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Les O.M.D et la santé publique au Congo PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Talassa   
Lundi, 08 Août 2011 02:13

De toutes les inégalités, la plus blessante est l’inégalité devant la santé !

En ce début du troisième millénaire, les pouvoirs publics, les ONGs et tous les partenaires au développement ont l’impérieuse nécessité de combattre l’économie criminelle des faux médicaments et notamment des médicaments de la rue. Car, les médicaments de la rue, contribue à la détérioration de la santé de l’homme avant de le tuer à petit feu, comme cela est connu de tout le monde.

C’est ainsi que des efforts devront être consentis chaque année par tous afin de favoriser l’accès de tous les citoyens aux médicaments de qualité : un des objectifs prioritaires de la lutte contre la pauvreté et des OMD.

Ces efforts devront être axés vers la création des laboratoires de contrôle de la qualité des médicaments pour en faire des unités de référence qui serviront d’exemples à d’autres structures spécialisées.

Le but ultime de cette initiative est celui de se donner les moyens de vérifier la qualité des médicaments mis sur le marché et disponibles dans les hôpitaux, les dispensaires et les officines.

Le deuxième but de ce projet est celui de faire en sorte que les populations les plus démunies aient accès aux soins ; pour que les traitements pionniers ne soient pas réservés aux privilégiés comme cela se remarque dans la plupart des pays africains où les leaders politiques, les ministres, les députés, les sénateurs et tous les membres influents du pouvoir ont droit à des soins de qualité tandis que les autres citoyens sont privés de soins de qualité et trouvent la mort pour trois voire cinq comprimés ou tout simplement pour une petite ordonnance de 1.300 CFA !

Abaisser le coût des médicaments destinés aux populations les plus vulnérables qui vivent avec moins d’un dollar par jour

En outre, toujours selon l’OMS, 200.000 décès par an pourraient être évités si les médicaments prescrits contre le paludisme  étaient conformes à la réglementation et capables de traiter réellement la maladie. Selon l’OMS, 200.000 décès par an pourraient être évités si les médicaments prescrits contre le paludisme  étaient conformes

A vrai dire, l’ambition affichée est celle de trouver des solutions afin d’abaisser le coût des médicaments destinés aux pays les plus pauvres comme le Congo et surtout bénéficier des financements innovants permettant d’atteindre les Objectifs sanitaires du Millénaire.

Voilà pourquoi, l’économie criminelle des faux médicaments et des médicaments de la rue révolte plus d’un observateur attentif de la santé publique en Afrique.

En effet, l’économie criminelle des faux médicaments s’attaque aux pays les plus pauvres et en leur sein, à des familles pauvres, sans protection sociale et sans moyens financiers nécessaires.

En outre, elle concerne les médicaments les plus indispensables à la santé individuelle et collective : ceux qui soignent les maladies les plus courantes en Afrique à savoir le paludisme, l’amibiase, la tuberculose, le Sida, etc.

A Brazzaville, Pointe-Noire, Ouesso, Makoua, Sibiti, Nkayi, Souanké, Dolisie et dans la plupart des villes de notre pays, l’économie criminelle des faux médicaments et des médicaments de la rue est présente, très active et surtout très florissante en ce qu’elle s’insinue partout, sur les marchés publics, tout au long des rues et avenues, comme sur Internet et qu’elle grossit au point qu’aujourd’hui, ses revenus dépassent largement ceux du trafic de la drogue.

Il y a lieu de signaler que les faux médicaments ne se contentent pas de tromper l’espérance des patients et qu’ils sont souvent des poisons qui tuent ou handicapent.

Qu’on ne me dise pas qu’il ne s’agit pas d’un crime !

En effet, selon l’OMS, un médicament sur quatre utilisé au Congo et dans les pays en voie de développement est faux donc contrefait.

En outre, toujours selon l’OMS, 200.000 décès par an pourraient être évités si les médicaments prescrits contre le paludisme  étaient conformes à la réglementation et capables de traiter réellement la maladie.

Enfin au regard de ce qui précède, les pouvoirs publics africains devraient sans tarder mener une lutte sans merci contre ce crime en mettant fin à l’impunité dont bénéficient jusqu’ici tous les fabricants et importateurs des faux médicaments y compris les faussaires et leurs réseaux maffieux.

Cette lutte doit être générale et généralisée dans tous les Etats africains afin que les résultats soient éclatants et très appréciables.

Car, l’accès universel à des soins de qualité et à des médicaments de qualité est un droit fondamental de l’homme.

Or, depuis plusieurs décennies, des franges importantes de la population au Congo et en Afrique n’ont pas accès à ce droit fondamental ce qui est contraire à la dignité humaine et constitue une injustice génératrice de déséquilibres et de tensions de tout genre.

Dès lors, il ne serait pas exagéré d’affirmer que la production et la vente des faux médicaments constituent un crime et une atteinte à l’ordre public car cela nuit gravement à la vie des paisibles populations.

Vers la mise en application stricte des textes législatifs et réglementaires et l’instauration d’un cadre législatif et réglementaire

Le trafic international de ces médicaments piratés par certains réseaux industriels maffieux établis en Inde, au Pakistan, au Guatemala, en Indonésie, à Hong-Kong, dans les Emirats Arabe Unis et en Asie du Sud Est doit être arrêté et leurs auteurs interpellés et condamnés par les cours et tribunaux.

De même, les services de police, la Gendarmerie, la Douane et les autres corps spécialisés ont le devoir de mettre un terme à la commercialisation illicite des faux médicaments par des « Mangaguistes Â» bien connus des Congolais.

En effet, depuis plus d’une décennie, ce commerce illégal de faux médicaments ou médicaments de la rue a pris un essor important au Congo via la RDC où, il regroupe et nourrit chaque jour des milliers de «pharmaciens de la rue»

En conséquence, le Congo et tous les autres Etats africains se doivent, sans délai, de mettre en œuvre des politiques sécurisées d’accès universel à des médicaments de qualité, en cohérence avec les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).

Il revient donc à nos gouvernements de prendre la pleine mesure des enjeux de santé et de sécurité publiques liés au fléau des faux médicaments  et à décider aux plans,  national, sous régional ou continental, des mesures appropriées et adaptées.

Cela implique sans doute la mise en application stricte des textes législatifs et réglementaires dans les Etats qui en disposent et l’instauration d’un cadre législatif et réglementaire, là où il fait défaut.

Il y a aussi la mise en place, sur le terrain, d’instruments efficaces de lutte contre le trafic ; avec des cadres formés et des dispositifs répressifs adaptés à la réalité du trafic des faux médicaments.

Enfin, il y a le renforcement des capacités des personnels de santé dans la prévention et la lutte contre les faux médicaments.

Les populations devraient être aussi sensibilisés et informés sur les méfaits des faux médicaments.

Toutes ces actions s’inscrivent dans le cadre des objectifs visés par la Convention internationale de lutte contre les faux médicaments, selon l’esprit de la Conférence de Genève tenue en 2010. Nous y reviendrons.

Jean Bruno AYEL’O

Mise à jour le Lundi, 08 Août 2011 02:14