| L’épilepsie : que faut-il faire ? |
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| Écrit par Talassa |
| Mercredi, 19 Janvier 2011 15:37 |
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L’épilepsie : que faut-il faire ? Selon des sources médicales, l’épilepsie sévit silencieusement en Afrique où elle demeure un tabou, un mystère. Pourtant, des informations sur les causes, les « traitements » de cette pathologie permettraient non seulement de démystifier et démythifier cette maladie, mais également et surtout d’apprendre à vivre avec les épileptiques et l’épilepsie elle même.
Du Grec « epilambanein » qui veut dire surprendre, l’épilepsie est une maladie dont l’unité pathologique est représentée par la survenue de crises ou de convulsions qui vont se répéter plus ou moins fréquemment, plus ou moins longtemps au cours de la vie d’un individu. C’est une maladie complexe qui se manifeste par des multiples et intermittentes formes de crises (pouvant prendre leur origine dans n’importe quelle région du cerveau) dont les causes ne sont pas toujours éclairées malgré les moyens diagnostiques actuels.  Les causes de l’épilepsie Il est difficile de dire avec exactitude ce qui provoque cette pathologie singulière. Mais toutes fois, les spécialistes de la santé évoquent deux facteurs : les facteurs génétiques et les facteurs acquis. Si le rôle d’une disposition génétique se traduit par la survenue d’une crise en l’absence apparente de toute lésion cérébrale décelable. Il paraît évident lorsque plusieurs membres d’une famille présentent le même symptôme épileptique. A l’opposé, certaines lésions cérébrales, tel un traumatisme crânien sévère, les séquelles d’une intervention chirurgicale ou la présence d’une malformation paraissent suffisants par leur caractère topographique et/ou histologique à la survenue d’une épilepsie. Cependant, pour une même lésion, quel que soit son siège, les sujets présentant une prédisposition génétique, ou des antécédents d’épilepsie familiale, auront plus de risque de présenter des crises. En clair, la par des facteurs génétiques et des facteurs acquis, de même que leurs interactions restent tout de même difficile à apprécier. Par ailleurs, il sied de noter qu’il existe d’évidentes interactions entre alcool et crises d’épilepsie, même si les mécanismes expliquant leur survenue restent mal élucidés. Des spécialistes soutiennent que l’alcoolisme parental ou du patient contribue largement, avec l’hérédité, à donner à l’épilepsie son aura de maladie honteuse ; et que l’ingestion excessive d’alcool puisse provoquer des crises épileptiques. Les indications et les limites du traitement de l’épilepsie Le traitement d’une épilepsie est avant tout symptomatique : faire disparaître les crises ou, en diminuer la fréquence. Etant donné que crise d’épilepsie ne signifie pas épilepsie, ceci revient à dire qu’un traitement anti-épileptique ne peut et ne doit être institué que lorsque le diagnostic de la maladie est certain. Ainsi, le traitement de la crise elle-même ne nécessite que des gestes simples, pour éviter par exemple que le patient se blesse ou ne se morde la langue. Certes, il existe un traitement dit « étiologique ». Mais celui-ci est limité à quelques indications (épilepsies lésionnelles) : cure chirurgicale d’une malformation, d’une tumeur cérébrale, correction d’un trouble métabolique ou d’ablation d’une zone épileptogène circonscrite. Et il faut ajouter à cela les anti-épileptiques qui, comme beaucoup d’autres médicaments, doivent être prescris par un médecin.
Comment vivre avec l’épilepsie L’épilepsie dans notre société est souvent l’objet d’interdits. Malgré la somme de ces interdits, réels ou plus ou moins formulés, la majorité des épileptiques peuvent et doivent avoir une vie normale. Les principes d’hygiène ci-après sont indispensables pour compléter l’action des anti-épileptiques en limitant les facteurs favorisants l’apparition des crises (ou des consultions). S’agissant du sommeil, il doit être respecté dans sa qualité et sa quantité. La privation de sommeil, surtout si elle est répétée, augmente très nettement le risque de survenue de crises. Pour l’excès de boissons alcoolisées, c’est un facteur indiscutable d’augmentation de la fréquence des crises. Une consommation modérée dite de « société » peut être tolérée, mais toujours adaptée à la personnalité du malade et son type d’épilepsie. Comme chez les non épileptiques, le café et d’autres excitants doivent être consommés avec modération. Toute prise de médicaments, indépendante de l’épilepsie, doit être signalée, compte tenu des interactions possibles avec les anti-épileptiques. Concernant la pratique des sports, particulièrement des jeux collectifs, ils apportent un équilibre certain dans la dynamique du patient épileptique et constitue indiscutablement un facteur d’intégration sociale. Selon les spécialistes, 60% des épileptiques peuvent pratiquer un sport normalement, et seulement les épileptiques graves ont besoin nécessairement d’une surveillance et d’une aide particulières. A noter que la pratique du sport n’intervient pratiquement pas sur le déclanchement des crises, mais les risques d’accidents ne doivent pas être mésestimé. Certains sports, potentiellement dangereux, sont déconseillés (natation, escalade, équitation, baignade, vélo). Autrement, ils feront l’objet des précautions. Se marier et fonder une famille avec l’épilepsie Il n’existe pas de contre indication et encore moins d’intervention au mariage d’un épileptique. Des tabous sur ces sujets persistent cependant, puisque des enquêtes dans différents pays ont montré que 20 à 90% de parents déconseillent leurs enfants d’épouser un épileptique. Que ce soit chez l’homme ou chez la femme, l’épilepsie n’empêche pas la reproduction. Enfin, il est inutile de considérer que l’épilepsie est une construction ou une intervention magique ou maléfique. Car, les réactions familiales ou de l’environnement immédiat sont souvent fonction de la sévérité de la maladie par rapport aux risques auxquels la famille s’expose elle-même et expose le malade. Ainsi, la famille qui joue un rôle thérapeutique majeur, doit éviter entre autres une attitude excessive de surprotection qui très souvent conduit à la séquestration du malade et à la multiplication des interdits, diminuant l’autonomie du malade ou de attitude de démission qui est plus ou moins évidente, source d’une insécurité chez l’enfant ou d’éclatement de la famille. Cela dit, l’épilepsie ne doit pas être pris et vécu comme une fatalité. Et qui plus est, plutôt que de marginaliser ou d’isoler les épileptiques, chacun de nous devait considérer que c’est un devoir humaniste et humanitaire que d’aider un malade épileptique à accepter sa maladie (de le signaler par exemple avant de prétendre à un permis de conduire) et de vivre positivement avec. Car, une assistance morale et sociale constituent une dynamique capitale à l’intégration ou la réintégration de nos semblables. Frères et sœurs, soyons plus unis que jamais et, plus que d’habitude, ne nous écartons pas des milliers de frères et sœurs épileptiques. Au contraire, témoignons-les, notre amour, notre affection. Aidons-les à surmonter cette épreuve.
Dr. Jean Marie Nestor NGOUE Â |
| Mise à jour le Mercredi, 19 Janvier 2011 15:37 |


