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Fécofoot : la publication du chronogramme de l’AGE ou le champ de cygne de Antoine Ibovi ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Talassa   
Jeudi, 14 Janvier 2010 06:55

Le 30 décembre 2009, au travers de son secrétaire général, M. Gentil Nkounkou Dominique, publiait le chronogramme de l’A.G.E, de la Fécofoot. Cette initiative pourtant courageuse suscite cependant controverse et polémique dans les milieux sportifs en général, et au près des membres du Comité exécutif (C.E) de la Fécofoot en particulier.

Si beaucoup se satisfont de l’idée qu’enfin le C.E a fixé l’A.G.E, ceci pour respecter les termes des statuts de la Fécofoot (art.22 de la version de novembre 2005, art.42 de l’édition 2009), d’autres par contre la méthode cavalière et qui a été utilisée pour parvenir à cette fin.

Les contestataires de cette méthode ne manquent pas d’arguments pour soutenir leur désaveu, qui prend en ligne de compte, en autre, le travail fractionnel du président Ibovi et de ses thuriféraires. Dans cette œuvre, ce quanteron qui n’aurait pas associé les autres membres du C.E qui ont été surpris à l’occasion de la diffusion de ce document par les média.


 

Devant cet imbroglio aux conséquences imprévisibles et incalculables pour le foot- ball congolais, Talassa vient mettre son grain de sel. En ce sens, procédant de l’examen minutieux du nombre de documents en sa possession (statuts de la Fécofoot, lettre du directeur des services juridiques de la Fifa, Marco Villigier, à M Joseph Bankadila, secrétaire général de la Fécofoot, lettre datée de Zurich, le 09 octobre 2009), il se propose de relever les incohérences du chronogramme de A.G.E de la Fécofoot d’abord, et de proposer des pistes de solutions par la suite.

Les incohérences du chronogramme de l’A.G.E

Dans les lignes précédentes, nous avons déjà relevé que la publication, voire la diffusion du chronogramme, a fait naître deux tendances qui s’opposent diamétralement : les partisans de la tenue de l’A.G.E d’un côté et les conformistes de l’autre.

La publication de ce document a rencontré à certains égards, l’oreille attentive de certains milieux sportifs qui se félicitent que l’A.G.E se tienne quelque soit les conditions. Ceux-ci soutiennent que l’A.G.E entre dans le droit fil des activités du Comité exécutif qui doit au terme de la période de quatre ans, procéder au renouvellement de ses instances.

De cet avis, rien ne devait s’opposer au chronogramme tel qu’il est diffusé puisque l’organisation et la tenue d’une A.G.E qui sont une activité programmée, doit être placée sous l’autorité du président de la Fécofoot, le seul habilité à en convoquer.

Cette façon de voir est malheureusement critiquée par les conformistes qui n’ont comme seule référence que les textes fondamentaux de la Fécofoot. Ces conformistes relèvent, montre à la main, le secrétaire général, du fait qu’il est l’organe administratif qui accomplit toutes les tâches administratives de la Fécofoot, ne serait proprio motu décider de la ligne de l’association.

Ce qui voudrait dire que, le chronogramme, du fait qu’il a été élaboré en dehors de la procédure normale, devrait être regardé avec toutes les conséquences comme un acte inexistant. Il est une vérité de la police que ce document émane d’un organe qui n’a pas qualité d’en produire.

La jurisprudence du conseil d’Etat, qui considère que « l’acte inexistant est toujours entaché d’une irrégularité particulière grave et fragrante Â», s’inscrit dans ce sens. La justification suivante pourrait éclairer la lanterne de certains lecteurs. L’élection à la Fécofoot qui est une activité programmée, devrait impérativement avoir lieu lors de l’A.G.E tous les quatre ans.

Autrement, le chronogramme, en renvoyant l’A.G.E de la Fécofoot au 21 février 2010, c’est-à-dire hors du mandat actuel qui arrive à son terme le 10 janvier 2010, est en contradiction fragrante avec l’esprit et la lettre des statuts de la Fécofoot.

Les élections des membres du Comité exécutif de la Fécofoot, si elles ont lieu à la date fixée de ce 21 février, cela laisse entrevoir l’hypothèse d’une assemblée générale extraordinaire, et non ordinaire. C’est ce que combat férocement la Fifa, dans sa lettre citée supra, à la page 7 au point 15, au motif que l’élection a lieu à l’occasion d’une assemblée ordinaire.

Sur ces entrefaits, Talassa convient avec les conformistes de la vacance du pouvoir à la Fécofoot, à compter du 10 janvier 2010. Qu’en conséquent, le ministre des Sports et de l’éducation physique devrait tirer toutes les conséquences en mettant en place une commission ad hoc, laquelle devrait avoir pour seule mission l’organisation de l’A.G.E

Celle-ci, en cas où elle devrait avoir lieu, nécessiterait du chef du département des sports, la remise à plat du chronogramme, ou du moins son contenu.

Au reste, l’argument des conformistes mérite d’être salué pour deux raisons :

  • - Le mandat doit se conformer à un délai précis. Dépassé ce délai, le mandataire perd sa légitimité. A ce propos, le peuple congolais garde encore à l’esprit l’importance du délai qui a amené la Cour constitutionnelle à retoquer la candidature de Christophe Moukouéké à la présidentielle 2009, au motif qu’il avait plus de 70 ans, c’est-à-dire 70 et deux mois.
  • - Ce que nous écrivons fait loi. Les statuts sont clairs sur la question du mandat de la Fécofoot qui est de quatre ans renouvelables.

 

La nécessité de remise à plat du chronogramme. La remise à plat du chronogramme sur ce point se justifierait en ce que ce document intègre, outre l’assemblée élective, les assemblées lignes départementales, mais aussi celles des autres corps de métiers (arbitres, médecins, entraîneurs) et groupements associatifs (jeunes et féminins).

S’agissant des corps de métiers, s’il est acquis que la qualité des membres de la Fécofoot leur est incontestable conformément à l’article 8, l’on reste toutefois sceptique de placer leur assemblée générale sous la responsabilité de la Fécofoot.

L’éclairage donné par la Fifa dans sa correspondance peut édifier chacun et tous à comprendre que le secrétaire général de la Fécofoot agit ainsi beaucoup plus par politesse de marchand.

Il est tentant de lire à la page trois, point 7 : « nous rappelons que les membres de la Fécofoot sont subordonnés à cette dernière mais, comme prévu à l’article 15 des statuts de la Fécofoot, ils doivent de toute manière gérer leur organisation de manière autonome Â». ce qui laisse subordonner que le secrétaire général, en s’immisçant dans l’organisation de l’assemblée générale de ces organisations, s’ingénierait  à leur octroyer le droit de vote. Mais qui détient réellement le droit de vote ?

La reconnaissance du droit de vote à toutes les trois catégories des membres de la Fécofoot répertoriées en l’article 8 des statuts. A savoir : les clubs, les associations départementales et les groupements associatifs. Et c’est la première bataille que livre le président en exercice. Chaque fois qu’un président est parvenu à imposer ces trois catégories, il s’adjuge de facto la victoire.

C’est en cela que le secrétaire général n’a pas dérogé à la règle en poussant le Inpet de vouloir sans penser aux assemblées générales des organisations autonomes. Cette  est contraire à la philosophe de la Fifa qui, dans la lettre de Zurich, s’interroge de ce que « ces groupements soient réellement représentatifs, qu’ils existent sur la base des statuts démocratiques et que leurs délégués soient élus Â», mettait sous réserve leur participation à l’AG élective avec droit de vote.

Il en ressort que l’implication des corps de métiers à l’élection, dans le passé comme maintenant, participe plus au marchandage des voix auquel se livrent les délégués de ces corps de métiers, lesquels, sans vergogne, privilégient les intérêts égoïstes au détriment de l’intérêt supérieur : le football, au travers du choix de ses animateurs.

La question de la maîtrise du corps électoral est alors relancée.

En intégrant le football des jeunes comme celui des femmes dans les groupements associatifs, le SG étale au grand jour son anarchisme. L’on sait qu’à côté du football senior, existent le football des jeunes et celui des femmes : chacune des catégories disposant d’une antenne dans les départements.                                              L’existence des ligues départementales dans chacune de ces trois catégories, est la preuve éloquente d’une séparation juste.

Ce qui voudrait dire que pour chaque catégorie départementale, des délégués devraient être désignés pour participer, avec droit de vote, à l’A.G.E.

L’exemple tiré de la RDC, s’il est retenu, ne prendrait en compte, outre les délégués des ligues départementales pour chacune des trois catégories, les représentants congolais dans les compétitions africaines (AC Léopards et Diables Noirs).

Le reste serait encouragé la tricherie et le désordre pour lesquels le Comité exécutif de la Fécofoot s’est rendu maître.

In fine, le président Ibovi, pour ce qui le concerne, devrait déjà intérioriser cette maxime latine « gloria victus Â», gloire aux vaincus.

KIMUKISI