| L’épilepsie n’est ni un péché ni un mauvais sort moins encore une malédiction ! |
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| Écrit par Talassa |
| Jeudi, 27 Janvier 2011 07:16 |
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L’épilepsie n’est ni un péché ni un mauvais sort moins encore une malédiction ! L’épilepsie sévit silencieusement au Congo et dans le reste du monde comme un missile sol-sol qui détruit tout sur son passage. Cette maladie est mal perçue dans nos familles où elle demeure encore un tabou, voire un mystère. Sous d’autres cieux, certains citoyens, sans doute, mal inspirés, affirment même que l’épilepsie est une malédiction. Erreur !
 Des informations disponibles sur les causes et les traitements de cette pathologie, permettraient non seulement de démystifier et démythifier cette maladie, mais également et surtout d’apprendre à vivre avec les épileptiques et l’épilepsie elle même.
De l’origine de la maladie Du grec « epilambanein » qui veut dire surprendre, l’épilepsie est une maladie dont l’unité pathologique est représentée par la survenue de crises ou de convulsions qui vont se répéter plus ou moins fréquemment, plus ou moins longtemps au cours de la vie d’un individu. C’est une maladie complexe qui se manifeste par des multiples et intermittentes formes de crises (pouvant prendre leur origine dans n’importe quelle région du cerveau) dont les causes ne sont pas toujours éclairées malgré les moyens diagnostiques actuels.
Les causes de l’épilepsie Il est difficile de dire avec exactitude ce qui provoque cette pathologie singulière. Mais toutefois, les spécialistes de la santé évoquent deux facteurs : les facteurs génétiques et les facteurs acquis. Si le rôle d’une disposition génétique se traduit par la survenue d’une crise en l’absence apparente de toute lésion cérébrale décelable. Il paraît évident lorsque plusieurs membres d’une famille présentent le même symptôme épileptique. A l’opposé, certaines lésions cérébrales, tel un traumatisme crânien sévère, les séquelles d’une intervention chirurgicale ou la présence d’une malformation, paraissent suffisants par leur caractère topographique et/ou histologique à la survenue d’une épilepsie. Cependant, pour une même lésion, quel que soit son siège, les sujets présentant une prédisposition génétique, ou des antécédents d’épilepsie familiale, auront plus de risque de présenter des crises. En clair, la part des facteurs génétiques et des facteurs acquis, de même que leurs interactions restent tout de même difficile à apprécier. Par ailleurs, il sied de noter qu’il existe d’évidentes interactions entre alcool et crises d’épilepsie, même si les mécanismes expliquant leur survenue restent mal élucidés. Des spécialistes soutiennent que l’alcoolisme parental ou du patient contribue largement, avec l’hérédité, à donner à l’épilepsie son aura de maladie honteuse ; et que l’ingestion excessive d’alcool puisse provoquer des crises épileptiques.
Les indications et les limites du traitement de l’épilepsie Le traitement d’une épilepsie est avant tout symptomatique. Il s’agit de faire disparaître les crises ou en diminuer la fréquence. Etant donné que, crise d’épilepsie ne signifie pas épilepsie, ceci revient à dire qu’un traitement anti-épileptique ne peut et ne doit être institué que lorsque le diagnostic de la maladie est certain. Ainsi, le traitement de la crise elle-même ne nécessite que des gestes simples, pour éviter par exemple que le patient se blesse ou ne se morde la langue. Certes, il existe un traitement dit «étiologique» mais, celui-ci est limité à quelques indications (épilepsies lésionnelles) : cure chirurgicale d’une malformation, d’une tumeur cérébrale, correction d’un trouble métabolique ou d’ablation d’une zone épileptogène circonscrite. Et, il faudrait ajouter à cela, les anti-épileptiques qui, comme beaucoup d’autres médicaments, doivent être prescrits par un médecin. Dans notre société, l’épilepsie est souvent l’objet d’interdits et de nombreuses zones d’ombre. Malgré la somme de ces interdits, réels ou plus ou moins formulés, la majorité des épileptiques peuvent et doivent avoir une vie normale. Les principes d’hygiène sont indispensables pour compléter l’action des anti-épileptiques en limitant les facteurs favorisant l’apparition des crises ou des convulsions. Le sommeil : il doit être respecté dans sa qualité et sa quantité. Le malade doit dormir car la privation de sommeil, surtout si elle est répétée, augmente très nettement le risque de survenue de crises. L’excès de boissons alcoolisées : c’est un facteur indiscutable d’augmentation de la fréquence des crises. Une consommation modérée dite de «société» peut être tolérée, mais toujours adaptée à la personnalité du malade et son type d’épilepsie. Le café, les liqueurs, le chanvre indien et d’autres excitants doivent, comme chez les non épileptiques, être consommé avec modération. Toutefois, toute prise de médicaments, indépendante de l’épilepsie, devrait être signalée, compte tenu des interactions possibles avec les anti-épileptiques. La pratique des sports, particulièrement des jeux collectifs, apportent un équilibre certain dans la dynamique du patient épileptique et constitue indiscutablement un facteur d’intégration sociale. Selon les spécialistes, 60% des épileptiques peuvent pratiquer un sport normalement, et seulement les épileptiques graves ont besoin nécessairement d’une surveillance et d’une aide particulières. A noter que la pratique du sport n’intervient pratiquement pas sur le déclenchement des crises, mais les risques d’accidents ne doivent pas être sous-estimés. Certains sports, potentiellement dangereux, sont déconseillés tels que la natation, l’escalade, l’équitation, la baignade, le vélo, etc. Autrement, ils feront l’objet des précautions.
Vivre avec l’épilepsie et se marier sans peur et sans complexe ! Il n’existe pas de contre indications et, encore, moins d’intervention au mariage d’un épileptique. Le malade a la droit de se marier et de «jouir» comme tous les autres citoyens. Il est désolant de constater que des tabous sur ces questions persistent dans notre pays dans la mesure où des enquêtes ont montré que 90% de parents déconseillent leurs enfants d’épouser un épileptique. Pourquoi ? Que ce soit chez l’homme ou chez la femme, l’épilepsie n’empêche pas la reproduction. Enfin, il est inutile de considérer que l’épilepsie est une malédiction, un péché ou une intervention magique ou maléfique de satan. Car, les réactions familiales ou de l’environnement immédiat sont souvent fonction de la sévérité de la maladie par rapport aux risques auxquels la famille s’expose elle-même et expose le malade. Ainsi, la famille devrait dès lors jouer un grand rôle thérapeutique majeur. Au sein de la famille, l’épilepsie ne doit pas être prise et vécue comme une fatalité. Et qui plus est, plutôt que de marginaliser ou d’isoler les épileptiques, chacun de nous devait considérer que c’est un devoir humaniste et humanitaire que d’aider un malade épileptique à accepter sa maladie - de le signaler, par exemple, avant de prétendre à un permis de conduire- et de vivre positivement. En fin, une assistance morale ou sociale constitue une dynamique capitale à l’intégration ou la réintégration de nos semblables. Une attitude de démission serait une forme d’insécurité chez le malade provoquant ainsi l’éclatement de la famille. Cela dit, frères et sœurs, ensemble, volons au secours de nos sœurs et frères atteints d’épilepsie. Dr. Nestor Jean Marie NGOUE  |
| Mise à jour le Jeudi, 27 Janvier 2011 07:17 |


