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Le Congo est à genoux PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Talassa   
Jeudi, 19 Août 2010 11:37

Sassou peut-il réaliser en six ans ce qu’il n’a pas pu faire en 26 ans de règne sans partage ?

 

Aujourd’hui, soit 13 ans après, il cumule d’un exercice présidentiel à l’autre 26 ans de pouvoir. A la conférence nationale il avait su trouver une pirouette pour répondre aux tonnes de récriminations dont-il avait fait l’objet : «J’assume», avait-il dit. Si dans ce cas là, il s’était agi de malice politicienne, aujourd’hui à l’heure du bilan global des 50 ans d’indépendance, à tout seigneur tout honneur, il s’agit pour lui d’assumer la durée la plus longue à la tête du pays, un peu plus de la moitié de ce bail. Il faut s’interroger de ce que nous sommes à côté des pays ayant du pétrole, comparables au nôtre par leur taille et leur faible démographie ? Est-ce que le Congo est-il mieux nanti que le Gabon, la Guinée Equatoriale ou l’Angola ? Si non, pourquoi ? Le président de la République, eu égard aux ressources naturelles dont regorge le pays, est-il animé d’un sens patriotique, susceptible de placer le Congo parmi les meilleurs en Afrique ?  Sommes-nous aujourd’hui parmi les premiers ? Si non, pourquoi ? Les Congolais sont-ils heureux dans leur pays ? Vivent-ils bien ?

En 26 ans de règne, le président lui est heureux. Manifestement le pays devrait tout mettre en œuvre pour que les réalisations économiques se fassent au profit du peuple qui est le moteur du développement. Sinon c’est se mettre en porte à faux avec un règne si long.

 

Le discours du 15 août, a-t-il tracé une perspective claire ? Ce discours par sa portée, sa profondeur et ses engagements, a-t-il été précis et quantifié, n’a pas été  une énumération de promesses comme par le passé.

Qu’en est-il de la liberté de la presse quand on sait que les médias Etat ne la respectent pas scrupuleusement ? On devrait être interpellé en la matière par la manière de faire de certains pays voisins où la majorité et l’opposition s’expriment de façon égale.

La dernière séance des questions orales avec débat au gouvernement organisée par  l’Assemblée nationale, a été démontré le silence de l’opposition, titillée par la député Oba Lucille, amusée de voir que sur ce sujet toute l’opposition avait choisi de ne pas intervenir.

 

Que retenir de la prestation de serment

de Sassou Nguesso en 2009 ?

Avant sa prise officielle de fonctions, Denis Sassou Nguesso, prêtait, devant un parterre de chefs d’Etat, conformément au serment consigné à l’Article 69 de la Constitution du 20 janvier 2002, qui stipule : « Devant la Nation et le Peuple congolais seul détenteur de la souveraineté : moi, Denis Sassou Nguesso, président de la République, je jure solennellement de respecter et de défendre la Constitution et la forme républicaine de l’Etat, de remplir loyalement les hautes fonctions que la Nation et le Peuple m’ont confiées, de garantir le respect des droits fondamentaux de la personne humaine et les libertés publiques, de protéger et de respecter le bien public, de consacrer l’intégralité des ressources naturelles au développement de la Nation, de garantir la paix et la justice à tous, de préserver l’unité nationale et l’intégrité du territoire, la souveraineté et l’indépendance nationales ».

Cet article prescrit au président de la République d’incarner l’unité nationale, de veiller entre autres au respect de la Constitution et au fonctionnement régulier des institutions de la République.

En se référant à ces deux dispositions précitées, il sied de relever que depuis son investiture, le président de la République et son gouvernement n’ont cessé de violer délibérément la Constitution, notamment, les articles 9, 10, 19, 23, 25, 30, 31, 36, 48, 72, 73 et 171.

Ces articles ont respectivement trait au respect de la liberté de la personne humaine (article 9) ; à l’interdiction de la torture (article 10) ; à la liberté de l’information (article 19) ; au droit à l’éducation et à la santé (articles 23 et 30) ; au droit syndical (article 25) ; à la morale et aux valeurs républicaines (article 31) ; à l’obligation de compensation pour toute pollution ou destruction résultant d’une activité économique (article 36) ; à l’obligation pour tout citoyen nommé à une haute fonction de déclarer son patrimoine avant la prise et après la cessation de celle-ci (article  48) ; à l’incompatibilité du mandat présidentiel avec des fonctions au sein d’un parti politique (article 72) ; à l’obligation du président de la République d’occuper une résidence officielle (article 73) et à la non utilisation de la force publique à des fins politiques et personnelles (article 171).

 

Les preuves de violation  des différents articles

L’article 9 stipule : « La liberté de la personne humaine est inviolable. Nul ne peut être arbitrairement accusé, arrêté ou détenu. Tout prévenu est présumé innocent jusqu’à ce que sa culpabilité ait été établie à la suite d’une procédure lui garantissant les droits de la défense. Tout acte de torture, tout traitement cruel, inhumain ou dégradant est interdit ».

Quoique corroborant les dispositions supranationales édictées par la Déclaration Universelle des Droits de l’homme en ses articles 9 « Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé » et 11 « Toute personne accusée d’un acte délictueux est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie…», cet article 9 de la Constitution n’est pas appliquée dans la pratique. Par rapport à ce texte, plusieurs citoyens ont été victimes d’arrestations arbitraires, au mépris de toutes procédures légales. M. Jean-Pierre Lokenia de l’Association Marien Ngouabi et Ethique, a été enlevé et séquestré arbitrairement pour son activisme politique. M. Mabio Mavoungou-Zinga, a été quant à lui victime d’un enlèvement nocturne, suivi d’une séquestration, à la suite des troubles qui ont émaillé les obsèques de Jean-Pierre Thystère Tchicaya. Le jeune Sabin Mangalla a subi des tortures à mort après avoir passé plusieurs jours dans les prisons privées, à la DGST et au Commandement de la gendarmerie pour ne citer que ces trois cas les plus flagrants parmi tant d’autres.

L’article 10 dispose à son alinéa 2 : «Tout individu, tout agent de l’Etat, toute autorité publique qui se rendrait coupable d’acte de torture ou de traitement cruel et inhumain, soit de sa propre initiative, soit sur instruction, est punie conformément à la loi ».

Pourtant, dans les geôles de la gendarmerie et des commissariats de police, la torture et les traitements inhumains conduisant parfois à la mort, constituent le vécu quotidien des détenus, ce, au mépris total des principes édictés par la convention des Nations Unies de 1987 contre la torture qui énonce : «Aucune circonstance exceptionnelle quelle qu’elle soit, qu’il s’agisse de l’état de guerre,  d’instabilité politique intérieure ou de tout autre état d’exception, ne peut être invoquée pour justifier la torture ».

Aux termes de l’article 23, il est relevé que « le droit à l’éducation est garanti. L’accès à l’enseignement et à la formation professionnelle est garanti. L’enseignement, disposé dans les établissements publics, est gratuit… ». L’article 30, quant à, lui dit : « l’Etat est garant de la santé publique. Les personnes âgées bénéficient des mesures de protection en rapport avec leurs besoins physiques, moraux ou autres, en vue de leur plein épanouissement ».

Or, il est de notoriété publique qu’au Congo, ni la gratuité de l’enseignement dans les établissements publics, ni les mesures de protection en faveur des personnes âgées et des personnes handicapées, ne sont jamais appliquées.

Nonobstant toutes les bonnes intentions rendues publiques à hue et à dia par le gouvernement dans le cadre de l’enseignement, il n’est pas rare de constater que dans de nombreux établissements scolaires du Congo, les élèves manquent cruellement de tables bancs et travaillent à même le sol.

Dans les hôpitaux, comme le CHU de Brazzaville, il y a une carence irrécusable de médicaments essentiels et de nombreux malades sont transportés à dos d’hommes pour atteindre les étages supérieurs de cet établissement, moyennant de l’argent.

Les handicapés et les personnes âgées ne font l’objet d’aucune attention particulière de la part de l’Etat  qui les traite tous, comme des personnes valides.

Selon l’article 25, « à l’exception des agents de la force publique, les citoyens congolais jouissent des libertés syndicales et du droit de grève dans les conditions fixées par la loi ».

Bien que cet article réaffirme la liberté syndicale et le droit de grève, La défense des droits des travailleurs n’est pas vraiment garantie puisque de temps en temps des syndicalistes sont inquiétés et les trêves sociales sont tacitement reconduites tous les ans. Ces reconductions sont imposées aux travailleurs par le pouvoir qui en tire bien profit.

L’article 31 fait « obligation à l’Etat d’assister la famille dans sa mission de gardienne de la morale et des valeurs compatibles avec l’ordre républicain ».

Aujourd’hui, force est de constater que l’Etat ne prend aucune mesure pour assister les familles en cas de besoin. Les populations assistent impuissantes à la montée fulgurante de la dépravation des mœurs, mais aussi la généralisation des fléaux sociaux tels que la corruption, la concussion, la prostitution des jeunes filles.

Aux 2e et 3e alinéas de l’article 36, il est écrit : « Toute pollution ou destruction résultant d’une activité économique donne lieu à une  compensation. La loi détermine la nature des mesures compensatoires et les modalités de leur exécution ».

Dans le département du Kouilou, par exemple, du fait de l’exploitation on shore et off shore du pétrole, plusieurs communautés villageoises dont celles de Djéno, Bondi, Tchicanou, se plaignent de ce que leurs terres, leurs faunes végétales et aquatiques, leur santé, se trouvent affectées par la pollution résultant de ces activités. Malgré les multiples interpellations des organisations de la société civile, jusqu’à ce jour, aucune initiative n’a été prise pour faire appliquer la disposition de la loi fondamentale suscitée. Pire, le gouvernement, plusieurs fois interpellé, n’a  jamais été préoccupé par les problèmes auxquels sont confrontées ces communautés villageoises qui ne disposent plus de terres arables.

Il est édicté à l’article 48 que « tout citoyen, élu ou nommé à une haute fonction publique, est tenu de déclarer son patrimoine lors de sa prise de fonctions et à la cessation de ses fonctions. L’inobservation de cette obligation entraîne la déchéance des fonctions dans les conditions fixées par la loi ». Depuis l’entrée en vigueur de la Constitution de 2002, le chef de l’Etat, lui-même, ne s’est jamais conformé aux dispositions requises par cet article. Ni les anciens et nouveaux ministres, ni les ex et actuels députés et sénateurs, ni les anciens et hauts fonctionnaires occupant aujourd’hui des grands postes au sommet de l’Etat, ne se sont sentis préoccupés dans ce cadre.

Aucune disposition légale n’a jamais été prise pour faire appliquer cette prescription de la loi fondamentale, alors qu’une proposition de loi initiée à ce sujet par l’honorable défunt André Milongo Ntsatouabantou, n’a jamais été soumise en débat à  l’Assemblée nationale jusqu’à ce jour.

Il ressort de la compréhension de ce texte que la déclaration de leur patrimoine par les personnes intéressées par cet article est un préalable à l’occupation de toutes hautes fonctions. Il s’en suit que le président de la République, les membres de son gouvernement, les députés et les sénateurs anciens et nouveaux ou les personnes ayant bénéficié aujourd’hui ou hier d’une quelconque nomination à un grand poste qui n’ont pas respecté les dispositions de cet article 48, sont passibles de sanctions prévues par ce texte, c’est-à-dire, la déchéance.

L’article 72 précise à son alinéa 2 que « le mandat du président de la République est également incompatible avec toute responsabilité au sein d’un parti politique ».

Cette disposition n’a pas empêché que le président Denis Sassou Nguesso soit resté de janvier 2002 à octobre 2006, président du Parti congolais du travail (PCT). Et aujourd’hui, il est président de fait du RMP. N’était-il pas intervenu ouvertement pendant la crise qui avait opposé au sein du PCT les rénovateurs et les conservateurs, en ordonnant l’arrêt l’immédiat des travaux du congrès de ce parti, initié par les conservateurs ?

Le 4è alinéa de l’article 73 fait

obligation au « président de la République d’occuper une résidence officielle ».

Au mépris total de cette obligation, le président Denis Sassou Nguesso occupe depuis 2002, sa résidence privée du quartier Mpila à Brazzaville qui est équipée et entretenue par l’Etat. Il perçoit à cet effet des frais de loyer payés par le contribuable congolais,  pendant ce temps, les deux résidences officielles, demeurent inoccupées.

Dans l’article 171, il est rappelé que « la force publique est apolitique. Elle est soumise aux lois et règlements de la République. Elle est instituée dans l’intérêt général. Nul ne doit l’utiliser à des fins personnelles. La force publique est subordonnée à l’autorité civile. Elle n’agit que dans le cadre des lois et règlements. Les conditions de sa mise en œuvre sont fixées par la loi ».

Pourtant, lors du conflit politique que le PCT a connu entre temps avec  les rénovateurs et les conservateurs qui était dirigé à cette époque par M. Justin Lékoundzou, luttant pour le maintien de l’appellation PCT dont leurs adversaires ne voulaient plus, le chef d’Etat-major général des Forces Armées Congolaises (FAC) est intervenu, en sommant les conservateurs de ne plus poursuivre le congrès que l’aile de M. Lékoundzou avait convoqué.

Plus d’une fois, ces derniers temps, la force publique a empêché l’opposition de tenir des meetings et d’autres manifestations publiques quand bien même ils ont reçu l’agrément des personnalités politico-administratives assermentées.

L’immixtion de l’armée dans un conflit interne d’un parti politique constitue une confusion anticonstitutionnelle et prouve clairement que le chef de l’Etat continue de manipuler à sa guise la force publique et le PCT.

Au regard de la gravité des faits suscités et pour d’autres manquements observés depuis belle lurette, beaucoup de nos compatriotes digèrent plus cette façon de diriger la République qui est devenu une véritable pétaudière où domine la loi du plus fort. A cet effet, M. Sassou Nguesso ne devrait-il pas être poursuivi pour parjure et haute trahison y compris les membres de son gouvernement, certains élus et hauts fonctionnaires, conformément à l’article 48 de la Constitution.  Celle-ci n’étant plus respectée par les gouvernements, elle devrait être difficilement  opposable à tout citoyen congolais.

 

Dysfonctionnement de la justice

Ce n’est, dans le pays, un secret pour personne, tout le monde voit comment certains acteurs politico-administratifs très proches du président Denis Sassou Nguessou continuent d’influencer les tribunaux.

Dans beaucoup des cas, les verdicts sont truqués en leur faveur  et les décisions pris par les tribunaux ne sont pas appliquées. Les affaires concernant le Groupe International Charles Ebina Yamvoula (GICEY) et le comité de privatisation à propos de l’Hôtel Mbou-Mvoumvou (ex Novotel) ; Salu-Humberto, la spoliation des biens du président Youlou, notamment l’Hôtel Olympic Palace, le refus par l’armée d’appliquer le jugement rendu par le tribunal au profit de plusieurs agents de la force publique brimés jusqu’à ce jour,  la situation des ex travailleurs de Sangha-Palm et ceux de l’ex Comilog demeurée irrésolue depuis des années, sont des exemples patents. La liste n’est pas exhaustive, car les cas à citer en guise d’exemples ne manquent pas.

Contrairement aux normes démocratiques régissant un Etat de droit, certaines institutions nationales ne fonctionnent pas normalement. Pour preuve, la validité des mandats du Conseil Supérieur de la Liberté de Communication (CSLC) et le Conseil Economique et Social (CES), est épuisée il y a plus d’une année. Comme pour dire  que leur légitimité fait polémique, à une année après les présidentielles de 2009 qui se sont déroulées  dans le mépris des Accords de Bamako édictés par l’Union Africaine (UA). Ces accords font obligations aux Etats signataires d’organiser les échéances électorales dans la transparence et la bonne gouvernance.

Il sied de signaler en passant que les élections législatives n’ont pas obéît aux normes, du fait que la validité des scrutins n’a pas été entériné par les observateurs internationaux. Selon le constat des institutions financières, la gestion des affaires publiques s’avère peu orthodoxe et l’implication des membres de la famille présidentielle dans ce cadre constitue un grand obstacle.

Le pouvoir de Sassou continue de cautionner entre autres les détournements des deniers publics, la corruption, la fraude, la concussion. Les pouvoirs judiciaires ne disent rien face à ces fléaux. Sans être inquiétés, les dignitaires confisquent les biens de l’Etat. Beaucoup de nos compatriotes sont offusqués  par l’inefficacité de l’appareil judiciaire devant certaines violations des lois et règlements de la République par les dinosaures du pouvoir.

Avec la complicité de plusieurs caciques, de nombreux opérateurs économiques véreux, assignés en justice par les pouvoirs publics, après avoir pourtant grandement médiatisé leur arrestation,  sont relâchés sans une autre forme de procès.

La Cour des comptes et de discipline budgétaire qui ne voit que du noir depuis belle lurette, observe impuissante à toutes les distorsions perpétrées dans  le cadre économique.   Pourtant les indicateurs de base de l’économie congolaise montrent que plus de 85% de la population congolaise vit sous le seuil de la pauvreté. Malgré ses milliards, le Congo demeure un pays pauvre par la faute de ses dirigeants. Ses ressources pétrolières qui devraient lui permettre de se développer sérieusement, sont mal gérées par les fossoyeurs invétérés l’économie congolaise qui ne veulent que garantir leurs intérêts personnels et égoïstes. Les revenus issus du pétrole, du bois et d’autres matières premières ne profitent pas à tous les Congolais.

 

Le ras-le-bol du peuple face à certains problèmes récurrents

Le pouvoir actuel peine à trouver des solutions durables à certains problèmes récurrents qui tourmentent quotidiennement le peuple dont ceux liés à l’eau potable, l’électricité, la montée disproportionnée des prix des matériaux de construction, la dégénérescence de la situation des fonctionnaires, la cherté des  produits alimentaires et des médicaments.

Les coupures intempestives et chroniques d’eau potable et le délestage permanent de l’électrique, font partie des maux qui ne cessent de susciter actuellement un ras-le-bol au sein des populations. A cela, s’ajoute l’augmentation vertigineuse des prix des produits alimentaires de première nécessité. La montée disproportionnée de certains matériaux dont le ciment, par exemple, mécontente également beaucoup de nos compatriotes. Ce qui n’est pas normal pour un pays qui a besoin de se construire après les nombreux conflits armés qu’il a connus.

Il ne faut pas également oublier l’absence des mesures visant à revaloriser les salaires des fonctionnaires, avancés d’un échelon à un autre sans effets financiers.

Les questions relatives cherté des médicaments et des consultations médicales qui contribuent aussi à l’augmentation des cas de décès dans le pays troublent la quiétude  de la majorité des Congolais. Ce qui ne devraient pas en principe laisser insensibles les députés et les sénateurs congolais qui ont la lourde missions non seulement de contrôler l’action du gouvernement, mais aussi de l’inciter à prendre des mesures destinées à améliorer des conditions de vie des citoyens.

 

Fraude et corruption

La corruption est érigée en mode de gestion au Congo. L’Etat congolais a rendu le système de la corruption  rationnel dans les administrations publiques.

Cette pratique mafieuse a été hissée au titre des normes financières dans le secteur de l’économie, des finances et du budget.

Dans les régies financières, la corruption  est devenue courante. Il faut verser des pots de vin pour bénéficier des services d’un agent.

Il n’est pas rare de constater que 10 ou 20% des montants à percevoir au Trésor public soient retirés à la source à ce niveau.

Des opinions convergentes confirment que   la fraude et de la corruption sont parmi les problèmes majeurs au Congo. Pour les agents du secteur public, la corruption et le chômage viennent après le bas niveau des salaires. Cependant si l’on considère l’ensemble de la population interrogée, la corruption arrive en tête suivie du chômage et des salaires.

Les domaines d’activités les plus touchés par la fraude et la corruption sont, selon les résultats de l’enquête, les douanes (86%), les impôts (68,4%), la police (67,5%), les tribunaux (46,9%), l’enseignement (39,3%), le trésor (37,2%), les marchés et contrats de l’Etat (30,1%), la santé (28,6%) et les mairies (25,6%). Les structures ou institutions les moins affectées par ces phénomènes sont les églises, le sénat, l’Assemblée nationale, la présidence de la République.

Quant aux agents utilisant leurs fonctions ou leur statut a des fins personnelles, les agents de la défense et de la sécurité viennent en tête (89,1%), suivis de ceux des régies financières (87,4%), les personnalités politiques (78%), les agents de santé (76,9%), ceux des juridictions (76,2%), de l’enseignement (73,5%), des municipalités (72,3%), les hommes d’affaires (62,5%) et les responsables d’associations (54,6%).

Les personnes interrogées lors de cette enquête, imputent la première cause de la corruption à l’absence de contrôle dans      l’administration (21,3%), la deuxième serait  le bas niveau des salaires (12,7%), la troisième, la pauvreté et  l’inefficacité du système judiciaire (10,2%). L’étude évoque également une cause sociologique à savoir la crise des valeurs et une cause politique qui est le clientélisme, notamment en période électorale.

Le regroupement des réponses par domaine révèle une prévalence des causes économiques ou liées à la pauvreté monétaire (44 ; 3%), suivies des causes juridiques et administratives (37,8%) et des causes sociologiques et politiques (17,9%).

Selon le rapport de Transparency International 2006, l’indice de perception

de la corruption (IPC) de la République du Congo est de 2, 3, ce qui place ce pays à la 130ème position sur un total de 158 pays classés. En 2007, le Congo s’est classé au 142ème rang sur  163 pays affichés.

De manière générale les facteurs générateurs de la corruption apparaissent chaque fois que les agents de l’Etat disposant de pouvoirs discrétionnaires étendus, sont en face des usagers qui cherchent à obtenir un service, à en réduire les délais d’obtention, à en minimiser le coût ou quand ils n’y ont pas droit.

Nombre  de Congolais  s’interrogent si les mesures prises par le gouvernement en matière de lutte contre la corruption, la fraude et la concussion et autres maux pourraient être appliquées quand on sait que, même la police qui devrait veiller à l’application de la loi et au  respecte des règlements, participe activement à leur avilissement.

Le manque d’intérêt, pour le gouvernement, de trouver une  solution adéquate aux problèmes sociaux  qui minent le pays, consolide de plus belle les phénomènes tels que la pauvreté et la misère qui rendent vulnérable le panier de la ménagère et ronge fortement le pouvoir d’achat des citoyens.   L’incapacité des pouvoirs publics de faciliter la mobilisation de toutes les énergies,  en vue de relever les défis structurels majeurs, a entamé la côte de popularité de certains  gouvernants, devenus  impopulaires.

Les Congolais refusent la pauvreté, celle qui avilit et ‘’animalise’’ l’homme, celle qui lui soustrait sa dignité et son honneur et le contraint à avaliser les antivaleurs du fait de la misère, de la  pauvreté, du chômage, de l’injustice sociale, de la  frustration, de l’intolérance, etc.

 

Perméabilité des frontières nationales

Du fait de la porosité de ces frontières, beaucoup d’étrangers sans papiers rentrent facilement au Congo sans faire des formalités d’immigration, avec la complicité des autorités compétentes.

La faiblesse des services spécialisés dans la surveillance du territoire national, accentue l’afflux des clandestins dans le pays, qui constituent dans les grandes villes du Congo, des  réservoirs permanents où les réseaux mafieux politico-administratifs puisent leurs éléments.

Les officiers et sous-officiers qui n’accomplissent plus normalement leur travail, sont plus motivés par la cupidité et les intérêts pécuniaires parce que travailler au niveau des frontières pour beaucoup d’agents de la force publique est synonyme d’enrichissement. Par rapport aux actes inciviques perpétrés par plusieurs étrangers vivant sur l’ensemble du territoire sans papiers officiels requis, de nombreux Congolais fustigent l’indifférence dont font montre dans ce cadre les structures comme le Conseil national de sécurité, la Direction générale de surveillance du territoire et d’autres services spéciaux assermentés en la matière.

 

La prolifération des sectes

pernicieuses

Aujourd’hui, les pouvoirs publics ne cessent de faire montre d’un laxisme inquiétant en ce qui concerne la réglementation de la liberté culturelle au Congo où se développe vaille que vaille des sectes pernicieuses qui détournent les populations du civisme et du patriotisme, par le manque d’observation et de respect des libertés individuelles, des lois et règlements d’un Etat laïc et souverain.

L’appartenance par les dignitaires du pouvoir de Sassou à des cercles ésotériques est citée parmi les causes de la dépravation des mœurs au Congo.

 

Imbroglio total

Le Congo vit les périodes les plus sombres de son histoire. La vie devient invivable. Tout ne marche pas presque au sein de l’administration et au niveau de la force publique. Les divisions se font remarquer ici et là parmi les dignitaires du pouvoir. Aujourd’hui, le régime de Brazzaville est comparable au pouvoir du maréchal Mobutu, dans ces derniers moments.

L’opération dite de ramassage d’armes lancée par l’inspecteur général des Forces Armées Congolaises (FAC) et de la Gendarmerie, le général Norbert Dabira ne se fait pas remarquer sur le terrain. Les armes continuent à circuler sur toute l’étendue du territoire national. La preuve, les cas de braquages, tueries et autres forfaits sont encore courantes dans le pays, notamment dans les grandes villes.

 

M. Sassou vient de montrer

ses limites

Pour mieux fixer les idées, il semble impérieux de faire un feed-back de 1979 à nos jours. Tenez, après son putsch « intello démocratique » de 1979, effectué sans effusion de sang, M. Sassou Nguesso lance un programme triennal (197-1982) dans le but  de développer le Congo. A cet effet, nous lisons dans le compte rendu des travaux du 3ème congrès extraordinaire du Partis Congolais du Travail (PCT), au niveau des pages 148 et 150, dans un extrait de la déclaration de M. Sassou Nguesso : « nous avons proclamé à la face du monde notre volonté de bâtir une économie nouvelle, une économie nationale, indépendante d’une société socialiste.

La concrétisation de  notre volonté, de notre option implique le développement d’une industrie et d’une agriculture modernes, d’une culture et d’une science permettant d’assurer à notre peuple une riche vie matérielle.

La création d’entreprises publiques dans tous les secteurs de vie économique et sociale de notre pays traduit notre volonté de libération nationale et constitue un acquis de la lutte de notre peuple ».

Sur le terrain, selon de nombreux observateurs aguerris de la vie politique, économique, sociale et culturelle du pays et des témoignages concordants, la réalité a été très chaotique et très décevante.

Dans le cadre de l’agriculture, l’élevage et de pêche, et notamment dans le domaine agroalimentaire, aucune politique digne de ce nom visant à améliorer, surtout les conditions de vie des populations rurales, les moyens de production, mais aussi les forces de production, n’a été entreprise.

La transformation, dans ce cadre, des mentalités et des comportements des Congolais tant dans les campagnes qu’en milieux urbains, n’a préoccupé aucun dinosaure de cette époque, y compris le soi-disant digne successeur de l’œuvre de l’immortel Marien Ngouabi, ce brave, courageux vaillant, digne et valeureux fils du pays qui a été assassiné en mars 1977 par l’impérialisme avec la complicité de ses valets locaux de l’époque en l’occurrence ses fidèles compagnons de lutte.

Les paysans qui ont été invités à cette même époque avec leurs maigres moyens à produire plus. Cette initiative qui était une façon de renforcer  l’indépendance du pays en ce qui concerne les produits alimentaires et autres biens de consommations, n’a pas comblé les attentes. Les offices créées pendant cette période, telles que l’Office National de Commercialisation des Produits Agricoles (ONCPA),  l’Office National de Commercialisation (OFNACOM), l’Office Congolais du Bois (OCB), par exemple, ont fini leur parcours dans une confusion totale, avec un bilan très catastrophique. Le fiasco a été patent puisque ces entreprises se sont écroulées les unes après les autres comme des châteaux de sable du fait de leur faillite. L’amateurisme et le manque de professionnalisme dont ont fait montrer les dirigeants révolutionnaires qui avaient la mission de gérer ces entreprises, en complicité avec certains bourgeois bureaucratiques et de quelques petits bourgeois compradores avaient accéléré leur faillite.

Il n’est pas moins important de rappeler que malgré les grands et colossaux moyens dont on a disposé dans le cadre du programme triennal (1979-1982), le Congo possède encore une agriculture fondamentalement parcellaire et arriérée. S’agissant des petites et moyennes  entreprises, rien n’a changé, elles peinent jusqu’aujourd’hui à s’affirmer en tant que secteur d’activités très important pour un pays. La situation de l’industrie en général n’est pas meilleure,  avec un faible impact sur l’économie nationale dans ensemble.

Dans la réalisation de ce programme triennal, l’Etat a été confronté à de sérieuses difficultés. Comme il est relevé dans plusieurs documents rendus publics à son terme, il a connu des glissements puisque les fonds qui étaient mis en jeu, avaient été en partie détournés par ceux qui avaient été appelés à l’animer.

Le Congo qui est  le rôle de pays de transit, n’arrive pas à jouer pleinement ce rôle

L’économie congolaise se traduit par la domination des capitaux étrangers. Même les plus petits commerces sont  totalement dépendants de l’étranger.

Après l’échec patent et sans pareil du programme triennal, M. Sassou change de cap et propose le plan quinquennal qui sera un autre cuisant fiasco. Eu égard à ce qui précédent et au discours du président

de la République lors du cinquantenaire de l’accession de notre pays à l’indépendance, Les Congolais, ne sont pas vraiment surpris de ce que le Président a promis faire dans ce laps de temps qui lui reste pour terminer son mandat. Pourra-t-il faire ce qu’il n’a pas pu accomplir en 26 ans de pouvoir dans le domaine de l’eau, de l’électricité, de l’emploi, des soins de santé, du système éducatif...

Sur l’abrogation du décret portant suspension des effets financiers à la suite d’un avancement ou de toute autre promotion,  les Congolais sont sceptiques et attendent les choses concrètes sur le terrain parce qu’ils se rappellent de ce qu’ils ont déjà entendu et qu’ils n’ont pas vécu telle l’automatisation de la retraite et autres. C’est encore du réchauffer que le président nous a servi, attendons de voir si cela ne cache pas de velléités de séduction à des fins de manipulation..


Ghys Fortune DOMBE BEMBA

 

Mise à jour le Jeudi, 19 Août 2010 11:45