de l’Opposition Congolaise (FPOC), ont pris part à cette cérémonie.

 

Dans un style assez particulier, M. Pascal Gamassa, a de manière responsable, pointé tous les abus, les rendez-vous manqués, les désordres économiques et les anti-valeurs qui, depuis la fin de la guerre du 5 Juin 1997, ont pris corps, chez nous. Qu’avions-nous gagné après 50 ans d’indépendance ?

L’UPADS, a calé sa déclaration pour le Cinquantenaire sur les domaines suivants: l’éducation, la santé, l’emploi, les infrastructures socio économiques et la corruption des élites politiques engluées dans la magouille et les prébendes.

Voilà, en filigrane, le résultat négatif des 50 ans d’une indépendance soldée pour le Congo, un pays riche certes mais, qui se retrouve aujourd’hui plongé dans une misère sans nom et surtout relégué au rang des pays pauvres très endettés (PPTE) du fait de la délinquance économique, de la gabegie, du tribalisme et de la privatisation de l’Etat par une «écurie militaro ethnico politique» qui dicte tout, impose leur diktat et s’impose partout.

A tout prendre, le bilan dressé par l’UPADS est très négatif en raison des coups d’Etat, des mascarades électorales, des guerres civiles inutiles sans oublier le long cortège des actes de délinquance économique inqualifiables.

Enfin, cette Déclaration de l’UPADS s’inscrit aussi dans la perspective de voir les Congolais, du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest, positiver dans les 50 ans à venir, l’avenir du Congo de demain afin de jeter les bases sur lesquelles sera construit ce Congo tant rêvé, c’est-à-dire celui que nous avons tous le devoir de bâtir, ici et maintenant, avant la célébration du premier centenaire de l’accession à l’indépendance de la République du Congo, le 15 Août 2060. Ceux qui seront en vie, en 2060 devront récolter les fruits doux de l’arbre de l’espérance que nous aurons planté aujourd’hui.

La rédaction de «Talassa», toujours calée sur le devoir d’informer, le droit à l’information et la liberté de communiquer, relaye, ici, pour ses lecteurs, le contenu de cette Déclaration pour le Cinquantenaire.

 

Déclaration pour le cinquantenaire

«Au moment où se profilent à l’horizon les festivités du cinquantenaire de l’accession du Congo à la souveraineté internationale, l’Union Panafricaine pour la Démocratie Sociale (UPADS), ne peut se passer de l’interrogation sur ce que nous avons fait de nos cinquante ans, de ce nous ferons des prochaines années pour qu’elles ne soient plus une nouvelle longue période de générations sacrifiées.

Dans notre pays, l’on a vu reculer les valeurs fondatrices de la société et le triomphe du chacun pour soi, du mépris de l’autre, de la confiscation de la chose publique et commune, le triomphe de la corruption, de l’achat des consciences et de l’impunité.

Le Congo n’a été ni au rendez-vous de l’unité, ni de celui du travail ni encore moins du progrès. Nous avons ainsi tourné le dos à notre devise et donc à ce qui aurait dû structurer notre action

politique. Quelques exemples parmi les catastrophes :

Le Système de santé est malade

La recrudescence des maladies

éradiquées au lendemain des indépendances, la prévalence des pandémies, l’abandon et le dépérissement des formations sanitaires, la stagnation de l’espérance de vie autour de cinquante ans, sont le témoignage du quotidien des Congolais plus familiers des décès et des enterrements, que des rencontres joyeuses.

La mort est fréquente et partout présente et très peu est fait pour que le Congolais survive au moindre incident. Cette situation fait des pompes funèbres, de manière indécente et paradoxale, le secteur d’activité le plus rentable financièrement.

L’Etat se transforme ainsi en un Etat croque mort…

L’Ecole est une machine à fabriquer du gâchis

Sur un échantillon de 100 enfants entrant au primaire, seule la moitié arrive en 6ème. . La moitié de cette moitié terminera la 3ème et enfin de compte seul 5% environ réussiront au Baccalauréat.

Le système scolaire aura produit 95% de rebuts, sans formation professionnelle, sans niveau, sans diplôme donc sans avenir.

Le Chômage est massif et endémique

Les jeunes sont les plus durement frappés. Des générations entières de jeunes Congolais passeront sans interruption de l’adolescence à l’âge de la retraite sans avoir jamais connu ce que travail, emploi et salaire veulent dire.

Non insérées dans la vie active, ces générations de futurs parents vont donner naissance à d’autres cohortes de disqualifiés sociaux.

Les infrastructures économiques et sociales sont soit en dégradation continue soit inexistantes

La dégradation de

l’environnement et du cadre de vie est

devenue insupportable.

La pauvreté s’est muée en misère.

Les taux de pauvreté sont intolérables, on chiffre à près de 70% le nombre de Congolais vivant sous le seuil de pauvreté.

La cupidité, le mépris de la loi et

de l’autre, la préférence donnée à la violence, qu’elle prenne la forme de violence physique, armée ou psychologique, de la corruption ou de viols de corps ou de conscience, des injustices et des inégalités ont fini par déconsidérer la politique et les politiques.

Les politiques eux-mêmes, en désertant leurs missions de bâtisseurs de la cité et en se réfugiant derrière la force et la haine se sont considérablement délégitimés.

L’abstention aux différentes élections n’est pas un simple avertissement. C’est un refus des populations d’apporter caution à des pratiques maffieuses qui ne peuvent qu’aboutir à la fin de la République et au triomphe de la loi de la jungle dont la conséquence logique est la guerre perpétuelle de chacun contre tous.

Continuer de telles pratiques porteuses de risques graves pour le pays est plus qu’un problème éthique ou moral ; c’est plus que cela, la cohésion et la paix sociale sont largement menacées.

Les nouvelles espérances comme les municipalisations lentes ou accélérées ne sauraient transformer le chemin de croix en chemin du futur.

Devant la politique de l’impasse et l’impasse de la politique, l’U.P.A.D.S propose d’autres voies, d’autres pratiques plus en conformité avec notre devise nationale : Unité -Travail –Progrès et avec nos valeurs.

L’UPADS croit fermement à la nécessité de la reconstruction de l’Unité de ce pays déchiré par les guerres et toutes les dérives.

L’UPADS croit aux vertus d’une véritable réconciliation et de la justice gages essentiels pour une paix, un développement et un progrès durable.

Il est temps que certains dirigeants ôtent leurs œillères et se

rendent compte, que mal élus, mal nommés, prédateurs de la chose publique, ils n’ont d’existence officielle que celle que confère le fusil, tenu par un autre.

L’assurance ici est dérisoire et passablement risquée.

Il est temps que solution soit apportée à la situation créée par le Coup d’Etat de 1997 et tous les conflits antérieurs.

Tous les fils du Congo doivent rentrer au pays, nous pensons à nos camarades encore réfugiés et exilés.

Tous les fils du Congo doivent être mis à contribution pour apporter leur pierre à la construction de leur pays meurtri.

La vérité sur les crimes du Congo doit être connue et rendue publique pour réconcilier le pays avec lui-même.

Tous nos morts doivent être rendues à leurs familles pour bénéficier de sépultures décentes.

Les réparations doivent avoir lieu. Le Congo a besoin de justice pour tous.

Il est temps que la paix des âmes et des cœurs remplace la paix armée dont l’histoire des hommes a toujours révélé la fragilité.

L’occasion du cinquantenaire des indépendances, ne doit pas rejoindre la longue file des occasions manquées.

C’est, consciente de son rôle historique de Parti de gouvernement, que l’UPADS invite solennellement le Chef de l’Etat à ne plus rater l’occasion de redonner un espoir au Congo après tant de décennies perdues.

L’Avènement de la République est un objectif stratégique et l’édification d’une Nation congolaise indépendante et solidaire doit être notre devoir sacré.

Je vous remercie.»

 

Fait à Brazzaville, le 10 Août 2010,

Pascal Gamassa,

Chargé de la Permanence du Parti et

Président du Conseil des Vice-présidents de l’UPADS.

 

Mise à jour le Lundi, 16 Août 2010 09:54